Évaluation des compétences des Premières Nations en matière de gestion des terres et de gestion financière

Préparé par : Direction générale de l’évaluation
Décembre 2023

Format PDF (1.17 Mo, 35 pages)

Table des matières

Liste des acronymes

AFPN
Administration financière des Premières Nations
APN
Assemblée des Premières Nations
ATR
Ajout de terres aux réserves
CCT
Conseil consultatif des terres
CFPN
Commission de la fiscalité des Premières Nations
CGFPN
Conseil de gestion financière des Premières Nations
CR
Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations
DGIAMG
Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance
DNUDPA
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
IIPN
Institut des infrastructures des Premières Nations
LACGTPN
Loi sur l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres de Premières Nations
LATRCR
Loi sur l'ajout de terres aux réserves et la création de réserves
LGFPN
Loi sur la gestion financière des Premières Nations
RCAANC
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
SAC
Services aux Autochtones Canada

Sommaire

Aperçu

Conformément à son Plan d'évaluation quinquennal et à la Politique sur les résultats du Conseil du Trésor, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) a évalué le soutien qu'il apporte aux Premières Nations dans l'exercice de leurs compétences sur les terres et la gestion financière. L'évaluation a permis de déterminer la mesure dans laquelle les activités entreprises par RCAANC répondent de manière adéquate aux besoins des Premières Nations et, le cas échéant, de cerner les domaines dans lesquels ce soutien peut être amélioré. L'accent a été mis sur les activités entreprises par la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de RCAANC, des exercices 2017-2018 à 2021-2022, pour soutenir les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations qui participent à la gestion des terres et des finances.

L'évaluation s'est appuyée sur des méthodes mixtes pour répondre à l'ensemble des questions et enjeux de l'évaluation. Elle comprenait un examen des documents pertinents et des données sur le rendement, des entretiens avec 28 personnes issues d'institutions et d'organisations dirigées par les Premières Nations, de RCAANC et d'autres ministères et organismes fédéraux, ainsi que trois illustrations de cas utilisées pour représenter certaines des activités entreprises. Un groupe de travail chargé de l'évaluation, formé de représentants d'institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, de RCAANC, d'un Aîné et d'un gardien du savoir, a reçu le mandat de fournir une orientation et des conseils sur l'évaluation, et notamment de formuler des constatations et recommandations dans le cadre de séances de réflexion.

Pertinence

Le processus permettant aux Premières Nations de recouvrer leur autorité sur la gestion des terres et des finances repose sur une nouvelle relation entre le Canada et les Premières Nations, qui s'inscrit dans la lettre et l'esprit de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (PDF) (DNUDPA), ainsi que sur l'engagement de l'ensemble du gouvernement dans la mise en œuvre de la DNUDPA. Ce processus intervient également dans un contexte où un nombre croissant de Premières Nations s'engagent dans les régimes prévus par l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres de Premières Nations (PDF) (Accord-cadre) et la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN).

Le soutien que la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC apporte aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations prend diverses formes, notamment des initiatives stratégiques, des activités opérationnelles et un soutien financier. Services aux Autochtones Canada (SAC), ainsi que d'autres ministères et organismes fédéraux prennent également part aux travaux. L'évaluation a permis de constater une harmonisation directe entre l'éventail d'activités entreprises par la Direction générale et les besoins et priorités des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. Le fait que la Direction générale et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations aient réussi à établir et à cultiver un dialogue ouvert et constructif, favorisant des conversations et des collaborations permanentes fondées sur le respect et une vision commune des résultats escomptés, est au cœur de cette démarche. En outre, la Direction générale a fait preuve d'une grande souplesse dans son approche et dans l'éventail d'outils et de moyens qu'elle peut utiliser pour répondre à la nature et à la portée des diverses initiatives qu'elle a entreprises pour soutenir les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations.

Toutefois, d'autres facteurs peuvent avoir des répercussions négatives sur la pertinence des activités de la Direction générale à l'avenir. En particulier, la Direction générale a été confrontée à des limites en matière de ressources internes et de capacité à assurer un soutien en temps voulu à certaines des demandes adressées à ses équipes. En outre, la mobilisation d'autres ministères et organismes fédéraux est essentielle à la réussite des dossiers qui concernent la Direction générale. Il s'agit notamment de la mobilisation des organismes centraux et du ministère de la Justice Canada dans la rédaction de nouvelles dispositions législatives, l'exploration de nouvelles options de financement et le renouvellement de la relation, ou encore de la mobilisation du ministère des Finances dans la mise en œuvre de mesures fiscales répondant aux besoins des Premières Nations.

Conception et exécution

L'éventail des moyens par lesquels la Direction générale peut soutenir les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations offre la souplesse nécessaire pour s'adapter aux nouveaux besoins et y répondre. Il existe toutefois un potentiel d'amélioration du soutien offert.

Structure de financement

Grâce aux pouvoirs qui leur ont été délégués, RCAANC et SAC ont eu recours aux subventions et contributions pour verser un financement pluriannuel aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. RCAANC a fourni un financement à long terme aux institutions financières (5 ans ou plus) pour assurer un soutien opérationnel de base, et un financement à court terme (de 1 à 2 ans) pour des projets et initiatives découlant d'une proposition. Cette structure de financement ne reflète pas la nature permanente et fondamentale de ces institutions et organisations. En tant que piliers de l'Accord-cadre et de la LGFPN, ces institutions et organisations doivent fonctionner dans un cadre de financement stable et prévisible, propice à la bonne mise en œuvre de leurs activités et stratégies. L'approche actuelle crée des difficultés liées à la planification organisationnelle à long terme et à la capacité de recrutement et de fidélisation du personnel hautement spécialisé nécessaire à la gestion des terres et des finances. Le fait que le financement soit assuré à la fois par RCAANC et SAC ajoute également un niveau de complexité dans les efforts visant à créer un cadre de financement stable, car chaque ministère fonctionne avec ses propres processus et procédures en matière de soutien financier.

Rédaction législative

L’établissement et le maintien d’un cadre législatif approprié pour soutenir la gestion des terres et des finances des Premières Nations ont été un processus continu auquel la Direction générale et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont participé tout au long de la période couverte par l’évaluation. À ce jour, les Premières Nations et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont participé à l’élaboration conjointe de politiques par le truchement de consultations et d’activités de collaboration et de corédaction des propositions de politiques. Parmi les principales réalisations à souligner, notons les activités de codéveloppement qui ont donné lieu aux modifications apportées à la LGTPN et à la LGFPN, et le travail qui a mené à la création de l’Institut des infrastructures des Premières Nations (IIPN). Cependant, les partenaires des Premières Nations n’ont pas participé directement au processus de rédaction des lois, qui est réalisé par le ministère de la Justice sur les instructions du Cabinet. Étant donné que ces mesures législatives influencent directement l’autodétermination économique des Premières Nations, RCAANC devraient continuer à travailler avec le ministère de la Justice et les organismes centraux afin de s’assurer que les Premières Nations participent en permanence à l’élaboration de la législation par l’intermédiaire des responsables des politiques et des services juridiques de RCAANC, de sorte que les Premières Nations aient la possibilité d’examiner les projets de loi et d’indiquer leur accord, conformément aux décision du Cabinet, avant que ces projets de loi ne soient présentés au Parlement.

Initiatives fiscales

La vision que poursuivent les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations nécessite la mise en œuvre d'un éventail de mesures fiscales, qui permettent aux Premières Nations d'élargir leur base de revenus et de procéder aux investissements nécessaires dans leurs infrastructures sociales et économiques. Cette mise en œuvre requiert la participation et le soutien du gouvernement fédéral, et plus particulièrement du ministère des Finances du Canada. Tout au long de la période couverte par l'évaluation, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et le ministère des Finances du Canada se sont concertés afin d'explorer les moyens de renforcer leur collaboration, et RCAANC a facilité ce processus. Alors que le gouvernement fédéral continue d'élaborer son plan d'action pour soutenir la mise en œuvre de la DNUDPA, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations s'attendent à ce que ce travail avec le ministère des Finances du Canada se poursuive, y compris les options pour une collaboration continue, plutôt que des discussions ad hoc. RCAANC est censé faciliter ce processus.

Distribution des rôles et des responsabilités

Après la dissolution d'Affaires autochtones et du Nord Canada et la création de RCAANC et de SAC, un instrument de délégation des pouvoirs a été signé entre les deux ministères, en vertu duquel le ministre des Relations Couronne‑Autochtones est responsable des relations de nation à nation avec les Premières Nations, y compris celles établies par les traités et autres accords; le ministre de Services aux Autochtones Canada est responsable des aspects administratifs et opérationnels liés à la prestation de services directs aux personnes, organisations et communautés autochtones admissibles.

Dans le contexte de la gestion des terres et des finances, la délégation des pouvoirs s'est révélée difficile pour les représentants de RCAANC et de SAC, ainsi que pour les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. Par exemple, l'offre d'un soutien adéquat en matière de gestion des terres et de gestion financière a nécessité que des activités soient entreprises par les deux ministères, y compris des processus tels que l'ajout de terres aux réserves (ATR) et la gestion des terres des Premières Nations, pour lesquels le ministre de Relations Couronne-Autochtones a délégué certaines responsabilités opérationnelles et administratives au ministre de Services aux Autochtones, tout en conservant d'autres responsabilités liées aux grandes étapes du processus.Note de bas de page 1

Dans le cadre de cette délégation des pouvoirs, RCAANC dirige les travaux stratégiques visant à améliorer la gestion des terres des Premières Nations et le processus d'ATR, alors que SAC se charge de mettre en œuvre ces changements. Lors des entrevues, les représentants de RCAANC, de SAC et des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont constaté une amélioration au fil du temps quant à la définition des rôles concrets et des responsabilités entre les deux ministères, mais cette structure devrait continuer de présenter certaines difficultés qui nécessiteront un travail de surveillance constant.

Efficacité et efficience

La Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont établi une relation solide et productive qui a donné lieu à un certain nombre de résultats, notamment l'amélioration du cadre législatif relatif à la gestion des terres et des finances, la mise en œuvre de l'initiative de subvention de 10 ans, les mesures mises en œuvre pour atténuer les répercussions de la pandémie de COVID-19, et les discussions et efforts renouvelés pour améliorer le processus d'ATR.

En ce qui concerne l'efficience, la période couverte par l'évaluation a été marquée par une transition et des adaptations importantes, mais également par les répercussions de la pandémie. Dans ce contexte, les aspects à améliorer sont les suivants : faire preuve de souplesse à l'égard des autres ministères et des organismes centraux afin de tenir compte de leurs relations et partenariats uniques avec les institutions autochtones; veiller à ce que la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC dispose de ressources suffisantes pour suivre le rythme des diverses initiatives mises en œuvre; surveiller la répartition des rôles et des responsabilités entre RCAANC et SAC afin d'éviter toute incertitude ou tout retard; améliorer le processus de nomination au Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN) et à la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN); éviter les retards dans l'ajout des Premières Nations au régime de la LGFPN (arrêté modifiant l'annexe de la LGFPN); et revoir les indicateurs actuellement utilisés pour évaluer le rendement de RCAANC en matière de gestion des terres et de gestion financière.

Recommandations

En se fondant sur les constatations et les conclusions de l’évaluation, il est recommandé que RCAANC :

  1. En collaboration avec SAC, renforce la structure de financement actuelle utilisée pour soutenir les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations qui s’occupent de la gestion des terres et des finances, en vue de fournir un financement continu, prévisible et à long terme qui reflète la nature permanente de leurs mandats.
  2. Veille à ce que les capacités soient suffisantes au sein de la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC afin que toutes les activités et tous les projets de collaboration qu'elle entreprend en partenariat avec les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations puissent progresser de manière efficiente.
  3. Mobilise d'autres ministères et organismes fédéraux pour soutenir un certain nombre d'actions prioritaires cernées dans l'évaluation, notamment :
    1. en collaborant avec les organismes centraux et le ministère de la Justice Canada pour établir un processus de développement législatif qui reflète adéquatement la DNUDPA en assurant une consultation et une coopération appropriées, à toutes les étapes du processus, de toute loi ou règlement qui a des répercussions directes sur les terres et l’autorité fiscale exercée par les Premières Nations;
    2. en collaborant avec les organismes centraux et le ministère de la Justice Canada pour établir un processus de développement législatif qui reflète adéquatement la DNUDPA en assurant une consultation et une coopération appropriées, à toutes les étapes du processus, de toute loi ou règlement qui a des répercussions directes sur les terres et l’autorité fiscale exercée par les Premières Nations;
    3. en collaborant avec les partenaires autochtones (incluant les Premières Nations, l'Assemblée des Premières Nations (APN), le conseil consultatif des terres (CCT), le Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations (CR)) et SAC afin d'améliorer le processus d'ATR;
    4. en examinant le processus actuel de nomination des membres de la CFPN et du CGFPN afin de s'assurer qu'aucun poste ne reste vacant pendant une période prolongée; et
    5. en améliorant le processus actuel utilisé pour ajouter les Premières Nations au calendrier de la LGFPN, afin d'éviter tout retard une fois que toutes les exigences préalables ont été satisfaites.

Réponse et plan d’action de la direction

Titre du projet : Évaluation des compétences des Premières Nations en matière de gestion des terres et de gestion financière

1. Réponse de la direction

L'évaluation permet de fournir des conseils pour mieux soutenir les Premières Nations dans l'exercice de leur compétence à l'égard de la gestion des terres, notamment des Ajout de terres aux réserves (ATR), et à l'égard de la gestion des finances. Des recommandations ont été élaborées à la suite de l'examen des activités entreprises par la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) en soutien aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations qui interagissent avec des Premières Nations individuelles adhérant à des régimes de gestion des terres ou de gestion financière en dehors de la Loi sur les Indiens.

Bon nombre des conclusions de l'évaluation concernent des difficultés organisationnelles entre RCAANC et d'autres ministères qu'il faudra surmonter à l'aide d'une approche gouvernementale cohérente et coordonnée.

Au cours de la période visée par l'évaluation, plusieurs initiatives ont été mises en place et renforcent le cadre législatif lié à la gestion des terres. Par exemple, en décembre 2022, la Loi sur la gestion des terres des premières nations a été abrogée et remplacée par la Loi sur l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres de premières nations (LACGTPN). Ainsi, l'Accord-cadre est devenu le document de référence lorsqu'il est question de la gestion des terres des Premières Nations. De plus, le dépôt du projet de loi C-45, Loi modifiant la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN), modifiant d'autres lois en conséquence et apportant des précisions relativement à une autre loi est venu renforcer le cadre législatif lié à la gestion financière par les Premières Nations. Ce projet de loi a reçu la sanction royale le 19 juin 2023.

De janvier 2022 au 31 mars 2023, la DGIAMG a entrepris des consultations auprès des organisations autochtones et des Premières Nations afin d'obtenir des directives en vue de la révision de la politique sur les ATR. Le processus de révision incluait un appel de propositions tenu du 20 mars au 19 mai 2023. Cet appel avait pour but de financer des initiatives de consultation menées par les Premières Nations sur la révision de la politique sur les ATR. Les partenaires autochtones dont la proposition est retenue auront jusqu'au printemps 2024 pour consulter leurs communautés et rédiger leurs observations et recommandations en vue de la révision de la politique. Les comptes rendus qui découleront de ces initiatives orienteront la révision de la politique sur les ATR, qui aura lieu au printemps 2025.

En donnant suite aux recommandations, le plan d'action ci-dessous fournit davantage d'information sur les initiatives de la DGIAMG à venir qui nécessiteront la participation d'organismes centraux.

Bien que la DGIAMG entretienne une relation de travail positive avec les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations, l'élaboration conjointe de certains processus législatifs et réglementaires est complexe en raison de la confidentialité des documents du Cabinet qu'il faut respecter. En réponse à la recommandation faite dans le rapport qui consiste à « veiller à ce que les lois et les règlements ayant une incidence directe sur l'exercice de la compétence des Premières Nations sur les terres et les finances soient élaborés conjointement à toutes les étapes du processus », la Direction générale continuera de collaborer étroitement avec les Premières Nations par l'intermédiaire des institutions et organisations qu'elles dirigent afin d'améliorer la transparence en lien avec les futures initiatives législatives et réglementaires tout en respectant la confidentialité des documents du Cabinet.

2. Plan d’action

Recommandations Mesures Gestionnaire responsable (titre/ secteur) Dates prévues de début et d’achèvement

1. En collaboration avec Services aux Autochtones Canada (SAC), renforcer la structure de financement qui permet d'appuyer les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations qui s'occupent de la gestion des terres et des finances, en vue de fournir un financement continu, prévisible et à long terme qui correspond au caractère permanent de leur mandat.

En collaboration avec SAC, le Conseil du Trésor, les institutions créées en vertu de la LGFPN et les organisations dirigées par les Premières Nations, la DGIAMG continuera d'étudier les possibilités de financement prévisible à long terme qui tiennent compte du caractère permanent du mandat de ces institutions et organisations.

Directeur général, Institutions autochtones et Modernisation de la gouvernance

Date de début : 1er avril 2024

Date d'achèvement : 1er mars 2026

2. Veiller à ce que la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de RCAANC dispose de capacités suffisantes pour que l'ensemble des activités et projets de collaboration qu'elle entreprend en partenariat avec les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations puissent progresser de manière efficace.

La DGIAMG discutera des priorités et de la charge de travail avec de la LGFPN et les organisations dirigées par les Premières Nations afin que des ressources adéquates soient disponibles et allouées aux activités et aux projets de collaboration qui visent l'atteinte d'objectifs communs et que ces activités et projets progressent efficacement.

Directeur général, Institutions autochtones et Modernisation de la gouvernance

Date de début : En cours - Des réunions avec les institutions sont prévues en novembre 2023

Date d'achèvement : En raison de la nature des processus de RH, il s'agit d'un objectif continu

3. Collaborer avec le ministère des Finances du Canada pour élaborer, avec les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, un processus continu qui permettra en particulier de prendre les mesures financières nécessaires à la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

La DGIAMG continuera à participer aux discussions gouvernementales relatives à la mise en œuvre de la DNUDPA et à faciliter les discussions entre les institutions de la LGFPN et les organisations dirigées par les Premières Nations, le ministère de la Justice, le ministère des Finances et d'autres ministères, notamment en ce qui concerne la compétence et les initiatives financières.

Directeur général, Institutions autochtones et Modernisation de la gouvernance

Date de début : Déjà commencé

Date d'achèvement : Impossible de fixer une date d'achèvement, car les détails de la mise en œuvre ne sont pas encore finalisés

4. Collaborer avec les organismes centraux et le ministère de la Justice du Canada pour établir un processus de développement législatif qui reflète adéquatement la DNUDPA en assurant une consultation et une coopération appropriées, à toutes les étapes du processus, de l’ensemble des lois et règlements qui auront des répercussions directes sur les terres et les pouvoirs financiers des Premières Nations.

La DGIAMG continuera à étudier les moyens de collaborer et de faire progresser l'élaboration conjointe avec les Premières Nations, les institutions de la LGFPN et les organisations dirigées par les Premières Nations et continuera à plaider auprès des autres ministères et organismes, dont les agences centrales et le ministère de la Justice, en faveur de la mise en place d'un processus de rédaction législative qui reflète la DNUDPA de manière adéquate.

Directeur général, Institutions autochtones et Modernisation de la gouvernance

Date de début : Déjà commencé

Date d'achèvement : l'achèvement dépendra du calendrier du ministère de la Justice, qui est le responsable gouvernemental de la mise en œuvre de la LDNU. Il s'agit d'un processus continu, car nous devrons veiller à ce que les futures initiatives législatives reflètent correctement la DNUDPA

5. Collaborer avec les partenaires autochtones (dont les Premières Nations, l'Assemblée des Premières Nations [APN], le Conseil consultatif des terres [CCT] et le Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations [CR]) ainsi que SAC afin d'améliorer le processus d'ATR.

La DGIAMG continuera à collaborer étroitement avec les partenaires autochtones pour instaurer des changements provisoires afin d'améliorer la procédure d'ajout aux réserves et consulter les partenaires autochtones, notamment en consacrant des fonds aux consultations menées par les Premières Nations, dans le but de proposer des options stratégiques à examiner.

À long terme, les représentants de RCAANC et de SAC travailleront avec des partenaires autochtones pour élaborer conjointement des options politiques en vue d'une décision d'ici le printemps 2025, y compris des discussions sur la mise en œuvre après la prise de la décision.

Directeur général, Institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance

Date de début : en cours

Date d'achèvement : Printemps 2025

6. Examiner la procédure qui sert à nommer les membres de la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN) et du Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN) afin qu'aucun poste ne demeure vacant pendant une période prolongée.

En collaboration avec les institutions de la LGFPN, le ministère de la Justice et le Bureau du Conseil privé, la DGIAMG continuera à étudier les moyens d'améliorer la procédure de nomination, d'éviter que des postes demeurent vacants pendant une période prolongée au sein des conseils d'administration de la CFPN et du CGFPN et d'accorder plus d'autonomie aux institutions.

Directeur général, Institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance

Date de début : Déjà commencé

Date d'achèvement : T4 2026

7. Améliorer la procédure qui sert à ajouter des Premières Nations à la LGFPN, afin d'éviter tout retard une fois que toutes les exigences préalables sont satisfaites.

En collaboration avec les institutions de la LGFPN, le ministère de la Justice et le Conseil du Trésor, la DGIAMG continuera d'étudier les moyens d'améliorer la procédure d'ajout, de modification et de suppression de noms de Premières Nations à l'annexe de la Loi sur la gestion financière des Premières Nations. Il convient de noter que la procédure d'inscription à l'annexe de la Loi n'est pas très coûteuse.

Directeur général, Institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance

Date de début : Déjà commencé

Date d'achèvement : T4 2026

1. Introduction

1.1 Objet de l’évaluation

Conformément à son plan d'évaluation quinquennal et à la Politique sur les résultats, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) a évalué le soutien qu'il apporte aux Premières Nations dans l'exercice de leurs compétences sur les terres et la gestion financière. L'objectif fondamental de l'évaluation était de déterminer dans quelle mesure les activités entreprises par RCAANC répondent de manière adéquate aux besoins des Premières Nations et, le cas échéant, de cerner les domaines permettant d'améliorer ce soutien. À ce titre, l'évaluation a porté sur la pertinence des activités entreprises, l'efficacité et l'efficience de leur mise en œuvre et les résultats obtenus.

1.2 Portée de l’évaluation

L'évaluation portait principalement sur les activités entreprises par la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de RCAANC pour soutenir les institutions et les organisations des Premières Nations qui mobilisent individuellement les Premières Nations participant à des régimes structurés de gestion des terres et des finances en dehors de la Loi sur les Indiens.

La portée de cette évaluation exclut toute évaluation des décisions prises par les Premières Nations individuelles et du rendement atteint par les institutions et organisations des Premières Nations qui participent à la gestion des terres et des finances.

L'évaluation a porté sur une période de cinq exercices financiers, de 2017-2018 à 2021-2022. La pandémie de COVID-19, qui a eu des répercussions directes sur les communautés des Premières Nations et sur les activités entreprises par RCAANC, est un élément prédominant de cette période.

1.3 Méthodologie de l’évaluation

Approche et méthodologie

Un groupe de travail chargé de l'évaluation, composé de représentants d'institutions et d'organisations des Premières Nations impliquées dans la gestion des terres et des finances, ainsi que de RCAANC, a été mis en place pour guider et soutenir le processus d'évaluation. Les participants du groupe de travail comprenaient des représentants de la Commission de la fiscalité des Premières Nations, du Conseil de gestion financière des Premières Nations, de l'Administration financière des Premières Nations, du Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations, de l'Assemblée des Premières Nations et de RCAANC. Les membres du groupe de travail ont donné leurs avis sur le cadre d'évaluation, les conclusions préliminaires et le rapport d'évaluation.

L'évaluation a utilisé les méthodes mixtes pour répondre à l'ensemble des questions et des enjeux d'évaluation, qui sont inclus dans l'annexe du présent rapport. Les conclusions et les recommandations ont été élaborées sur la base des résultats de toutes les sources de données. Le tableau suivant décrit brièvement ces sources de données :

Tableau 1 : Méthodes de collecte de données
Examen des documents et des données sur le rendement Entrevues Illustrations de cas (n=3)

Un examen des documents et des données pertinents du programme a été réalisé. Il s'agissait de documents liés à la gouvernance, tels que des rapports ministériels sur le rendement, des documents stratégiques, des plans de mise en œuvre, des rapports d'étape, des rapports annuels, des présentations sur la conception du programme et des documents produits par des institutions et des organisations dirigées par les Premières Nations qui participent à la gestion des terres et des finances. L'examen a également porté sur les données relatives au rendement pertinentes.

Vingt-huit entrevues semi-structurées ont été réalisées virtuellement auprès de personnes appartenant aux groupes suivants :

  • Conseil consultatif des terres et Centre de ressources;
  • Commission de la fiscalité des Premières Nations;
  • Conseil de gestion financière des Premières Nations;
  • Administration financière des Premières Nations;
  • Assemblée des Premières Nations;
  • Relations Couronne-Autochtones;
  • Services aux Autochtones Canada; et
  • Ressources naturelles Canada.

Trois illustrations de cas ont été élaborées pour illustrer certaines des activités entreprises pour soutenir la gestion des terres et des finances des Premières Nations. Elles abordent les thèmes suivants :

  • les travaux de codéveloppement menant aux modifications de la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN) et de la Loi sur la gestion des terres des Premières Nations (LGTPN);
  • les travaux de codéveloppement menant à l'adoption de la Loi sur l'ajout de terres aux réserves et la création de réserves (LATRCR); et
  • la coordination des activités entre RCAANC et Services aux Autochtones Canada (SAC) en ce qui concerne les nouveaux participants à l'Accord-cadre et à la LGFPN.

Limites

Le tableau suivant décrit les principales limites rencontrées dans le cadre de cette évaluation, ainsi que la stratégie d'atténuation.

Tableau 2 : Limites et stratégie d'atténuation
Limites Stratégie d’atténuation

Le soutien que RCAANC apporte aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et prenant part à la gestion des terres et des finances prend différentes formes et évolue constamment. Souvent, ils concernent également d'autres ministères et organismes fédéraux. Il n'a donc pas été possible de couvrir toutes ces activités, dont la prestation des services dans les différentes communautés des Premières Nations.

En collaboration avec le groupe de travail chargé de l'évaluation, les enjeux et les questions d'évaluation qui ont été élaborés ont permis d'évaluer l'harmonisation globale des activités de soutien sur les besoins et les priorités des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, ainsi que l'efficacité et l'efficience de la mise en œuvre de ces activités. Ce travail a permis d'obtenir des aperçus stratégiques susceptibles d'éclairer les activités futures, par opposition à une évaluation complète de chaque activité individuelle entreprise.

2. Aperçu des activités de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC)

2.1 Considérations contextuelles

DNUDPA

Pour les Premières Nations, l'exercice de leur autorité sur les terres et la gestion financière est au cœur de l'autodétermination et de l'autonomie gouvernementale. Cette vision repose sur une nouvelle relation entre le Canada (y compris tous les niveaux de gouvernement, le secteur économique et la société civile) et les Premières Nations, qui s'inscrit dans la lettre et l'esprit de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). De nombreux articles de la DNUDPA s'appliquent à la gestion des terres et des finances, entre autres, les suivants :

  • l'article 3, qui reconnaît que les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination, y compris le droit d'assurer librement leur développement économique;
  • l'article 18, qui reconnaît leur droit de participer à la prise de décisions sur les questions qui concernent leurs droits, par l'intermédiaire de représentants qu'ils ont eux-mêmes choisis, et le droit de conserver leurs propres institutions décisionnelles;
  • l'article 20, qui reconnaît leur droit de développer leurs propres systèmes et institutions économiques;
  • l'article 26, qui reconnaît leur droit de posséder, d'utiliser, de développer et de contrôler les terres, les territoires et les ressources qu'ils possèdent ; et
  • l'article 32, qui reconnaît le rôle des États de soutenir le droit des peuples autochtones de définir et d'établir des priorités pour l'utilisation et la mise en valeur de leurs terres.

À la suite des appels à l'action 43 et 44 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et de l'appel à la justice 1.2 de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, le Parlement a adopté en 2021 la Loi sur la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui engage le gouvernement fédéral à veiller à ce que toutes les lois du Canada soient conformes à la DNUDPA et à élaborer un plan d'action pour atteindre les objectifs de la DNUDPA. D'autres gouvernements au Canada ont également entamé la mise en œuvre de la DNUDPA, notamment le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, qui a adopté en 2019 la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, ainsi qu'un plan d'action (non disponible en français) publié en 2022 qui énonce des objectifs et des résultats établis conjointement qui constituent la vision à long terme de la mise en œuvre de la DNUDPA par le biais de 89 actions prioritaires dans des domaines clés au cours des cinq prochaines années.

La participation de l’ensemble du gouvernement

Comme indiqué dans sa loi constitutive, RCAANC a été créé en 2019 pour favoriser la réconciliation avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis en renouvelant les relations de nation à nation, de gouvernement à gouvernement et entre les Inuits et la Couronne, sur la base de l'affirmation et de la mise en œuvre des droits, du respect, de la coopération et du partenariat.

Dans le contexte particulier de la gestion des terres et des finances, RCAANC est le principal interlocuteur fédéral des Premières Nations, mais la participation directe d'autres ministères et organismes fédéraux, notamment Services aux Autochtones Canada (SAC), le ministère des Finances, le ministère de la Justice et les organismes centraux, est également nécessaire pour que les Premières Nations réalisent leur vision de l'autodétermination

Cadres actuels de gestion des terres et des finances

Gestion des terres

La Loi sur les Indiens contient des dispositions qui limitent considérablement la capacité des Premières Nations à prendre des décisions relatives à la gestion des terres, le gouvernement fédéral restant largement responsable de la supervision de la gestion des terres autochtones, y compris de l'approbation des décisions relatives à la location, à l'octroi de permis et à la gestion des ressources. En 1996, un groupe de 13 Premières Nations a signé avec le Canada l'Accord-cadre sur la gestion des terres des Premières Nations de gouvernement à gouvernement (ci-après l'Accord-cadre), qui permet aux Premières Nations de se soustraire à ces dispositions en reconnaissant leur droit inhérent à gouverner leurs terres de réserve. L'Accord-cadre a été intégré dans les lois du Canada en vertu de la Loi sur l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres des Premières Nations (PDF), qui confirme particulièrement que l'Accord-cadre est contraignant et qu'il prévaut sur toutes les autres dispositions de la Loi.

Une Première Nation signataire de l'Accord-cadre élabore son propre code foncier qui [traduction] « devient la loi foncière de base de la Première Nation. Lorsqu'il entre en vigueur, environ 44 articles de la Loi sur les Indiens ne s'appliquent plus, et le Canada n'est plus impliqué dans la prise de décision concernant les terres et les ressources de la Première Nation ». Cet accord confère aux Premières Nations signataires tous les statuts et pouvoirs juridiques nécessaires pour gouverner et gérer leurs terres et leurs ressources naturelles.

Le processus d'ajout de terres aux réserves ou de création de nouvelles réserves est directement lié à la gestion des terres. Comme le stipulent la Loi sur l'ajout de terres aux réserves et la création de réserves (LATRCR) et la Politique sur les ajouts aux réserves et la création de réserves, lorsqu'une Première Nation soumet une demande à cet égard, SAC s'engage avec la Première Nation dans l'évaluation et l'examen de la demande, ainsi que dans l'élaboration de la proposition, qui est finalement transmise au ministre des Relations Couronne-Autochtones pour approbation.

Gestion financière

La Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN) est une solution de rechange au cadre restrictif de la Loi sur les Indiens. Elle offre aux Premières Nations la possibilité d'étendre leur autorité en matière de gestion financière. Entre autres, les Premières Nations participant au régime de la LGFPN peuvent exercer des pouvoirs d'imposition sur les biens immobiliers et ont accès à des emprunts et à d'autres moyens pour soutenir leur développement économique. Dans le cadre de ce processus, les Premières Nations collaborent avec les trois institutions fiscales établies par la LGFPN, qui sont décrites dans la sous-section suivante.

Écosystème d’institutions et d’organisations

Le processus permettant aux Premières Nations de récupérer leur autorité sur la gestion des terres et des finances implique un écosystème d'institutions et d'organisations dirigées par les Premières Nations qui travaillent avec les Premières Nations individuelles dans l'établissement de leurs propres processus et systèmes liés à la gestion des terres et des finances, y compris la collaboration nécessaire avec RCAANC et SAC, tel qu'elle est encadrée par l'Accord-cadre et la LGFPN.

Comme l'illustre la figure 1, les Premières Nations interagissent individuellement à la fois avec les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et avec le Canada lorsqu'elles optent pour les différents régimes de gestion des terres et des finances, et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations interagissent également avec le Canada sur des questions plus générales qui créent l'environnement législatif et politique global dans lequel la gestion des terres et des finances est entreprise.

Figure 1 : Interactions entre les partenaires
Équivalent textuel pour Figure 1 : Interactions entre les partenaires

La figure 1 est une série de trois cercles représentant les groupes de partenaires du programme et illustre le fait que les partenaires sont reliés par un quatrième cercle. Les trois principaux partenaires sont : les Premières Nations à titre individuel, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, et le Canada.

Comme l'illustre la figure 2, au moment de l'évaluation, cinq institutions et organisations dirigées par les Premières Nations étaient en place, ainsi qu'une autre institution en cours de création.

Figure 2 : Institutions et organisations dirigées par les Premières Nations
Équivalent textuel pour Figure 2 : Institutions et organisations dirigées par les Premières Nations

La figure 2 est un diagramme qui illustre les deux groupes d’organisations responsables de la gestion des terres et la gestion financière des Premières Nations. Le nom de ces organisations est indiqué ci-dessous.

  • Le Conseil consultatif des terres des Premières Nations et le Centre de ressources sont les organisations responsables de la gestion des terres.
  • La Commission de la fiscalité des Premières Nations, le Conseil de gestion financière des Premières Nations, l’Administration financière des Premières Nations et l’Institut des infrastructures des Premières Nations (en cours de développement) sont les institutions responsables de la gestion financière.
Conseil consultatif des terres (CCT)
Créé conformément à l’Accord cadre, le CCT est une organisation établie et dirigée par les Premières Nations qui aide les Premières Nations signataires de l’Accord cadre à reprendre le contrôle de leurs terres des réserves, de leurs ressources naturelles et de leur environnement. Le CCT représente les intérêts des Premières Nations signataires de l’Accord cadre et travaille avec le gouvernement fédéral pour améliorer le cadre législatif de la gestion des terres des Premières Nations, négocier un financement et donner une orientation stratégique au CR.
Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations (CR)
Le CR est une organisation de prestation de services qui fournit un soutien technique et professionnel aux Premières Nations signataires qui élaborent et mettent en œuvre leurs propres codes fonciers. Il propose une formation, des ressources et un soutien aux Premières Nations opérationnelles. Le CR travaille avec SAC et RCAANC pour soutenir la mise en œuvre continue du cadre, et il offre également des formations, des ressources, du soutien et des renseignements aux Premières Nations intéressées.
Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN)
La CFPN est une institution responsable de l'approbation des lois sur l'imposition foncière et les nouvelles recettes locales des Premières Nations participantes, ainsi que de la conciliation des intérêts des Premières Nations et des contribuables. Elle soutient également la « First Nations Gazette » et le « Tulo Center of Indigenous Economics » (centre Tulo d'économie autochtone).
Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN)
Le CGFPN est une institution qui assiste les gouvernements des Premières Nations dans le renforcement de leurs régimes de gestion financière. Il fournit également une certification indépendante de leurs systèmes de gestion financière.
Administration financière des Premières Nations (AFPN)
L'AFPN est une société à but non lucratif qui fournit du financement par l'émission d'obligations sur les marchés financiers, ainsi que des investissements et des services consultatifs aux gouvernements des Premières Nations.
Institut des infrastructures des Premières Nations (IIPN)
L’IIPN est la dernière institution dirigée par les Premières Nations, qui est encore en phase de développement.Note de bas de page 2 Depuis 2017, le CR fait appel à un conseil de développement. La création officielle de l’IIPN devrait se faire par le biais d’une modification de la LGFPN, qui a été présentée au Parlement. Une fois pleinement opérationnel, il aidera les Premières Nations et les organisations autochtones à planifier, acquérir, posséder et gérer leurs infrastructures sur leurs terres.

En plus de ces institutions et organisations, l'Assemblée des Premières Nations (APN) a mené des efforts pour améliorer le cadre politique et législatif lié au processus d'ajout aux réserves et de création de réserves.

Participation des Premières Nations aux régimes fonciers et financiers alternatifs

Comme l’illustre la figure 3, le nombre de Premières Nations qui se sont engagées dans les régimes alternatifs de gestion des terres et des finances prévus par l’Accord-cadre et la LGFPN a régulièrement augmenté au cours de la période couverte par l’évaluation.Note de bas de page 3 Il s’agit d’une information contextuelle importante, car cette croissance entraîne une demande accrue de soutien et de services de la part des institutions et organisations foncières et financières, ainsi que du gouvernement fédéral.

Figure 3 : Nombre de Premières Nations ayant adhérées à des régimes alternatifs
Équivalent textuel pour Figure 3 : Nombre de Premières Nations ayant adhérées à des régimes alternatifs

La figure 3 est un tableau qui illustre le nombre de Premières Nations participant à l’Accord-cadre et le nombre de Premières Nations assujetties à la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN) pour les exercices 2017-2018 à 2021-2022.

En 2017-2018, 209 Premières Nations participaient à l’Accord-cadre et 229 Premières Nations étaient assujetties à la LGFPN.
En 2018-2019, 217 Premières Nations participaient à l’Accord-cadre et 269 Premières Nations étaient assujetties à la LGFPN.
En 2019-2020, 224 Premières Nations participaient à l’Accord-cadre et 294 Premières Nations étaient assujetties à la LGFPN.
En 2020-2021, 232 Premières Nations participaient à l’Accord-cadre et 312 Premières Nations étaient assujetties à la LGFPN.
En 2021-2022, 238 Premières Nations participaient à l’Accord-cadre et 321 Premières Nations étaient assujetties à la LGFPN.

Sur 634 communautés de Premières Nations au Canada, 51 % d'entre elles sont inscrites à la LGFPN et 38 % sont signataires de l'Accord-cadre, ou souhaitent le devenir.

2.2 Délégation des pouvoirs

La dissolution du ministère des Affaires Autochtones et du Nord Canada, qui a été remplacé par RCAANC et SAC par le truchement d'une loi promulguée en juillet 2019, a marqué toute la période couverte par l'évaluation. L'article 9 de la Loi sur le ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord permet au ministre des Relations Couronne‑Autochtones de déléguer tout pouvoir prévu par la loi au ministre des Services aux Autochtones. Grâce à un instrument de délégation des pouvoirs signé entre les deux ministères, le ministre de Services aux Autochtones est le délégataire des responsabilités administratives et opérationnelles en lien avec les ajout de terres aux réserves (ATR) et la gestion des terres, en vertu de la LATRCR et de la LGTPN, ce qui comprend la gestion des subventions et contributions connexes prévues par ces lois. Le ministre de Relations Couronne-Autochtones est responsable des grandes étapes de la relation de nation à nation avec les Premières Nations, ce qui comprend les relations avec les institutions financières prévues dans la LGTPN et la gestion des subventions et contributions connexes en vertu de cette même loi.

2.3 Éventail des activités entreprises par RCAANC

La Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de RCAANC soutient les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations qui participent à la gestion des terres et des finances sous diverses formes, dont la combinaison est largement déterminée par les besoins et les visions actuels de ces partenaires. Ces activités peuvent être regroupées en trois grandes catégories :

  • Initiatives stratégiques :Des activités politiques sont entreprises pour renforcer le cadre relatif à la gestion des terres et des finances. Il peut en découler un certain nombre d'initiatives législatives, réglementaires, politiques ou de financement qui reflètent les nouveaux besoins et priorités des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et du gouvernement fédéral. Ce travail d'élaboration des politiques devrait être mené en collaboration avec ces institutions et organisations et faire participer d'autres ministères ou organismes fédéraux, ou toute autre entité, au besoin.
  • Activités opérationnelles :Conformément aux dispositions législatives applicables, et grâce aux pouvoirs délégués à SAC, RCAANC entreprend un certain nombre d'activités opérationnelles liées à la gestion des terres et des finances, notamment, mais sans s'y limiter :
    • Soutenir le processus d'inscription des nouveaux entrants dans l'Accord-cadre et la LGFPN;
    • émettre des directives ministérielles pour la mise en réserve de terres en vertu des dispositions relatives aux ajouts aux réserves et à la création de réserves de la LATRCR; et
    • émettre des recommandations sur les nominations par le gouverneur en conseil aux conseils d'administration de la CFPN et du CGFPN.
  • Soutien financier : RCAANC gère deux des programmesNote de bas de page 4 de subventions et de contributions qui soutiennent les institutions dirigées par les Premières Nations :
Tableau 3 : Financement sous forme de contribution à la CFPN, au CGFPN et à l’AFPN, par exercice
Autorité 2017-18 2018-19 2019-20 2020-21 2021-22
Contributions pour appuyer les gouvernements et les institutions autochtones, et pour bâtir une gouvernance solide 84 271 171 $ 23 385 581 $ 26 603 538 $ 43 943 659 $ 66 450 268 $

3. Constatations principales

Les sous‑sections suivantes décrivent les conclusions générales qui se dégagent de toutes les sources de données utilisées pour évaluer le soutien apporté par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations dans les domaines de la gestion des terres et des finances.

3.1 Pertinence

Le travail entrepris par la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC est en harmonie avec les priorités des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et reflète les engagements pris par le Canada en faveur de la réconciliation et de la mise en œvre intégrale de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

Harmonisation avec les besoins et les priorités de RCAANC et des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations

La Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance fait partie du Secteur de la résolution et des partenariats de RCAANC, qui couvre également les accords de règlement et les revendications des enfants, les revendications particulières et les initiatives intersectorielles. À un niveau fondamental, le travail entrepris par la Direction générale est motivé par l'engagement du ministère en faveur des relations de nation à nation et des partenariats avec les Premières Nations qui sont nécessaires pour faire avancer la réconciliation, y compris la réconciliation économique.

Sur cette base, la pertinence des activités menées par la Direction générale est déterminée par leur harmonisation avec la vision et les priorités des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et participant à la gestion des terres et des finances. Tout au long de la période d'évaluation, ces partenaires ont déployé un large éventail d'initiatives. Loin d'être une liste exhaustive, les initiatives suivantes permettent d'illustrer certaines de leurs priorités :

  • modification du cadre législatif relatif à la gestion des terres et des finances, afin de s'assurer qu'il continue à être en harmonie avec les priorités des Premières Nations;
  • poursuite de la mise en place du Registre national des terres des Premières Nations;
  • exploration des possibilités d'amélioration des processus liés à l'application de la loi, aux systèmes de gestion de l'environnement et des déchets, et aux frontières internes;
  • élargissement de la compétence fiscale des Premières Nations dans le cadre d'initiatives de renforcement des capacités et des travaux du « Tulo Centre of Indigenous Economics »;
  • soutien de la mise en place et du fonctionnement de l' Institut des infrastructures des Premières Nations (IIPN);
  • mise en œuvre du projet de feuille de route du Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN), qui fournit une liste complète d'actions à entreprendre pour soutenir la réconciliation économique, conformément aux principes et aux engagements énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA);
  • amélioration de l'accès des Premières Nations et des autres organisations dirigées par les Premières Nations à un financement abordable sur les marchés financiers; et
  • réforme du cadre des ajouts aux réserves en collaboration avec les Premières Nations et les partenaires autochtones, comme le Conseil consultatif des terres (CCT), le Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations (CR) et l' Assemblée des Premières Nations (APN), entre autres.

Ces exemples nous rappellent que, même si des progrès significatifs ont été accomplis dans la mise en place de régimes alternatifs de gestion des terres et des finances pour soutenir l'autodétermination des Premières Nations, ce processus en cours doit encore franchir des étapes importantes.

Les conclusions de l'évaluation confirment que la vision et les actions entreprises par la Direction générale sont en fait en harmonie avec les besoins des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. Deux facteurs se distinguent à cet égard :

  • Premièrement, la Direction générale et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont réussi à établir et à cultiver un dialogue ouvert et constructif, favorisant des conversations et des collaborations continues fondées sur le respect et une vision partagée des résultats escomptés. Ce dialogue s'est avéré particulièrement utile lorsque l'on considère la complexité et la portée considérable des initiatives qui ont été mises en œuvre jusqu'à présent et de celles qui devraient progresser à l'avenir ; et
  • Deuxièmement, la Direction générale a fait preuve d'une grande souplesse dans son approche et dans l'éventail d'outils et de moyens qu'elle peut utiliser pour répondre à la nature et à la portée des diverses initiatives qu'elle a entreprises pour soutenir les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations.

Toutefois, d'autres facteurs peuvent avoir une incidence sur les activités de la Direction générale à l'avenir. En particulier, la Direction générale a été confrontée à des limites en matière de ressources internes et de capacité à assurer un soutien en temps voulu à certaines des demandes adressées à ses équipes. Les représentants des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et RCAANC ont souligné le fait que, malgré leurs bonnes intentions, les équipes de la Direction générale ont parfois du mal à répondre aux demandes et aux attentes auxquelles elles sont confrontées.

En outre, la mobilisation d'autres ministères et organismes fédéraux est essentielle à la réussite des dossiers qui concernent la Direction générale. Il s'agit notamment de la mobilisation des organismes centraux, comme le ministère des Finances, pour la mise en œuvre des mesures financières répondant aux besoins des Premières Nations, et du ministère de la Justice, pour la rédaction de nouvelles dispositions législatives et les questions d'application des lois concernant les Premières Nations. À ce titre, RCAANC se trouve dans une position unique qui nécessite des efforts de coordination constants et une mobilisation permanente, et là encore, la Direction générale doit avoir la capacité d'atteindre ce niveau de coordination et de mobilisation au sein du gouvernement fédéral.

Harmonisation avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral et de la DNUDPA

Comme nous l'avons déjà indiqué (voir la sous-section 2.1), le Parlement a adopté la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, dans laquelle le Canada s'engage à promouvoir l'autodétermination et l'autonomie gouvernementale des peuples autochtones, sur la base de leurs droits inhérents, qui découlent de leurs structures politiques, économiques et sociales et de leur culture, de leurs traditions spirituelles, de leur histoire et de leur philosophie, en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et ressources.

Au moment de l'évaluation, le ministère de la Justice du Canada, au nom du gouvernement fédéral, avait présenté l'ébauche du plan d'action (PDF) pour la mise en œuvre de la DNUDPA, qui avait été élaboré conjointement par le Canada et les peuples autochtones. Les actions proposées directement liées à la gestion des terres et des finances des Premières Nations sont les suivantes :

  • le paragraphe 31 traite de la nécessité d'élaborer des « directives sur l'engagement des peuples autochtones dans les projets relatifs aux ressources naturelles »;
  • le paragraphe 48 traite de la nécessité d'« [élaborer] des cadres de travail, des mécanismes et/ou des processus pour une approche coordonnée et pangouvernementale relativement à l'application du droit de participer à la prise de décision […] sur les initiatives touchant les lois, les politiques et les programmes »; et
  • les paragraphes 81 à 83 traitent de la nécessité d'améliorer le processus de revendications particulières, d'ajout de terres aux réserves (ATR) et le cadre législatif fourni par la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN).

Le soutien apporté par la Direction générale s'inscrit directement dans le cadre du travail de collaboration mené par le Canada et les peuples autochtones en vue d'une mise en œuvre globale de la DNUDPA.

3.2 Conception et exécution

La Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC a utilisé de manière efficiente un éventail d'outils et de moyens pour contribuer à la gestion des terres et des finances des Premières Nations. Les éléments à améliorer comprennent la structure de financement, le processus de développement des dispositions législatives, les initiatives fiscales et la répartition des rôles et responsabilités, conformément à la délégation des pouvoirs.

Cette sous-section couvre les considérations opérationnelles, particulièrement en ce qui concerne l'éventail des activités que RCAANC utilise pour soutenir la gestion des terres et des finances des Premières Nations, et la façon dont ces activités sont coordonnées avec celles d'autres ministères fédéraux concernés.

Éventail des activités entreprises

Comme indiqué précédemment, la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de RCAANC a réussi à adapter l'éventail des activités qu'elle entreprend pour répondre aux besoins et aux priorités des institutions et des organisations dirigées par les Premières Nations et impliquées dans la gestion des terres et des finances. Grâce à diverses options législatives et politiques, elle a contribué à renforcer la capacité organisationnelle de ces partenaires. Cette souplesse est une caractéristique importante qui doit être maintenue et soutenue par des ressources internes adéquates.

Les constatations de l'évaluation ont également permis de cerner des domaines d'amélioration du soutien actuellement fourni, qui sont décrits dans les paragraphes suivants.

Structure de financement

Pendant la période d'évaluation, RCAANC a eu recours aux subventions et contributions pour fournir un soutien financier pluriannuel aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. RCAANC a octroyé un financement à long terme (5 ans ou plus) aux institutions financières pour un soutien opérationnel de base, ainsi qu'un financement à court terme (de 1 à 2 ans) pour des projets et initiatives reposant sur une proposition. Au cours des entretiens, les représentants de RCAANC et des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont reconnu que cette structure de financement, fondée sur une relation de programmation entre le client et le ministère, ne reflète pas la nature permanente et fondamentale de ces institutions et organisations.

En tant que piliers de l'Accord-cadre et de la LGFPN, ces institutions et organisations doivent fonctionner dans un cadre de financement stable, adéquat, viable et prévisible, propice à la bonne mise en œuvre de leurs activités et stratégies. Les processus actuels associés aux ententes de financement créent des défis liées à la planification et à l'adaptabilité organisationnelles à long terme (c'est-à-dire, la capacité de recruter et de maintenir en poste le personnel hautement spécialisé nécessaire à la gestion des terres et des finances). Le fait que le financement soit assuré à la fois par RCAANC et Services aux Autochtones Canada (SAC) ajoute un niveau de complexité dans les efforts visant à créer un cadre de financement stable, car chaque ministère fonctionne avec ses propres processus et procédures en matière de soutien financier.

Processus de rédaction législative

L'établissement et le maintien d'un cadre législatif approprié pour soutenir la gestion des terres et des finances des Premières Nations ont été un processus continu auquel la Direction générale et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont participé tout au long de la période couverte par l'évaluation.

Conformément au système parlementaire canadien, l’élaboration des dispositions législatives implique le Cabinet fédéral, les organismes centraux, le ministère de la Justice du Canada (en tant que rédacteur législatif et conseiller juridique), le ministère parrain ou donneur d’ordre et le Parlement. Les constatations de l’évaluation indiquent que les Premières Nations et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont participé à l’élaboration conjointe de politiques par le biais de consultations et d’activités de collaboration et de corédaction des propositions de politiques. Parmi les principales réalisations à souligner, mentionnons les activités de codéveloppement qui ont donné lieu aux modifications apportées à la LGTPN et à la LGFPN, et le travail qui a mené à la création de l’IIPN, et qui faisait appel à la mobilisation et à la consultation des Premières Nations, des conseils tribaux, des organisations autochtones, des députés, des sénateurs, des ministères et d’autres intervenants. Cependant, les partenaires des Premières Nations n’ont pas participé directement au processus de rédaction législative, qui est mené par le ministère de la Justice sur les instructions du Cabinet. Étant donné que ces mesures législatives influencent directement l’autodétermination économique des Premières Nations, RCAANC devraient continuer à travailler avec le ministère de la Justice et les organismes centraux afin de s’assurer que les Premières Nations participent en permanence à l’élaboration de la législation par l’intermédiaire des responsables des politiques et des services juridiques de RCAANC, de sorte que les Premières Nations aient la possibilité d’examiner les projets de loi et d’indiquer leur accord, conformément aux décision du Cabinet, avant que ces projets de loi ne soient présentés au Parlement.

Initiatives fiscales

La vision que poursuivent les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations nécessite la mise en œuvre d'un éventail de mesures fiscales, qui permettent aux Premières Nations d'élargir leur base de revenus et de procéder aux investissements nécessaires dans leurs infrastructures sociales et économiques. Cette mise en œuvre requiert la participation et le soutien du gouvernement fédéral, et plus particulièrement du ministère des Finances du Canada.

Les constatations indiquent qu'au cours de la période couverte par l'évaluation, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations et le ministère des Finances Canada se sont concertés afin d'explorer les moyens de renforcer leur collaboration, et RCAANC a facilité ce processus. Alors que le gouvernement fédéral continue d'élaborer son plan d'action pour soutenir la mise en œuvre de la DNUDPA, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations s'attendent à ce que ce travail avec le ministère des Finances Canada se poursuive, y compris les options pour une collaboration continue, plutôt que des discussions ad hoc. RCAANC est censé faciliter ce processus.

Distribution des rôles et des responsabilités

Dans le contexte de la gestion des terres et des finances, la délégation des pouvoirs s'est révélée difficile pour les représentants de RCAANC et de SAC, et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. Par exemple, l'offre d'un soutien adéquat en matière de gestion des terres et de gestion financière a nécessité que des activités soient entreprises par les deux ministères, y compris des processus tels que l'ajout de terres aux réserves (ATR) et la gestion des terres des Premières Nations, pour lesquels le ministre de Relations Couronne‑Autochtones a délégué certaines responsabilités opérationnelles et administratives au ministre de Services aux Autochtones, tout en conservant d'autres responsabilités liées aux grandes étapes du processus.Note de bas de page 5

Dans le cadre de cette délégation des pouvoirs, RCAANC dirige les travaux stratégiques visant à améliorer la gestion des terres des Premières Nations et le processus d'ATR, alors que SAC se charge de mettre en œuvre ces changements. Lors des entrevues, les représentants de RCAANC, de SAC et des institutions et organisations des Premières Nations ont constaté une amélioration quant à la définition des rôles concrets et des responsabilités entre les deux ministères, mais cette structure devrait continuer de soulever certains défis qui nécessiteront un travail de surveillance constant.

3.3 Efficacité et efficience

Au cours de la période couverte par l'évaluation, RCAANC et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont réussi à faire avancer un certain nombre de priorités liées à la gestion des terres et des finances des Premières Nations, y compris plusieurs qui impliquaient une approche d'élaboration conjointe. Pour l'avenir, un certain nombre de domaines permettant d'améliorer l'efficience de ce processus ont été cernés.

Cette sous-section traite du niveau de soutien apporté par RCAANC aux institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, y compris leur participation au dialogue politique sur les ajouts aux réserves et la création de réserves. Elle porte également sur l'efficience des processus actuellement en place et sur la mesure des résultats obtenus.

Relation

Les conclusions de l'évaluation indiquent que la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont établi une relation solide et productive qui a conduit à un certain nombre de résultats, dont certains sont documentés dans cette sous-section à des fins d'illustration. Cette relation est considérée comme essentielle pour instaurer la confiance nécessaire aux relations de nation à nation et à la mise en œuvre intégrale de la DNUDPA.

Gestion financière

Cadre législatif

En ce qui concerne précisément la gestion financière, l'un des résultats importants obtenus au cours de la période d'évaluation est l'amélioration du cadre législatif contenu dans la LGFPN. Le projet de loi C-86, qui a reçu la sanction royale en décembre 2018, a clarifié et simplifié certaines dispositions de la LGFPN, et a élargi la portée du régime à un large éventail d'organisations autochtones et de communautés des Premières Nations. Au cours du processus d'élaboration de ces modifications législatives, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont été consultées par l'intermédiaire de RCAANC, mais n'ont pas été directement et pleinement intégrées au processus de rédaction législative.

En mars 2023, le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-45 visant à apporter de nouvelles modifications à la LGFPN. S'il est adopté, il élargira les mandats de la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN) et du Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN), en plus de créer l'IIPN. Là encore, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont été consultées pour formuler ces modifications, sans cependant participer directement au processus de rédaction des dispositions législatives.

Initiative de subvention sur 10 ans

En 2017, l'APN et SAC, en étroite collaboration avec le CGFPN, ont amorcé la mise en œuvre d'une initiative de nouvelles relations financières élaborée conjointement, qui prévoit l'octroi d'une subvention de 10 ans aux Premières Nations. En prolongeant la durée du financement offert, ces subventions permettent aux Premières Nations de procéder à une planification plus solide qui répond mieux à l'évolution des besoins de leurs communautés. Le CGFPN offre un vaste éventail de mesures de soutien aux Premières Nations intéressées par cette option, y compris le processus de confirmation de leur admissibilité, puisque les normes de gestion financière du CGFPN servent de critères d'admissibilité pour cette initiative.

Le budget fédéral de 2021 a ajouté un facteur d'indexation pour la subvention à compter de 2021-2022, qui est basé sur l'inflation et la population de chaque communauté participante, avec un minimum de deux pour cent (2 %) de croissance annuelle.

Au cours des entrevues, les représentants de SAC, de RCAANC et des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont souligné l'importance des subventions de 10 ans, qui illustrent ce que l'élaboration conjointe peut réaliser, et la façon dont ces types de subventions contribuent à créer un environnement fiscal plus stable, propice à une gestion financière réussie.

Mesures d’aide en réponse à la COVID-19

RCAANC, SAC, l'Administration financière des Premières Nations (AFPN), la CFPN et le CGFPN ont collaboré à l'évaluation des répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les économies autochtones et à l'élaboration d'options politiques visant à fournir un soutien pour atténuer ces répercussions. Entre autres, à la suite de l'énoncé économique de l'automne 2020, le CGFPN et la CFPN ont apporté un soutien opérationnel direct à SAC dans le cadre du financement de la subvention d'urgence en réponse à la COVID-19. En outre, les Premières Nations ayant contracté des prêts dans le cadre de la LGFPN ont pu bénéficier d'un allègement des intérêts afin de maintenir leur stabilité financière et de permettre une croissance continue en dépit des difficultés économiques liées à la pandémie.

Gestion des terres

Cadre législatif

Plusieurs initiatives mises en œuvre au cours de la période d'évaluation ont renforcé le cadre législatif relatif à la gestion des terres. Modifiée une première fois en 2018 pour, entre autres, inclure des dispositions relatives à l'ajout de terres de réserve pour les Premières Nations ayant un code foncier en vigueur, la LGTPN a été considérablement modifiée en décembre 2022 pour devenir la Loi sur l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres des Premières Nations (LACGTPN). Cette nouvelle loi répond à une demande de longue date de la part des Premières Nations signataires et du CCT qui souhaitaient que l'Accord-cadre devienne le document de base en matière de gestion des terres. La LACGTPN confirme que l'Accord-cadre a force de loi, est contraignant et qu'il prévaut en cas d'incohérence ou de conflit entre la Loi et l'Accord-cadre.

Comme dans le cas des modifications législatives apportées à la gestion financière, les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont été consultées lors de la rédaction de la loi, mais elles n'ont pas participé à son élaboration de la manière décrite à la sous-section 3.2.

Processus d’ajout de terres aux réserves (ATR)

Pendant des décennies, les ATR se sont avérés être un processus difficile que le Canada et les Premières Nations se sont efforcés d'améliorer. Les lacunes dans l'engagement complet des Premières Nations dans un processus d'élaboration globale conjointe ont encore compliqué la mise en place du cadre politique et législatif lié au processus d'ATR. La plus récente politique sur l'ajout de terres aux réserves, rédigée conjointement avec l'APN en 2016, a par la suite été critiquée par l'APN pour l'absence d'une mobilisation adéquate des Premières Nations. À la suite de l'adoption, en 2018, de la Loi sur l'ajout de terres aux réserves et la création de réserves, l'APN a adopté une résolution rejetant l'approche adoptée par le Canada en promulguant cette loi sans, encore une fois, la mobilisation appropriée qu'une approche d'élaboration conjointe aurait.

Un certain nombre de facteurs ont contribué à la complexité des ATR. En particulier, les constatations des entrevues et de l'examen des documents font état d'un manque de données adéquates sur les ATR, notamment du fait qu'il n'existe pas de données publiées sur le volume des demandes d'ATR en cours. Cependant, l'APN estime qu'il y a plus de 1 300 dossiers d'ATR actifs en cours d'examen. Par ailleurs, comme indiqué précédemment, le traitement des demandes d'ATR est en grande partie assuré par SAC, dans le cadre d'une délégation de pouvoir, tandis que l'approbation de chaque demande relève du ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Les nouveaux efforts visant à améliorer le processus d'ATR ont franchi une étape importante lorsque le Canada et l'APN ont convenu en 2019 d'établir une table technique conjointe APN‑terres fédérales faisant appel à l'APN, au Centre de ressources, à l'Association nationale des gestionnaires des terres autochtones, à RCAANC et à SAC. Pour soutenir davantage ces efforts, le gouvernement fédéral a annoncé, dans le cadre de son budget de 2021, une allocation de 43 millions de dollars sur 4 ans (à partir de 2021-2022) à SAC et à RCAANC pour travailler avec des partenaires autochtones et d'autres parties intéressées à la refonte du processus d'ATR dans le but, une fois de plus, d'en améliorer l'efficience. L'objectif est d'élaborer une nouvelle politique d'ici mars 2025 et de la mettre en œuvre par la suite.

Dans le même temps, le nombre de demandes d'ATR approuvées par an a régulièrement diminué au cours de la période couverte par l'évaluation, passant de 116 en 2017 à 36 en 2021 (voir la figure 4). Bien qu'un certain nombre de facteurs aient pu contribuer à cette tendance, les constatations tirées des entrevues indiquent que la pandémie de COVID‑19 a pu ralentir encore davantage les différentes étapes nécessaires à la réalisation d'une demande d'ATR.

Figure 4 : Nombre annuel de demandes d’ATR approuvées par an
Équivalent textuel pour Figure 4 : Nombre annuel de demandes d’ATR approuvées par an

La figure 4 montre le nombre d’ATR approuvés pour les années 2017 à 2021.

En 2017, le nombre d’ATR approuvés a été de 116.
En 2018, le nombre d’ATR approuvés a été de 66.
En 2019, le nombre d’ATR approuvés a été de 60.
En 2020, le nombre d’ATR approuvés a été de 51.
En 2021, le nombre d’ATR approuvés a été de 36.

En raison de ce ralentissement, le nombre total d'acres par an qui ont été restitués aux Premières Nations a également fortement diminué au cours de la période d'évaluation (voir la figure 5).

Figure 5 : Nombre total annuel d’acres restitués aux Premières Nations
Équivalent textuel pour Figure 5 : Nombre total annuel d’acres restitués aux Premières Nations

La figure 5 montre le nombre total d’acres restituées aux Premières Nations pour les années 2017 à 2021.

En 2017, le nombre d’acres restituées aux Premières Nations a été de 64 701.
En 2018, le nombre d’acres restituées aux Premières Nations a été de 85 200.
En 2019, le nombre d’acres restituées aux Premières Nations a été de 37 851.
En 2020, le nombre d’acres restituées aux Premières Nations a été de 20 900.
En 2021, le nombre d’acres restituées aux Premières Nations a été de 9 722.

Comme l'indiquent les données d'évaluation, le processus d'ATR a une grande portée et concerne un large éventail d'organisations, comme RCAANC, SAC, Ressources naturelles Canada, le ministère de la Justice, les Premières Nations et les autorités municipales. Le processus est considéré, de façon presque unanime par tous les intervenants clés, comme étant laborieux et inefficace. Par exemple, les Premières Nations doivent assumer le fardeau de consulter les municipalités et de négocier avec ces dernières, alors que les municipalités ont peu d'intérêt, voire aucun, à soutenir l'ATR. Dans ce contexte, la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC a apporté son soutien à ce processus par une restructuration de la politique et des activités de mobilisation dirigées par les Autochtones afin de réformer la politique d'ATR.

Efficience

Avec la combinaison d'une restructuration conduisant à la création de deux nouveaux ministères (RCAANC et SAC) et de la pandémie de COVID-19, une grande partie de la période couverte par l'évaluation a été marquée par la transition et les adaptations. L'analyse du degré d'efficacité du soutien apporté par la Direction générale s'est donc concentrée sur quatre aspects qui sont ressortis des constatations de l'évaluation et qui sont présentés dans les paragraphes suivants.

Niveau de ressources

Comme indiqué dans la sous-section 3.1, la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC a fonctionné avec des ressources internes limitées. Compte tenu de l'éventail des activités auxquelles la Direction générale a participé, du rythme auquel ces dossiers ont évolué et du nombre croissant de Premières Nations qui revendiquent leur autorité en matière de gestion des terres et de gestion financière, les constatations de l'évaluation soulèvent des questions quant à la viabilité de l'approche actuelle. Comme l'ont indiqué les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations lors des entrevues, les questions et les politiques liées à la gestion des terres et des finances sont, du fait de leur nature même, très complexes et techniques, et elles requièrent une expertise adéquate pour s'attaquer à la minutie de ces dossiers. Il est donc essentiel que la Direction générale puisse maintenir à la fois le niveau des ressources humaines nécessaires et l'éventail des compétences requises.

Les constatations de l'évaluation indiquent également que la distribution des rôles et des responsabilités entre RCAANC et SAC en ce qui concerne la gestion des terres en particulier continuera à nécessiter un suivi attentif et un affinement.

Processus de nomination

Conformément à la LGFPN, le gouvernement fédéral est responsable, par le biais de décrets du gouverneur en conseil pris sur recommandation du ministre des Relations Couronne-Autochtones, de la nomination du président et de la majorité des membres du conseil d'administration du CGFPN, ainsi que de la nomination du commissaire en chef et de la majorité des commissaires de la CFPN.

Il est essentiel de nommer des personnes qualifiées et compétentes pour pourvoir ces postes de direction afin que ces deux organisations puissent remplir leurs mandats respectifs de manière adéquate. Les constatations de l'évaluation indiquent que des retards importants ont parfois été enregistrés dans la nomination des personnes requises pour ces postes. En réponse, la Direction générale et les deux organisations ont collaboré à la création d'un bassin de candidats potentiels à ces postes. En fin de compte, c'est au gouvernement fédéral qu'il revient d'émettre ces décrets. Si cette question s'avérait être un défi durable, il a été suggéré d'envisager d'autres options pour nommer certains des postes actuellement couverts par le processus de nomination par le gouverneur en conseil.

Processus de modification du calendrier de la LGFPN

L'ajout d'une Première Nation au régime de la LGFPN nécessite une modification de l'annexe de la LGFPN, ce qui se fait par le biais d'un décret pris par le ministre des Relations Couronne-Autochtones. Au cours des entrevues, il a été noté que des retards sont parfois constatés dans l'achèvement du processus menant à l'émission de décret. Ces retards entravent la capacité d'une Première Nation qui a satisfait à toutes les exigences à bénéficier du régime de la LGFPN. Il est donc important d'améliorer la rapidité de ce processus, en particulier à la lumière de l'augmentation constante du nombre de Premières Nations qui s'engagent dans ce processus.

Processus de mesure

RCAANC rend compte chaque année de l'éventail des activités qu'il entreprend en matière de gestion financière et de gestion des terres des Premières Nations, y compris les activités entreprises par la Direction générale pour soutenir les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations. L'évaluation note que, tout au long de la période couverte par l'évaluation, RCAANC a utilisé un éventail d'indicateurs de rendement pour rendre compte de ce travail, y compris plusieurs indicateurs liés aux décisions prises par les Premières Nations, comme :

  • Pourcentage de Premières Nations adoptant des mesures de rechange à la Loi sur les Indiens;
  • Pourcentage de Premières Nations ayant obtenu la certification du SGF;
  • Pourcentage de Premières Nations disposant d'un régime d'imposition foncière;
  • Pourcentage de Premières Nations ayant adopté des règlements ou des lois sur l'administration financière;
  • Pourcentage de Premières Nations ayant établi un code foncier; et
  • Pourcentage de Premières Nations disposant des plans d'utilisation des terres.

Cette approche ne permet pas de mesurer le succès de manière précise ni significative. En particulier, les régimes offerts par l'Accord-cadre et la LGFPN sont des régimes facultatifs, et il appartient à chaque communauté des Premières Nations de déterminer dans quelle mesure elle souhaite s'en prévaloir. Par conséquent, le rendement de RCAANC ne devrait pas dépendre entièrement de la nature des décisions prises par les Premières Nations.

Comme le travail de la Direction générale est centré sur l'amélioration de la capacité des Premières Nations et des institutions et organisations dirigées par les Premières Nations à agir dans les domaines de la gestion des terres et des finances, il serait plus instructif d'avoir des indicateurs qui donnent un aperçu de la mesure dans laquelle les Premières Nations qui souhaitent s'engager dans les régimes de gestion des terres et des finances offerts par l'Accord-cadre et la LGFPN réussissent en fait à le faire, et de la mesure dans laquelle elles peuvent être confrontées à des obstacles systémiques dans le cadre de ce processus.

En fin de compte, les indicateurs de rendement utilisés pour contrôler le succès du soutien fourni par la Direction générale devraient être axés sur les activités entreprises par RCAANC et les gains d'efficience réalisés dans leur mise en œuvre.

4. Conclusions et recommandations

4.1 Conclusions

La Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance (DGIAMG) de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations ont collaboré à la mise en place et à l'amélioration du cadre législatif et politique qui permettent aux Premières Nations de recouvrer leur autorité sur la gestion des terres et des finances. Ce travail soutient directement les efforts de réconciliation et la mise en œuvre complète de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

L'évaluation a permis de déterminer dans quelle mesure la Direction générale est capable de remplir son mandat, en particulier en ce qui concerne le soutien qu'elle apporte aux institutions et aux organisations qui travaillent directement avec les Premières Nations dans le contexte de l'Accord-cadre et de la Loi sur la gestion financière des Premières Nations (LGFPN). Les constatations de l'évaluation confirment que des progrès significatifs ont été réalisés au cours de la période d'évaluation, en particulier dans l'établissement d'une relation constructive entre la Direction générale et les institutions et organisations dirigées par les Premières Nations, qui est basée sur la confiance et une vision commune, comme le reflète la DNUDPA. Des progrès ont également été réalisés dans le renforcement des cadres législatifs et politiques liés à la gestion des terres et des finances.

Malgré ces progrès, l'évaluation a également cerné les défis permanents liés à la complexité de ces activités, à l'éventail des partenaires mobilisés et aux limites de la capacité organisationnelle de la Direction générale. Par ailleurs, la mise en place de deux nouveaux ministères, combinée à la pandémie de COVID-19, a obligé tous les partenaires à faire avancer leurs priorités respectives dans un environnement marqué par la transition et les incertitudes.

4.2 Recommandations

En se fondant sur les constatations et les conclusions de l'évaluation, il est recommandé que RCAANC :

  1. En collaboration avec Services aux Autochtones Canada (SAC), renforce la structure de financement actuelle utilisée pour soutenir les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations qui s'occupent de la gestion des terres et des finances, en vue de fournir un financement continu, prévisible et à long terme qui reflète la nature permanente de leurs mandats;
  2. Veille à ce que les capacités soient suffisantes au sein de la Direction générale des institutions autochtones et de la modernisation de la gouvernance de RCAANC afin que toutes les activités et tous les projets de collaboration qu'elle entreprend en partenariat avec les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations puissent progresser de manière efficiente;
  3. Mobilise d'autres ministères et organismes fédéraux pour soutenir un certain nombre d'actions prioritaires cernées dans l'évaluation, notamment :
    1. en collaborant avec le ministère des Finances du Canada pour élaborer, avec les institutions et les organisations dirigées par les Premières Nations, un processus continu visant à aborder particulièrement les mesures fiscales nécessaires pour soutenir la mise en œuvre de la DNUDPA;
    2. en collaborer avec les organismes centraux et le ministère de la Justice du Canada pour établir un processus de développement législatif qui reflète adéquatement la DNUDPA en assurant la consultation et la coopération appropriées, à toutes les étapes du processus, de l’ensemble des lois et règlements qui auront des répercussions directes sur les terres et les pouvoirs financiers des Premières Nations;
    3. en collaborant avec les partenaires autochtones (incluant les Premières Nations, l'Assemblée des Premières Nations (APN), le conseil consultatif des terres (CCT), le Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations (CR)) et SAC afin d'améliorer le processus d'ajout de terres aux réserves (ATR);
    4. en examinant le processus actuel de nomination des membres de la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN) et du Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN) afin de s'assurer qu'aucun poste ne reste vacant pendant une période prolongée; et
    5. en améliorant le processus actuel utilisé pour ajouter les Premières Nations au calendrier de la LGFPN, afin d'éviter tout retard une fois que toutes les exigences préalables ont été satisfaites.

Annexe A : Modèle logique

Exercice de la compétence des Premières Nations sur les terres et la gestion financière
Équivalent textuel pour Exercice de la compétence des Premières Nations sur les terres et la gestion financière

L’annexe 1 est un modèle logique qui montre les liens entre les activités, les extrants et les résultats de la compétence des Premières Nations en matière de gestion foncière et fiscale. Il y a deux activités principales.

  1. La première activité consiste à « appuyer la mise en œuvre et l’amélioration des cadres institutionnels, législatifs et réglementaires qui renforcent la capacité de gouvernance des Premières Nations, y compris le contrôle de leurs terres, et leur confèrent une compétence en matière de gestion fiscale et financière en dehors de la Loi sur les Indiens (LGFPN) ».
  2. La deuxième activité consiste à « appuyer les partenariats et l’établissement de relations avec les groupes autochtones, y compris les organisations autochtones (p. ex., Assemblée des Premières Nations (APN), Conseil consultatif des terres (CCT), ANGTA, LGTPN) et les institutions autochtones ».

Les deux activités sont liées à un certain nombre d’extrants : Propositions de programmes, de politiques et de budgets; Ententes de financement; Élaboration conjointe de lois, de politiques et de règlements; Modification ou introduction de lois et de règlements (p. ex., LGTPN, LATRCR); Recommandations du ministre et du gouverneur en conseil; Séances de mobilisation; Partenariats; Coordination intersectorielle et interministérielle; Séances d’information; Formation; Ajouts aux réserves/créations de réserves en vertu de la LATRCR et de la LGTPN.

Les extrants sont liés à trois résultats immédiats.

  1. Le premier résultat immédiat est : « Les partenaires autochtones sont davantage en mesure de participer au dialogue sur les politiques avec RCAANC concernant les ajouts aux réserves ».
  2. Le deuxième résultat immédiat est « Les Premières Nations connaissent les solutions de rechange à la Loi sur les Indiens ».
  3. Le troisième résultat immédiat est : « Les partenaires et institutions autochtones ont la capacité d’appuyer les Premières Nations dans la gestion des terres et des finances et dans d’autres domaines connexes ».

Les résultats immédiats sont liés à trois résultats intermédiaires.

  1. Le premier résultat immédiat est lié au premier résultat intermédiaire : « Des terres sont ajoutées à des réserves nouvelles ou existantes ».
  2. Le deuxième résultat immédiat est lié au deuxième résultat intermédiaire : « Les Premières Nations ont opté pour une solution de rechange à la Loi sur les Indiens (LGFPN et LGTPN) ».
  3. Le troisième résultat immédiat est lié au troisième résultat intermédiaire : « Les Premières Nations ont accès à des ressources et à des outils pour renforcer leur capacité de gouvernance et de gestion des terres ».

Les résultats intermédiaires sont liés à deux résultats finaux :

  1. Le premier résultat intermédiaire est lié au premier résultat final « Les injustices passées sont reconnues et résolues ».
  2. Les deuxième et troisième résultats intermédiaire sont liés au deuxième résultat final « Les peuples autochtones font progresser leurs institutions et leurs régimes de gouvernance ».

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