Rapport sur les faits saillants 2025-2026 : Familles et survivantes
Sur cette page
Introduction
La contribution du National Family and Survivors Circle Inc. (NFSCI, anciennement le National Family and Survivors Circle) au Plan d'action national de 2021, La voie à suivre : réclamer notre pouvoir et notre place (PDF) (non disponsible en français), a défini un ensemble de mesures nécessitant une action fédérale immédiate et proposé, pour chacune d'elles, un ensemble correspondant d'appels à la justice. Le NFSCI a réparti ces mesures et les appels à la justice connexes entre un ensemble fondamental et quatre ensembles relevant de grands domaines de droits :
- Culture
- Santé et mieux-être
- Sécurité humaine
- Justice
Le présent rapport sur les faits saillants répond précisément à l'appel du NFSCI demandant au gouvernement fédéral de produire et de publier des rapports qui tiennent compte des familles et des survivantes dans les travaux visant à lutter contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Le rapport sur les faits saillants : Familles et survivantes illustre les efforts déployés par les ministères et les organismes à l'égard de ces mesures prioritaires que le NFSCI a désignées comme nécessitant une action immédiate.
Appels à la justice fondamentaux
Le NFSCI a déterminé sept mesures pour le gouvernement fédéral liées aux appels à la justice fondamentaux. En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans l'ensemble de ces domaines fondamentaux, en particulier grâce à des réformes législatives et stratégiques fondées sur les distinctions, à une prestation de services et à une gouvernance dirigées par des Autochtones, à des efforts visant à renforcer la surveillance et les données, ainsi qu'à des investissements destinés à réduire les obstacles structurels auxquels font face les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
En 2025-2026, le gouvernement fédéral a progressé en continuant de mettre en place des structures fondées sur les droits visant à améliorer la sécurité, l'accès, la représentation et le soutien pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Par exemple, les efforts de Services aux Autochtones Canada (SAC) pour réformer les services à l'enfance et à la famille au moyen de la mise en œuvre de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont mené à 15 accords signés (14 avec des Premières Nations et un avec un corps dirigeant inuit), tandis que 23 tables de discussion sur des accords de coordination demeurent actives. Ces travaux visent à favoriser une meilleure reconnaissance des droits, des lois et de la compétence autochtones, de même qu'une mise en œuvre guidée par les partenaires et les communautés autochtones. Les travaux de SAC en matière de services à l'enfance et à la famille ont aussi contribué à remédier à des iniquités législatives et stratégiques de longue date touchant les enfants et les familles autochtones.
Des progrès importants ont également été signalés grâce à des initiatives de financement et de services conçues pour répondre à des préjudices urgents et à une exclusion persistante. Le Programme pour la prévention de la violence familiale, administré par SAC, a soutenu plus de 400 projets communautaires de prévention de la violence partout au Canada, y compris notamment des activités de sensibilisation et de diffusion publique, des ateliers, des groupes de soutien, des séminaires sur la gestion du stress et de la colère, ainsi que des programmes axés sur le territoire et les savoirs autochtones. Des organisations comme Circling Buffalo, Three Eagle Wellness Society et l'Ottawa Aboriginal Coalition ont mené diverses initiatives publiques pour sensibiliser à la violence familiale et aux efforts de prévention. Le Tunngasugit Inuit Resource Centre a dirigé une série d'ateliers culturellement pertinents visant à lutter contre la violence familiale chez les Inuit. Collectivement, ces efforts contribuent à réduire les risques immédiats pour la sécurité, à améliorer l'accès aux soutiens et à renforcer la capacité communautaire de répondre à la violence et à la marginalisation systémique.
Le gouvernement fédéral a aussi progressé en créant des voies plus formelles permettant aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones de participer aux décisions qui ont une incidence sur leur vie. Administrée par Femmes et Égalité des genres Canada, l'initiative Accroître la capacité des organisations de femmes autochtones et de personnes 2ELGBTQI+ autochtones a fourni du financement à des organisations autochtones comme Infinity Women Secretariat Inc. et AnânauKatiget Tumingit Regional Inuit Women's Association Inc. pour le développement du leadership, la représentation et des conseils stratégiques éclairés par les communautés. En outre, grâce aux accords sur l'administration de la justice, à la Stratégie de justice autochtone et au financement d'organisations fondé sur les distinctions, l'action fédérale appuie une plus grande participation autochtone à la gouvernance, à la défense des intérêts, à la mobilisation stratégique et à la conception des services. Grâce à ces initiatives, les organisations de femmes autochtones et de personnes 2ELGBTQI+ ont renforcé leur capacité d'intervenir et de préconiser des mesures visant à prévenir et à contrer la violence fondée sur le sexe, d'une manière éclairée par leurs priorités et par les personnes qu'elles représentent.
De plus, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans la réduction des obstacles de compétence et l'amélioration de la coordination entre les systèmes. Par exemple, les Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles de Justice Canada offrent des services qui aident les familles et les survivantes à s'orienter dans un système de justice fragmenté et complexe, qui a trop souvent entraîné négligence, retards et retraumatisation. Le Plan d'action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, administré par Femmes et Égalité des genres Canada et comportant un pilier axé sur les Autochtones, vise à renforcer les approches et stratégies fédérales-provinciales-territoriales existantes pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe. La mise en œuvre d'ententes est en cours partout au pays en ce qui concerne des initiatives de gouvernance et de services connexes. Même si ces efforts n'éliminent pas entièrement les écarts de compétence, ils représentent des mesures concrètes vers des réponses plus coordonnées, culturellement pertinentes et centrées sur les survivantes.
Culture
Le NFSCI a déterminé trois mesures pour le gouvernement fédéral liées à la culture. Ces mesures reflètent le fait que la continuité culturelle, la représentation, la langue et l'identité ne sont pas des questions secondaires, mais bien des conditions fondamentales de sécurité, de dignité, de guérison et de justice pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans l'ensemble de ces domaines grâce à un financement culturel dirigé par des Autochtones, à des initiatives de revitalisation des langues, à des soutiens en matière de médias et de radiodiffusion, à une éducation et à un apprentissage ancrés dans la culture, ainsi qu'à des mesures de lutte contre le racisme et la haine.
En 2025-2026, le financement fédéral a soutenu des efforts visant à protéger les langues et à préserver les savoirs culturels grâce à la revitalisation, à la numérisation d'histoires orales, à la radiodiffusion en langues autochtones, au rapatriement et à des projets patrimoniaux dirigés par les communautés. Par exemple, en 2025-2026, le volet Patrimoine autochtone du Programme d'aide aux musées, administré par Patrimoine canadien, a financé 10 nouveaux projets dirigés par des Autochtones qui soutenaient la rematriation et le rapatriement de biens culturels autochtones vers leurs communautés. Ces travaux favorisent la sauvegarde immédiate des enseignements, des récits et des objets autochtones qui sont essentiels à l'identité, au sentiment d'appartenance et à la continuité intergénérationnelle.
Le gouvernement fédéral a également soutenu l'accès à la culture et au sentiment d'appartenance grâce à l'éducation, à l'apprentissage de la petite enfance et à des services culturellement ancrés. L'initiative de transformation de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants autochtones, administrée par Emploi et Développement social Canada, a été codéveloppée avec des partenaires et des organisations autochtones. Les programmes offerts dans le cadre de cette initiative en 2025-2026 comprennent notamment les programmes d'aide préscolaire aux Autochtones et l'Initiative de garde d'enfants des Premières Nations et des Inuit. Le financement linguistique fondé sur les distinctions, l'apprentissage et la garde des jeunes enfants dirigés par les Premières Nations, les Inuit et les Métis, la programmation éducative enracinée dans la culture et l'apprentissage axé sur le territoire contribuent à créer des voies plus durables et communautaires permettant aux enfants, aux jeunes, aux familles et aux communautés autochtones d'accéder aux langues, aux enseignements, aux histoires et aux savoirs culturels. Ces travaux soutiennent la continuité culturelle ainsi que des environnements plus sûrs et plus valorisants pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
Le Programme des langues autochtones de Patrimoine canadien appuie des projets et des initiatives communautaires en matière de langues, comme des programmes d'immersion et de mentorat. Du financement a été fourni à Nunavut Tunngavik Incorporated, à l'Inuvialuit Regional Corporation, à Makivik Corporation et au gouvernement du Nunatsiavut afin de faire progresser des stratégies autodéterminées renforçant l'accès à l'inuktut et son utilisation dans l'Inuit Nunangat. Dans les contextes inuit, l'appui fédéral à la revitalisation de l'inuktut, à l'accessibilité des services en inuktut, à la formation des éducatrices et éducateurs et à la numérisation dirigée par les Inuit renforce l'accès à la langue, le contrôle communautaire et la transmission intergénérationnelle des savoirs. En 2025-2026, le financement du Programme des langues autochtones a aussi soutenu la mise en œuvre de stratégies de revitalisation linguistique de Nations métisses, y compris la prestation de services urbains culturellement appropriés, de soutiens en santé enracinés dans la culture, la numérisation des langues et des histoires métisses ainsi qu'une représentation plus juste des Métis dans les produits d'apprentissage fédéraux. Cela contribue à une meilleure visibilité, à un plus grand sentiment d'appartenance et à un accès plus pertinent sur le plan culturel aux services et à l'information.
Des progrès ont aussi été signalés en matière de lutte contre le racisme, le sexisme, l'homophobie et la transphobie grâce à des stratégies fédérales plus larges et à des initiatives ciblées dirigées par des Autochtones. Par exemple, la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme et le Plan d'action canadien de lutte contre la haine ont contribué à établir un cadre plus général de politiques publiques et d'éducation du public pour s'attaquer à la discrimination systémique, tandis que le Fonds Changer les récits et le Bureau de l'écran autochtone, administrés par Patrimoine canadien, permettent aux peuples autochtones de raconter leurs propres histoires de manière à remettre en cause les stéréotypes et à élargir la compréhension du public. Le financement accordé par RCAANC aux organisations de femmes autochtones et de personnes 2ELGBTQI+, ainsi que l'initiative Positive Space de la GRC, ont aussi contribué à des environnements plus inclusifs, à une sensibilisation institutionnelle accrue et à un soutien renforcé au leadership, à la défense des intérêts et aux changements systémiques pour les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
Santé et mieux-être
Le NFSCI a déterminé cinq mesures pour le gouvernement fédéral liées à la santé et au mieux-être. Ces priorités reflètent le fait que la santé et le mieux-être sont profondément liés à la sécurité, à la culture, à l'intégrité familiale et à l'absence de racisme et de préjudices coloniaux. En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans l'ensemble de ces domaines grâce à la prestation de services dirigée par des Autochtones, à un financement de santé fondé sur les distinctions, à des initiatives de lutte contre le racisme dans les systèmes de santé, à des soutiens en mieux-être mental et en matière de consommation de substances, à des services centrés sur l'enfant et la famille et à des programmes communautaires de guérison. En 2025-2026, le gouvernement fédéral a aussi déclaré des progrès importants dans l'élargissement des soutiens communautaires et culturellement ancrés en matière de santé et de mieux-être pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Les initiatives fédérales ont appuyé le mieux-être mental dirigé par des Autochtones, le traitement de la consommation de substances, la réduction des méfaits, la santé sexuelle et reproductive, les services de sages-femmes, de doulas et de soutien à la naissance, la défense des intérêts des patientes et patients, ainsi qu'une navigation culturellement sécuritaire. Ces investissements améliorent l'accès immédiat à des soins tenant compte des traumatismes, conçus par les communautés et mieux adaptés aux réalités vécues par les personnes confrontées au racisme, aux barrières géographiques, à la rupture familiale, aux méfaits liés à la consommation de substances ou à un accès limité à des services culturellement sécuritaires.
Des progrès importants ont également été signalés pour les enfants, les familles et les survivantes vivant avec les répercussions de la violence, du deuil et des traumatismes intergénérationnels. Grâce à la ligne de crise sur les FFADA2E+ du Programme de mieux-être mental de SAC et au soutien de RCAANC au bien-être des familles et des survivantes, les organisations autochtones ont continué d'offrir des cercles de guérison, des soutiens culturels, des services d'intervention de crise, des célébrations de la vie, des services de navigation et d'autres activités communautaires de guérison. Le Programme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations et le principe de Jordan sont également demeurés des mécanismes importants pour réduire les écarts de services, appuyer des soins axés sur la famille et la communauté et veiller à ce que les enfants puissent accéder aux soutiens en santé, en services sociaux et en éducation dont ils ont besoin sans subir davantage de préjudices en raison de différends de compétence.
Au Nunavut, le gouvernement fédéral a signalé des approches plus coordonnées et davantage centrées sur l'enfant grâce à la collaboration de la GRC avec les équipes de mieux-être de l'enfant et au modèle du Umingmak Child Advocacy Centre. Le protocole d'entente de cinq ans conclu avec le ministère des Services à la famille du Nunavut, le Plan d'action contre les abus sexuels envers les enfants, la capacité mobile d'intervention interdisciplinaire ainsi que le renforcement du partage d'information et de la formation visent à réduire la retraumatisation tout en améliorant l'accès au counseling, aux soins médicaux, à la défense des intérêts et aux soutiens globaux pour les enfants inuit et les familles touchés par les abus. Ces travaux reflètent l'importance de réponses intégrées, tenant compte des traumatismes et culturellement appropriées dans les contextes nordiques et éloignés.
Le gouvernement fédéral a aussi déclaré des progrès dans l'amélioration de la reddition de comptes et de la représentation au sein des systèmes de santé traditionnels. Grâce aux travaux de SAC sur le racisme envers les Autochtones dans les systèmes de santé et au Cercle national pour la formation médicale autochtone, les progrès comprennent de la formation culturellement sécuritaire, le développement de la main-d'œuvre, le leadership professoral autochtone, l'appui aux parcours en pratique sage-femme et en accompagnement à la naissance autochtones, ainsi que des initiatives visant à améliorer le recrutement et le maintien en poste des Autochtones dans les professions de la santé. Ces mesures contribuent à répondre aux obstacles persistants dans les systèmes traditionnels et à soutenir des soins plus dignes et culturellement ancrés pour les patientes, les patients et les familles autochtones.
Sécurité humaine
Le NFSCI a déterminé sept mesures pour le gouvernement fédéral liées à la sécurité humaine. Ces priorités reflètent le fait que la sécurité humaine dépend non seulement de la protection contre les préjudices immédiats, mais aussi de l'accès au logement, à l'alimentation, aux infrastructures, à l'éducation, au revenu, à la mobilité, à l'unité familiale et à des services contrôlés par les communautés. En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans plusieurs de ces domaines grâce à des initiatives en matière de logement et d'itinérance, à des programmes de prévention de la violence, à des soutiens à l'éducation et à l'emploi fondés sur les distinctions, à des investissements en transport, à la réforme des services à l'enfance et à la famille, et à des travaux émergents visant à répondre aux risques liés aux grands projets de développement.
En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès significatifs pour répondre aux conditions immédiates qui influent sur la sécurité, la stabilité et le mieux-être des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Les subventions de soutien aux chasseurs et le Fonds des programmes alimentaires communautaires de RCAANC soutiennent un large éventail d'initiatives de chasse et de récolte qui ont aidé plus de 15 000 récoltants traditionnels, au moyen d'activités mises en œuvre dans plus de 112 communautés éloignées, en partenariat avec 24 gouvernements et organisations autochtones. Les investissements fédéraux dans l'Initiative de maisons d'hébergement et de logements de transition pour les Autochtones, administrée conjointement par la Société canadienne d'hypothèques et de logement et SAC, ont financé la construction de 38 nouveaux refuges et de 42 logements de transition dans des régions urbaines, rurales et nordiques du Canada. Les investissements dans le logement, les refuges, les infrastructures, l'alimentation et l'eau douce sont particulièrement importants dans ce contexte, puisque l'insuffisance du logement, le surpeuplement, l'itinérance, l'insécurité alimentaire et la faiblesse des infrastructures peuvent accroître la vulnérabilité à la violence, à l'exploitation et à la rupture familiale. Collectivement, ces initiatives contribuent à réduire les obstacles immédiats en soutenant des refuges, des logements de transition, la prévention de la violence, des services de navigation, des activités de proximité et des espaces de services plus sûrs pour les femmes, les filles, les familles, les survivantes et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
Des progrès importants ont aussi été signalés pour les Autochtones fuyant la violence, vivant l'itinérance ou faisant face à l'exclusion socioéconomique en milieu urbain. En 2025-2026, le programme Prévenir et contrer la violence familiale de l'Agence de la santé publique du Canada a financé des projets qui préviennent la violence familiale et en réduisent les effets sur la santé, rejoignant plus de 1 270 enfants, jeunes et familles autochtones ainsi que des prestataires de services partout au Canada, en leur fournissant des outils et en favorisant des relations sûres et bienveillantes.
Le gouvernement fédéral a également déclaré des progrès en matière de prévention et de renforcement du pouvoir d'agir grâce à l'éducation, à l'emploi, au soutien du revenu et au développement des compétences. En 2025-2026, des femmes des Premières Nations (13 981), des femmes inuit (925), des femmes métisses (5 343) ainsi que des partenaires urbains et non affiliés (3 389) ont bénéficié du Programme de formation pour les compétences et l'emploi destiné aux Autochtones d'Emploi et Développement social Canada; certaines ont trouvé un emploi, tandis que d'autres sont retournées aux études ou à une autre formation. D'autres initiatives fédérales complémentaires, comme les stratégies d'éducation postsecondaire fondées sur les distinctions, l'initiative Entrepreneuriat des femmes autochtones et les soutiens globaux connexes, sont importantes parce qu'elles contribuent à atténuer certaines des pressions économiques pouvant accroître la vulnérabilité, notamment la pauvreté, l'insécurité en matière de logement, la dépendance et les obstacles à l'emploi.
De nouveaux progrès ont été signalés dans les services à l'enfance et à la famille. L'Initiative pour les enfants inuit d'abord, le Programme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations et la mise en œuvre de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont continué de soutenir des approches plus culturellement ancrées et non discriminatoires du mieux-être des enfants. Ces initiatives visent à réduire la séparation des familles liée à la pauvreté et aux conditions socioéconomiques, à renforcer les liens de parenté et la continuité culturelle, à soutenir les jeunes qui quittent la prise en charge et à créer des voies permettant aux communautés autochtones de concevoir et d'offrir leurs propres modèles de services à l'enfance et à la famille.
Des progrès concrets ont également été signalés dans des domaines liés à la mobilité et au développement des ressources. Les investissements dans le transport ferroviaire à destination des régions éloignées améliorent l'accès aux services essentiels et réduisent la dépendance à des options de déplacement non sécuritaires pouvant accroître les risques de violence, de traite de la personne et d'exploitation. Parallèlement, Ressources naturelles Canada continue d'assurer la coordination avec des partenaires autochtones et fédéraux afin d'améliorer les dimensions de sécurité des grands projets, particulièrement en ce qui concerne l'afflux de travailleurs non locaux et non régionaux. Par ce travail, le gouvernement fédéral commence à répondre à des préoccupations de longue date quant aux préjudices que les grands projets et le développement des ressources peuvent causer aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
Justice
Le NFSCI a déterminé huit mesures pour le gouvernement fédéral liées à la justice. Ces priorités reflètent le fait que la réforme de la justice doit dépasser les simples changements procéduraux pour s'attaquer à la discrimination systémique, aux besoins des familles et des survivantes, aux traditions juridiques autochtones et aux préjudices continus causés par les systèmes coloniaux de police, de tribunaux et de services correctionnels. En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans plusieurs de ces domaines grâce à la Stratégie de justice autochtone, à des programmes de sécurité communautaire et de justice dirigés par des Autochtones, à la mise en œuvre des principes Gladue, au soutien aux victimes et aux familles, aux réformes en matière de services policiers et d'enquête, ainsi qu'à des initiatives correctionnelles.
En 2025-2026, le gouvernement fédéral a déclaré des progrès dans le renforcement de réponses en matière de justice plus culturellement ancrées, tenant compte des traumatismes et dirigées par des Autochtones. La publication de la Stratégie de justice autochtone, dirigée par le ministère de la Justice Canada, a marqué une étape importante dans l'établissement d'une orientation fédérale codéveloppée et fondée sur les distinctions pour la réforme de la justice. Son accent sur des approches autochtones et culturellement sécuritaires, sur une mise en œuvre graduelle et sur l'établissement de priorités régionales témoigne d'un mouvement vers un système de justice davantage sensible aux lois, aux traditions, aux expériences et aux priorités définies par les communautés autochtones.
Des progrès ont également été signalés en matière de sécurité communautaire et de services policiers. Les investissements de SAC dans l'initiative Voies vers des communautés autochtones sûres ont financé en 2025-2026 57 projets visant à renforcer la sécurité communautaire et le mieux-être au sein d'organisations et de communautés autochtones (30 Premières Nations, 9 Inuit, 7 Métis et 11 organisations autochtones en milieu urbain). Avec les programmes de services policiers autochtones, le financement des infrastructures et les initiatives de prévention, ces mesures contribuent collectivement à des réponses plus sûres et davantage ancrées dans les communautés. Elles sont importantes parce qu'elles reconnaissent que la sécurité ne peut être assurée par les services policiers seuls et que les communautés autochtones ont besoin d'approches autodéterminées et culturellement ancrées qui comprennent la prévention, les soutiens en santé mentale, les savoirs traditionnels et la planification communautaire de la sécurité.
Dans le domaine de la responsabilisation policière, des enquêtes et de la réponse aux familles, le gouvernement fédéral a déclaré un éventail de mesures concrètes visant à améliorer la cohérence, la communication et la confiance du public. En 2025-2026, la GRC a poursuivi l'élaboration de profils communautaires fondés sur les distinctions et propres à chaque collectivité, en collaboration avec des communautés autochtones, afin d'offrir des services policiers culturellement adaptés et d'appuyer l'accueil dans les détachements. La GRC a également poursuivi ses travaux sur la coordination nationale concernant les personnes disparues et les restes non identifiés, sur la surveillance centralisée des enquêtes, sur l'analyse nationale des liens entre les crimes et sur la publication de guides destinés aux familles de victimes d'homicide et de personnes disparues. Globalement, ces efforts visent à corriger des lacunes de longue date qui ont laissé des familles autochtones sans information en temps opportun ni réponse publique efficace lorsque des proches disparaissent. Ces mesures contribuent à améliorer la transparence, l'intervention d'urgence et la communication axée sur les familles.
Cette année, des progrès ont également été signalés pour les familles, les survivantes et les victimes qui s'orientent dans le système de justice. En 2025-2026, l'initiative Soutien aux victimes d'actes criminels, dirigée par le ministère de la Justice Canada, a continué de financer 44 organisations autochtones afin d'améliorer l'accès, à l'échelle communautaire, à des services et à des soutiens dirigés par des Autochtones, culturellement sécuritaires et centrés sur les survivantes, pour les Autochtones qui sont victimes et survivantes d'actes criminels. Cette initiative est complétée par des initiatives fédérales comme l'initiative Soutien communautaire et guérison pour les familles, qui permet à des organisations autochtones de concevoir et de mettre en œuvre des programmes et des initiatives destinés à aider les familles de proches disparus ou assassinés à composer avec le deuil et le traumatisme de leur perte. En 2025-2026, le financement continu a soutenu 27 projets dirigés par des Autochtones partout au pays, dont 12 projets propres aux Premières Nations ou dirigés par elles, 2 projets métis, 1 projet inuit et 12 projets pan-autochtones. En outre, le ministère de la Justice Canada a lancé une communauté de pratique pour mettre en relation les projets financés, favoriser l'apprentissage partagé et renforcer les bonnes pratiques de soutien aux familles. De plus, le Programme pour la prévention de la violence familiale a continué de permettre à des organisations autochtones de fournir des cercles de guérison, de la guérison axée sur le territoire, du counseling avec des Aînés, du soutien émotionnel, des services de défense des intérêts pour les enfants, un logement sécuritaire et d'autres soutiens globaux. Ces initiatives sont particulièrement importantes parce qu'elles répondent aux besoins des familles et des survivantes non seulement comme participantes aux processus de justice, mais aussi comme personnes vivant avec le deuil, les traumatismes, la violence et des préjudices de longue durée.
Le gouvernement fédéral a aussi déclaré des progrès concrets dans l'élargissement de pratiques de justice dirigées par des Autochtones et d'options culturellement pertinentes de remplacement à l'incarcération. Les programmes de justice communautaire, les rapports Gladue, le suivi Gladue, la déjudiciarisation, la justice réparatrice, la médiation, les soutiens à la réinsertion et les services de justice communautaire contribuent tous à réduire le recours aux systèmes traditionnels qui ont trop souvent criminalisé et laissé tomber les Autochtones. En 2025-2026, le Service correctionnel du Canada a continué de faire progresser la Stratégie holistique inuite Anijaarniq, qui oriente son approche des services correctionnels destinés aux Inuit par la guérison, la réinsertion et le renforcement des liens culturels. Le Service correctionnel du Canada a également installé 11 scanneurs corporels opérationnels dans des établissements fédéraux, dont trois dans des établissements pour délinquantes, afin d'offrir des pratiques correctionnelles plus humaines et tenant compte des traumatismes. Dans les contextes correctionnels, la programmation fondée sur les distinctions pour les femmes autochtones, les stratégies propres aux Inuit, le financement de la réinsertion communautaire, le soutien aux pavillons de ressourcement et la recherche sur les personnes détenues de diverses identités de genre contribuent également à des soutiens plus culturellement pertinents et tenant compte des traumatismes pour les personnes en détention et lors de leur mise en liberté.
Progrès vers un changement systémique transformationnel
Au-delà des mesures immédiates et de la prestation de services, les progrès fédéraux de 2025-2026 pointent vers un changement systémique à plus long terme dans les domaines de la gouvernance, de la culture, de la santé, de la sécurité humaine et de la justice. Parmi les principaux exemples figurent la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones; de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis; de la Stratégie de justice autochtone; la prestation de financement et de services fondés sur les distinctions et dirigés par des Autochtones; les initiatives linguistiques et culturelles autochtones; la transformation des systèmes de santé; les modèles communautaires de justice, de sécurité, de logement et de guérison; ainsi que le renforcement des fonctions de données, de coordination et de surveillance par l'entremise du Secrétariat des FFADA2E+. Ensemble, ces mesures reflètent un mouvement graduel d'abandon de modèles fédéraux imposés au profit de systèmes dirigés par des Autochtones, culturellement ancrés et fondés sur les distinctions, qui soutiennent mieux la sécurité, l'autodétermination, la reddition de comptes et la continuité culturelle des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
En même temps, beaucoup de travail reste à faire. Bien que d'importants fondements du changement soient en train d'être posés, les conditions structurelles plus profondes mises en évidence par le National Family and Survivors Circle Inc., notamment la discrimination systémique, la marginalisation socioéconomique, les lacunes en matière de services et la reddition de comptes, exigeront des mesures et des investissements soutenus à tous les niveaux, ainsi que la poursuite de l'avancement de solutions dirigées par des Autochtones.