Audit du programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs
Rapport d'audit interne
Préparé par la Direction générale des services de vérification et d'assurance
20 novembre 2025
Table des matières
- Acronymes
- Résumé
- 1. Contexte
- 2. À propos de l'audit
- 3. Principales constatations et recommandations
- 3.1 Mécanismes de gouvernance, de surveillance et d'évaluation des risques appuyant les négociations relatives aux traités modernes
- 3.2 Risques liés à la gestion des relations et des attentes
- 3.3 Risques liés au suivi de la charge de travail, à l'affectation des ressources et au renforcement des capacités
- 4. Conclusion
- 5. Plan d'action de la direction
- Annexe A : Critères d'audit
Acronymes
- CAR
- Cadre d'affectation des ressources
- CDF
- Comité directeur fédéral
- CGT
- Cadre de gestion des tables
- CEMF
- Cadre d'établissement des mandats financiers
- DPS
- Direction des politiques stratégiques
- MC
- Mémoire au Cabinet
- PFCAG
- Politique financière collaborative sur l'autonomie gouvernementale
- RCAANC
- Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
- RDAA
- Reconnaissance des droits autochtones et autodétermination
- SAP
- Systèmes, applications et produits
- SIBR
- Système d'information basé sur les résultats
- TGA
- Traités et gouvernement autochtone
Résumé
Le programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs joue un rôle crucial dans l'avancement de la réconciliation en soutenant les négociations de traités et d'ententes qui reconnaissent les droits des peuples autochtones, en donnant suite aux revendications territoriales et en faisant progresser l'autodétermination. Administré par le Secteur des traités et du gouvernement autochtone (TGA) de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), le programme est conçu pour favoriser des relations axées sur la collaboration et la confiance avec les partenaires autochtones et fournir la gouvernance, les ressources et les outils nécessaires lors de négociations complexes entre de nombreux gouvernements et intervenants.
Cet audit a été réalisé dans le cadre du Plan d'audit axé sur les risques de 2024‑2025 à 2025‑2026 de RCAANC.
L'objectif était d'évaluer l'efficacité des pratiques de gouvernance, de gestion des risques, de mobilisation des Autochtones et d'affectation des ressources dans le cadre des négociations. L'audit a porté sur les activités menées du 1er avril 2021 au 31 mars 2025, et a été réalisé au moyen d'un éventail de méthodes, notamment l'examen de documents, des entrevues avec les principaux intervenants et la mise à l'essai des processus de gouvernance et de surveillance des ressources dans l'ensemble des tables de négociation.
Principales constatations :
L'audit a permis de constater que RCAANC a établi un cadre de gouvernance fondamental comprenant des comités officiels, des outils de gestion des risques et des mécanismes de surveillance financière qui harmonisent les mandats de négociation avec les priorités de réconciliation. Des initiatives comme la stratégie d'apprentissage sur les TGA et l'élaboration de trousses d'outils sur les procédures démontrent des progrès dans le renforcement des capacités et le soutien à la continuité des négociations.
Toutefois, l'audit a également révélé plusieurs points à améliorer. Les rôles et les responsabilités en matière de gouvernance ne sont pas compris et appliqués de manière uniforme dans l'ensemble des régions, ce qui engendre des inégalités et des retards dans les procédures. Les pratiques d'intégration et de transfert des connaissances demeurent informelles et inégales, ce qui présente un risque pour la mémoire institutionnelle lors du roulement du personnel. Malgré l'existence d'outils de gouvernance et d'outils financiers, leur utilisation opérationnelle est inégale et les systèmes désuets, comme le Système d'information basé sur les résultats (SIBR), nuisent à la surveillance intégrée en temps réel.
Des forums structurés ainsi que des efforts de collaboration favorisent la mobilisation des partenaires autochtones. La mise en œuvre d'outils normalisés de suivi de la rétroaction et de processus normalisés officiels de renvoi aux échelons supérieurs et de documentation des enjeux non résolus ou des informations internes contradictoires pourrait renforcer la cohérence de la prise de décisions, de la responsabilisation et de la réactivité. Peu d'examens officiels ont lieu après les négociations, et les mécanismes pour communiquer l'information et offrir du soutien en matière de préparation aux titulaires de droits souhaitant entamer des négociations n'ont pas encore de structure. Des processus plus clairs pour la communication précoce de l'information pourraient favoriser la continuité et la préparation lorsque les titulaires de droits choisissent d'engager officiellement des discussions avec le Ministère. Les cadres de surveillance des ressources, comme le Cadre de gestion des tables (CGT), offrent une vision stratégique, mais leur application en temps réel est limitée, et ils ne prévoient pas de protocoles clairs de réaffectation périodique ni la communication en temps opportun des rajustements de financement, ce qui nuit à la réactivité opérationnelle et augmente les risques de retards dans les négociations.
En comblant ces lacunes, RCAANC renforcera davantage ses mécanismes de gouvernance et de surveillance existants, ce qui améliorera sa capacité à gérer les négociations et à faire état de progrès mesurables.
L'audit a généré les cinq recommandations suivantes :
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre une approche normalisée pour renforcer l'intégration, la formation et le transfert des connaissances. Cette approche devrait préciser les rôles et les responsabilités et officialiser les processus de transfert des connaissances, afin de favoriser une application uniforme dans toutes les régions.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait étudier les options visant à améliorer l'accessibilité et l'intégration des outils numériques actuels (p. ex. le SIBR), afin d'assurer un accès amélioré et plus rapide à des indicateurs clés pour la surveillance des négociations et la prise de décisions.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait établir des directives et des processus plus clairs pour la gouvernance et la collaboration entre les ministères fédéraux, notamment en précisant quand et comment les enjeux non résolus, comme les conflits juridiques, les problèmes de financement ou les désaccords liés à la résolution des enjeux stratégiques en matière de négociation, devraient être transmis à la haute direction ou aux organes de gouvernance. Ces processus pourraient inclure des mécanismes assurant le suivi et améliorant la cohérence entre les tables de négociation.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre un cadre normalisé et évolutif afin de renforcer les questions générales de communication, de cohérence et d'orientation dans les négociations. Ce cadre devrait offrir une certaine souplesse pour améliorer les outils en fonction de la capacité et des ressources disponibles.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait renforcer la surveillance des négociations en mettant en œuvre une surveillance centralisée, en permettant des audits plus agiles et en améliorant les pratiques d'établissement des coûts, d'intégration et de renforcement des capacités externes afin de mieux harmoniser les ressources avec les exigences de la charge de travail et la préparation des partenaires.
Énoncé de conformité
L'audit est conforme aux Normes internationales pour la pratique professionnelle de l'audit interne de l'Institut des auditeurs internes et à la Politique sur l'audit interne du gouvernement du Canada, comme en témoignent les résultats du Programme d'assurance et d'amélioration de la qualité.
Réponse de la direction
La direction approuve les constatations. Elle a accepté les recommandations formulées dans le rapport et a élaboré un plan d'action afin d'y donner suite. Le plan d'action de la direction a d'ailleurs été intégré au présent rapport.
1. Contexte
Le programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs est une initiative cruciale du gouvernement du Canada, mise en œuvre afin de traiter et de résoudre les enjeux liés aux droits et aux revendications territoriales des peuples autochtones. Ancré dans une longue histoire de politiques évolutives, ce programme vise à reconnaître et à affirmer les droits de peuples autochtones tout en favorisant l'amélioration des relations entre les groupes autochtones et la Couronne.
Depuis 1973, le gouvernement du Canada a mis en œuvre différentes politiques, dont la Politique sur les revendications territoriales globales et l'approche du gouvernement du Canada concernant la mise en œuvre du droit inhérent des peuples autochtones à l'autonomie gouvernementale et la négociation de cette autonomie (Politique sur le droit inhérent), afin d'aborder la question des droits à la terre et à l'autonomie gouvernementale des peuples autochtones. Depuis, le paysage des politiques s'est considérablement transformé, en raison de l'évolution des priorités, des nouvelles approches, de la jurisprudence et des évaluations. Par exemple, en 1992, la création de la Commission des traités de la Colombie‑Britannique a marqué le début d'une approche plus large d'élaboration de traités, adaptée à l'histoire unique de la Colombie‑Britannique. En 2013, l'évaluation ministérielle de l'approche fédérale pour la négociation et la mise en œuvre des ententes sur les revendications territoriales globales et l'autonomie gouvernementale, mentionnée dans l'évaluation de la négociation des traités, des ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs de RCAANC, a cerné les pressions liées aux politiques fédérales actuelles, y compris la nécessité pour les groupes autochtones d'avoir accès à différentes options de négociation des traités modernes afin d'obtenir des avantages tangibles plus rapidement.
Depuis 2015, le Canada a modifié son approche en matière de négociations pour les droits prévus à l'article 35. Il s'est éloigné de l'imposition de mandats fédéraux élaborés unilatéralement et offrant des possibilités limitées de faire évoluer les ententes, pour mettre l'accent sur des voies élaborées conjointement et des solutions souples. Depuis l'introduction de l'approche axée sur les tables de discussion sur la reconnaissance des droits autochtones et l'autodétermination en 2017, le Canada a collaboré avec des groupes autochtones à des tables de discussion axées sur les droits afin d'explorer les moyens de faire progresser la mise en œuvre des droits et des intérêts, et d'élaborer conjointement des traités, des ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs qui répondent mieux aux besoins et aux intérêts des groupes autochtones.
En 2019, la politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits pour les négociations des traités en Colombie‑Britannique, élaborée conjointement, a renforcé cet engagement en mettant l'accent sur la continuité des droits autochtones sans exiger des partenaires de négociation autochtones qu'ils acceptent la modification, l'abandon ou l'extinction de ces droits. Cette politique reflète un changement plus général en faveur de processus de négociation collaborative qui priorisent la relation entre la Couronne et les autochtones. Politique financière collaborative sur l'autonomie gouvernementale (RCAANC) a aussi élaboré des mandats internes, comme le pouvoir de reconnaissance et de prévisibilité, afin d'offrir une approche plus prévisible à l'échelle nationale.
Le programme de négociations de RCAANC engage les groupes autochtones dans des discussions fondées sur la reconnaissance des droits prévus à l'article 35 afin de faire progresser la mise en œuvre de ces droits. La sous-ministre adjointe principale du secteur des Traités et gouvernement autochtone (TGA) supervise le programme, qui est mis en œuvre par cinq directions générales. Ces directions générales appuient les négociations, élaborent des politiques et gèrent les arrangements financiers :
- La Direction générale de l'élaboration et de la coordination des politiques (DGECP) offre des conseils transversaux en matière de politiques à RCAANC et à d'autres ministères fédéraux, évalue les demandes de reconnaissance présentées par des groupes autochtones en vertu de l'article 35, soutient les processus fédéraux de mandat et d'approbation et gère les litiges liés à l'article 35 et au Nord pour trois secteurs de RCAANC, y compris le secteur des TGA.
- La Direction générale du financement (DGF) mène des discussions de nature financière, élabore des politiques financières, soutient la gestion financières et la présentation des rapports financiers et gère le financement visant à soutenir les négociations et les activités connexes.
- Trois directions générales de négociation (de l'Ouest, du Centre et du Nord-Est) gèrent les processus de négociation régionaux, y compris les revendications transfrontalières.
Le programme prévoit également une collaboration interministérielle par l'intermédiaire du Comité directeur fédéral (CDF) sur les droits constitutionnels prévus à l'article 35, dont le CDF sur les questions transactionnelles et le CDF pour la politique. Ces comités servent de forums interministériels pour examiner et superviser les activités liées aux droits constitutionnels prévus à l'article 35 et fournir une perspective pangouvernementale. Les sous-ministres adjoints de divers ministères participant aux négociations, aux discussions et aux processus de mise en œuvre liés à l'article 35 contribuent à ces comités afin d'assurer l'harmonisation à l'échelle du gouvernement fédéral.
Les principaux participants au processus de négociation sont les groupes autochtones, RCAANC, d'autres ministères fédéraux et les gouvernements provinciaux et territoriaux, le cas échéant. Bien que tous les Canadiens bénéficient des négociations réussies de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs, les premiers bénéficiaires sont évidemment les communautés des Premières Nations, inuites et métisses. Ces ententes permettent aux groupes autochtones de gérer leurs propres affaires, de protéger leurs cultures et leurs langues et de prendre des décisions qui reflètent les priorités qu'ils se sont fixées. Le Canada tente également de répondre aux intérêts stratégiques fédéraux par la négociation d'ententes associées à l'article 35, notamment la mise en œuvre prévisible des droits, le déblocage de possibilités de développement économique, la gestion de passifs éventuels ainsi que les ententes durables et réalisables.
Pour les Premières Nations, les négociations offrent la possibilité de s'affranchir des dispositions désuètes et coloniales de la Loi sur les Indiens et d'établir des partenariats qui renouvellent leurs relations avec la Couronne. Les Inuit et les Métis militent également pour leur autodétermination, notamment par l'entremise de traités modernes (et, jusqu'à maintenant, dans certains cas, d'ententes sur les revendications territoriales au nord du 60e parallèle) et de négociations en cours sur l'autonomie gouvernementale. Les Premières Nations, les Inuit et les Métis participent toujours au dialogue flexible aux tables de discussion sur la reconnaissance des droits autochtones et l'autodétermination. Grâce à ce programme, le gouvernement du Canada souhaite élaborer conjointement des ententes respectueuses, qui affirment les droits ancestraux, permettent l'autodétermination et soutiennent la reconstruction des nations autochtones en fonction de leurs propres intérêts et priorités. En 2018, la transition vers le financement sous forme de contribution non remboursable a été une réforme importante du soutien à la participation autochtone. Avant ce changement, les partenaires autochtones étaient tenus de rembourser les avances accordées pour les négociations à partir de leur règlement définitif. La réforme a allégé le fardeau financier et amélioré la capacité des communautés à maintenir leur participation aux négociations, tout en complétant les outils actuels de mandat financier et les mesures de renforcement des capacités.
Pour garantir la transparence et la reddition de compte à l'interne liées au suivi des résultats du programme, le Système d'information basé sur les résultats (SIBR) fournit une plateforme centralisée pour le suivi et l'établissement de rapports sur les données de rendement. Depuis mars 2025, les améliorations apportées au SIBR se concentrent sur l'amélioration de la fiabilité des données et de l'accessibilité pour les utilisateurs, ce qui a permis de cerner les domaines à améliorer et de soutenir une prise de décision éclairée dans l'ensemble du programme.
2. À propos de l'audit
L'audit du programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs était prévu dans le Plan d'audit axé sur le risque de 2024‑2025 à 2025-2026 de RCAANC.
2.1 Pourquoi c'est important
Plusieurs des facteurs cruciaux relevés ont souligné l'importance de l'examen du programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs. Ce programme joue un rôle fondamental dans l'avancement de la réconciliation, la promotion de l'autodétermination et la création de relations respectueuses entre le gouvernement du Canada et les peuples autochtones. L'importance de l'audit découle des considérations clés suivantes en matière de risque :
- Lacunes en matière de gouvernance, de surveillance et de collaboration – Il peut y avoir un risque que la faiblesse des structures de gouvernance (dont le Comité directeur fédéral (CDF) sur les questions transactionnelles), des mécanismes de surveillance et de reddition de comptes ou de la collaboration interministérielle risque d'entraîner une application des politiques ainsi qu'une surveillance de l'état d'avancement des traités et des ententes incohérentes, en plus d'un manque d'efficacité de la prestation du programme. Les problèmes de coordination entre les ministères fédéraux peuvent également avoir une incidence sur la précision et la rapidité du traitement des enjeux présentés aux tables de négociation.
- Risques liés à la gestion des relations et des attentes – Il peut y avoir un risque que les objectifs stratégiques et les échéanciers imprécis risquent de nuire à l'efficacité des relations, de susciter des attentes mal alignées ou insatisfaites, ou de mener à des litiges.
- Contraintes en matière de capacité et de ressources – Il peut y avoir un risque que les contraintes croissantes en matière de capacité au sein du gouvernement du Canada et parmi les partenaires autochtones, en plus des défis dans les secteurs de la négociation et de la mise en œuvre et de la charge de travail associée à la participation à plus de 170 tables de négociation (en date de mars 2024), risquent d'entraîner des retards et de nuire à la concrétisation et à la mise en œuvre d'ententes. Une telle situation pourrait créer des tensions dans les relations avec les partenaires autochtones en raison de délais prolongés ou d'engagements non tenus, entraînant ainsi des responsabilités futures pour le gouvernement du Canada.
Compte tenu de ces risques, il était important de déterminer si les processus de gouvernance, de surveillance, de collaboration, de mobilisation et de gestion des ressources soutiennent efficacement la négociation et la mise en œuvre cohérentes des traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs, tout en tenant compte des contraintes de capacité et en gérant les attentes.
2.2 Objectif de l'audit
L'objectif de l'audit était de déterminer si les processus de gouvernance, de surveillance, de collaboration, de mobilisation des partenaires (y compris les Autochtones, le gouvernement fédéral et les provinces et territoires) et de gestion des ressources soutiennent efficacement la négociation cohérente des traités, des ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs, tout en tenant compte des contraintes en matière de capacité et en gérant les attentes.
2.3 Portée de l'audit
L'audit a examiné les activités du programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs au cours de la période du 1er avril 2021 au 31 mars 2025.
L'audit a porté sur l'efficacité des structures de gouvernance, des mécanismes de surveillance, des stratégies de participation et des processus de gestion des ressources à l'appui de la négociation des ententes associées à l'article 35. Plus précisément, l'accent a été mis sur la clarté, la documentation et la mise en œuvre des structures de gouvernance et des cadres de collaboration interministérielle, afin de garantir la cohérence des négociations et leur harmonisation avec les objectifs du programme.
En outre, l'audit a porté sur la conception et l'exécution des stratégies de participation afin de promouvoir la mobilisation et la participation véritables des groupes autochtones, de gérer les contraintes de capacité et d'harmoniser les attentes. L'audit a également évalué si la conception et l'application des plans d'affectation des ressources, des initiatives de renforcement des capacités et des stratégies de gestion de la charge de travail permettaient raisonnablement de combler les lacunes en matière d'expertise, d'équilibrer la charge de travail et d'assurer des progrès aux tables de négociation.
De plus, l'audit a examiné l'harmonisation des activités du programme avec les objectifs du programme et évalué l'efficacité du suivi du rendement et de la reddition de comptes.
Cet audit n'a pas porté sur la mise en œuvre des ententes après les négociations, les audits financiers des prêts ou des contributions non remboursables (qui sont traités séparément) pour les négociations ni sur les traités et ententes négociés avant 2021.
2.4 Approche et méthode de l'audit
L'audit a été effectué conformément aux exigences de la Politique sur l'audit interne du Secrétariat du Conseil du Trésor et au Cadre de référence international des pratiques professionnelles de l'Institut des auditeurs internes. L'équipe d'audit a examiné suffisamment d'éléments probants pertinents et obtenu suffisamment d'information pour fournir un niveau d'assurance raisonnable à l'appui de ses conclusions.
Effectué de février 2025 à juin 2025, le travail sur le terrain s'est échelonné sur trois phases : planification, réalisation et préparation du rapport. Les principales techniques d'audit utilisées sont les suivantes :
- entrevues avec les principaux intervenants (p. ex., directions des opérations, de l'évaluation et de l'élaboration de politiques stratégiques, Directions générales des négociations, Unité de gestion des litiges, Direction générale du financement, etc.);
- examen des documents clés pertinents, notamment :
- politiques internes, procédures opérationnelles normalisées, mandats, stratégies de formation, outils d'affectation des ressources, comptes rendus de comités, outils de planification, etc.;
- examen des mécanismes de gouvernance et de surveillance, y compris les structures des comités, les processus liés aux mandats et les procédures de renvoi aux échelons supérieurs;
- examen de 24 dossiers de tables de négociation et d'outils de soutien (p. ex. utilisation du Système d'information basé sur les résultats (SIBR), procédures opérationnelles normalisées, inventaire des mandats et registre de suivi). L'échantillon a été sélectionné de manière à ce qu'il englobe toutes les régions, tous les types de tables (traités, autonomie gouvernementale, finances et Reconnaissance des droits autochtones et autodétermination (RDAA)) et tous les profils de risque, y compris les tables regroupées et individuelles. Au moment de l'audit, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) assurait le suivi d'environ 180 tables de négociation actives au cours de la période d'audit 70-80. L'échantillon d'audit représentait donc environ de 13 % à 15 % du total des tables actives (il est à noter que le nombre de tables a augmenté au cours de cette période);
- analyse de concordance entre les risques signalés (p. ex., profil de risque de l'organisation) et les mesures d'atténuation afin d'évaluer l'intégration dans la prise de décision opérationnelle; et
- validation des fiches d'information et des principales observations avec les responsables de programme et les autorités fonctionnelles.
- des activités de mobilisation ciblée ont été menées auprès d'un échantillon de partenaires externes à l'été 2025, notamment une rencontre avec le Sommet des Premières Nations et la réception d'un questionnaire dûment rempli de la part de Mi'gmawe'l Tplu'taqnn.
L'approche utilisée pour atteindre l'objectif de l'audit consistait, entre autres, à établir des critères d'audit permettant de formuler des observations et de tirer des conclusions. Les critères d'audit sont énoncés à l'annexe A.
3. Principales constatations et recommandations
3.1 Mécanismes de gouvernance, de surveillance et d'évaluation des risques appuyant les négociations relatives aux traités modernes
Contexte
Des mécanismes efficaces de gouvernance, de surveillance et d'évaluation des risques sont essentiels pour garantir que les processus de négociation en vertu de l'article 35 au Canada s'alignent stratégiquement sur les objectifs du programme, s'appuient sur une affectation des ressources correspondant aux priorités du programme et demeurent adaptés à l'évolution de ces priorités. Au sein de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), plusieurs structures de gouvernance, outils liés aux procédures, mécanismes de surveillance financière et cadres de gestion des risques soutiennent l'élaboration des mandats, la prise de décision et des négociations fondées sur l'évaluation des risques.
Le cadre de gouvernance de RCAANC comprend le Comité directeur fédéral (CDF) et ses sous-comités, regroupés en deux volets : le CDF sur les questions transactionnelles (réunissant des représentants fédéraux et des sous-ministres adjoints) et le CDF sur les questions de politiques et de coordination (réunissant des directeurs généraux et des sous-ministres adjoints). Ces comités, officialisés par des mandats, servent de forums interministériels pour examiner, superviser et formuler des recommandations concernant les négociations et les questions stratégiques liées à l'article 35, assurant ainsi une perspective pangouvernementale avant tout examen par le Ministère ou le Cabinet.
Afin d'appuyer des processus cohérents, axés sur les risques et responsables, RCAANC a élaboré plusieurs outils et cadres, notamment la trousse d'outils pour les mémoires au Cabinet (MC), les directives internes à l'intention des négociateurs, le Cadre d'établissement des mandats financiers (CEMF), le Cadre de gestion des tables (CGT) et la Politique financière collaborative sur l'autonomie gouvernementale (PFCAG). Ces mécanismes soutiennent collectivement l'élaboration des mandats, la planification financière et la surveillance des négociations. Des outils de soutien, tels que des feuilles de calcul personnalisées pour le suivi des coûts et le registre de suivi des mandats, servent également à éclairer l'élaboration des mandats et les offres financières.
L'évaluation des risques liés aux négociations s'appuie sur le profil de risque de l'organisation afin de fournir un cadre stratégique des catégories de risques, tandis que les processus d'examen au niveau des tables employés par le secteur des Traités et gouvernement autochtone (TGA) permettent d'évaluer les progrès et le respect des objectifs fédéraux. Ces examens guident l'élaboration des mandats, la hiérarchisation des priorités et les décisions en matière de ressources. Les mesures d'atténuation sont attribuées aux responsables désignés au niveau des sous-ministres adjoints et des directeurs généraux. Bien que les stratégies d'atténuation à l'échelle de l'organisation soient harmonisées avec le profil de risque de l'organisation, les risques propres à la négociation cernés dans le cadre des processus d'examen interne sont pris en compte dans la prise de décisions et peuvent éclairer les rapports au Cabinet. Les recommandations issues du CGT ont été communiquées aux instances de gouvernance, au besoin, à des fins d'information, bien que la surveillance officielle continue de relever des mécanismes établis du Ministère et du Cabinet. Cependant, des plateformes comme le Système d'information basé sur les résultats (SIBR) ne sont pas intégrées aux principaux systèmes de suivi des mandats et des finances, comme le Systèmes, applications et produits (SAP) ou le Système de gestion de l'information du gouvernement du Canada, et reposent sur des outils Excel autonomes nécessitant une saisie manuelle. Cette fragmentation et l'absence d'interopérabilité limitent la visibilité en temps réel des fonctions de surveillance et peuvent nuire à la capacité du Ministère à soutenir des décisions opportunes et éclairées.
RCAANC a mis en place la stratégie d'apprentissage et le portail d'apprentissage du secteur des TGA afin de renforcer les capacités du personnel et d'assurer la continuité grâce à des connaissances fondamentales et avancées sur l'élaboration conjointe de traités, d'ententes et d'arrangements constructifs. Les priorités annuelles en matière de formation sont établies par les sous-ministres adjoints principaux et les directeurs généraux afin de combler les lacunes en matière de connaissances et d'aligner la formation sur les priorités fédérales.
L'audit a permis d'examiner si les rôles et les responsabilités en matière de gouvernance étaient bien compris et appliqués, si les mécanismes d'intégration et de formation favorisaient le transfert de connaissances et la continuité, si les approches de gestion des risques étaient intégrées à la surveillance et à la prise de décisions, et si le lien entre les mesures d'atténuation des risques et les résultats du programme était suffisamment suivi et évalué.
Risque
Il y a un risque que les mécanismes de gouvernance (c.-à-d. le CDF sur les questions transactionnelles) et d'évaluation des risques de RCAANC ne soutiennent pas pleinement la mise en œuvre uniforme, la surveillance et le suivi du rendement des négociations. Ce risque peut découler d'un manque de clarté dans les rôles de gouvernance, d'une application inégale des outils et processus entre les régions, de ressources limitées pour l'intégration et le transfert des connaissances, d'un manque de ressources pour les mécanismes de coordination, de l'absence de processus structurés de renvoi aux échelons supérieurs permettant de consigner les enjeux non résolus ou les informations internes contradictoires, du manque de cadres officiels de collaboration, et d'un lien insuffisant entre les mesures d'atténuation des risques, les décisions budgétaires et le suivi des résultats. Ces lacunes peuvent réduire la capacité du Ministère à assurer la continuité lors des transitions de personnel, à maintenir la surveillance au niveau national, à optimiser l'affectation des ressources et à démontrer la contribution des mécanismes de gouvernance et des mesures d'atténuation des risques aux objectifs du programme.
Constatations
Cadre fondamental de gouvernance et de gestion des risques
RCAANC avait établi une base de gouvernance solide pour superviser les négociations. Les organes de gouvernance, comme le CDF et les forums de politiques interministériels assurent une orientation stratégique, une surveillance de l'élaboration des mandats, une planification financière et une prise de décision éclairée par les risques. Les principaux outils liés aux procédures et aux finances, y compris la trousse d'outils pour les mémoires au Cabinet, les directives internes à l'intention des négociateurs, le document sur les intérêts fédéraux, le guide d'élaboration conjointe (à paraître), le CEMF, le CGT, le registre de suivi des mandats et les feuilles de calcul personnalisées de suivi des coûts, ont favorisé la cohérence de la planification des négociations et l'alignement avec les priorités en matière de réconciliation et les priorités du Ministère.
Les cadres de gestion des risques, tels que le profil de risque de l'organisation et le CGT, ont fourni des analyses des risques à l'échelle du Ministère et des tables, conformes aux priorités stratégiques. Les responsables des risques à des niveaux supérieurs supervisaient les plans d'atténuation documentés, avec des mises à jour régulières à l'intention des organes de gouvernance. Les évaluations des risques servent à orienter les décisions relatives aux ressources et aux politiques, et les plans d'atténuation sont élaborés à un niveau supérieur. Toutefois, le Ministère ne consigne pas systématiquement si les mesures d'atténuation précises, comme la réaffectation du personnel ou l'ajustement du financement, améliorent les progrès aux tables ou soutiennent les objectifs du programme. L'absence de système centralisé permettant de suivre l'incidence des décisions de gestion des risques sur les résultats rend plus difficiles l'évaluation de l'efficacité et l'intégration des leçons apprises dans les négociations futures.
Compréhension ambiguë des rôles et responsabilités en matière de gouvernance
Même si des structures officielles existent, les personnes consultées ont signalé une compréhension variable du rôle du CDF sur les questions transactionnelles, particulièrement au niveau opérationnel et lors des transitions de personnel. Dans certaines régions, l'incertitude entourant les responsabilités des organes de gouvernance tel que le CDF sur les questions transactionnelles a entraîné des processus parallèles, des retards dans les décisions et une variabilité dans le processus de renvoi aux échelons supérieurs, l'approbation et le suivi des mandats.
Ressources limitées pour l'intégration, la formation et le transfert des connaissances
La stratégie d'apprentissage et le portail d'apprentissage du secteur des TGA sont des initiatives récentes visant à renforcer les capacités et la continuité des connaissances. Toutefois, au cours de la période considérée, la mise en œuvre n'en était encore qu'à ses débuts. Les trousses d'intégration, les plans de formation et les outils modulaires propres à chaque rôle n'avaient pas été entièrement élaborés ou normalisés, ce qui a entraîné une dépendance excessive à l'égard de l'échange informel des connaissances et du pouvoir discrétionnaire des régions. Cette situation a contribué à des incohérences dans l'intégration et à des difficultés à maintenir le savoir ministériel.
Utilisation opérationnelle incohérente des outils de gouvernance et financiers
Bien que des outils de gouvernance et des outils financiers, tels que la trousse d'outils pour les mémoires au Cabinet, le CEMF, le registre de suivi des mandats et les procédures opérationnelles normalisées étaient disponibles, ils n'étaient pas systématiquement intégrés dans les modèles régionaux, les processus d'élaboration des mandats ou les flux de travail de négociation. De plus, la documentation sur l'état de préparation à la négociation et les résultats d'admissibilité était souvent informelle ou incomplète. Des seuils officiels de renvoi aux échelons supérieurs et des mécanismes d'alerte précoce permettant de soutenir des interventions en temps opportun étaient absents et le suivi après intervention se faisait de manière ponctuelle, à la discrétion du personnel, ce qui pouvait prolonger les retards dans les négociations et entraîner un désalignement des orientations stratégiques.
Une base de données centralisée des approbations de mandat, des historiques de renvoi aux échelons supérieurs et des leçons tirées n'avait pas encore été établie, ce qui entravait la vérifiabilité et limitait l'apprentissage institutionnel et la cohérence des procédures.
Contraintes de capacité et mécanismes limités de coordination interministérielle
Certaines structures clés de coordination interministérielle (notamment les sous-comités de politiques du CDF), en particulier celles dirigées par la Direction de l'élaboration des politiques stratégiques, ont fait face à des contraintes de capacité, notamment des pénuries de personnel, une participation variable des représentants des ministères fédéraux et une capacité limitée de maintenir les mesures de suivi. Ces observations sont fondées sur des entrevues avec les participants et sur l'examen des dossiers de décisions. Bien que le rôle du CDF soit de promouvoir la cohérence interministérielle, l'échange d'information et la coordination, ces pressions sur la capacité peuvent réduire son efficacité à assurer une surveillance uniforme, une coordination financière et une mobilisation interministérielle sur les questions de politique liées à l'article 35.
Les pressions persistantes liées à la charge de travail peuvent avoir une incidence sur les deux comités du CDF, le CDF sur les questions transactionnelles étant limité par un faible niveau d'automatisation et des délais d'examen courts, ce qui touche l'assurance qualité des données financières soumises à ces comités. De plus, le Ministère ne disposait pas de modèles de ressourcement de pointe ou flexibles pour réagir rapidement à l'évolution des délais de négociation, à l'intensification des besoins de coordination interministérielle ou à l'état de préparation des nouveaux partenaires, ce qui a pu entraîner des retards ou des occasions manquées dans des négociations complexes. Des représentants de la Direction générale du financement et de la Direction des politiques stratégiques (DPS) ont signalé des cas où des dossiers destinés au CDF devaient être préparés en trois à cinq jours ouvrables, ce qui a nécessité la réconciliation manuelle de feuilles de calcul et de données financières provenant de plusieurs systèmes. Dans plusieurs cas, cela a entraîné des itérations supplémentaires ou de courts reports afin de corriger la qualité des données avant leur diffusion. Les représentants régionaux ont également mentionné des changements dans l'état de préparation des partenaires sans modèle de ressourcement de pointe défini, ce qui a contribué à des dépassements d'échéances internes et à des présentations verbales pour respecter les délais.
Absence de cadre de collaboration normalisé entre les tables
Bien que le Cadre stratégique sur la politique sur la reconnaissance des droits autochtones et autodétermination (RDAA), approuvé par le Cabinet, fournisse une orientation globale pour les négociations liées à la réconciliation, il n'existait pas de cadre opérationnel normalisé de collaboration pour guider l'engagement de RCAANC auprès des autres ministères et des partenaires autochtones au niveau des tables de négociation. Les approches d'engagement variaient selon les contextes fondés sur les distinctions et, en l'absence de protocoles procéduraux documentés, cela entraînait des incohérences dans les efforts de consolidation des relations, les attentes en matière de coordination et les normes d'engagement. Cette variabilité augmentait le risque quant à l'atteinte des objectifs du programme et accroissait les risques réputationnels pour la Couronne.
RCAANC a établi un cadre complet de gouvernance, de surveillance et d'évaluation des risques pour appuyer les négociations, reposant sur des comités officiels, des outils liés aux procédures et des mécanismes de gestion des risques qui favorisent le respect des objectifs du programme. L'élaboration d'initiatives d'apprentissage et de cadres de surveillance financière renforce encore la capacité du Ministère à gérer des processus de négociation complexes.
Toutefois, des enjeux persistent, notamment une compréhension et une application incohérentes des rôles de gouvernance, une intégration et un transfert de connaissances inégaux, une utilisation fragmentée des outils de gouvernance soutenant le CDF et les voies de cheminement des comités connexes, des processus et des structures de coordination limités pour le renvoi aux échelons supérieurs et la documentation des enjeux non résolus ou des informations internes contradictoires, ainsi que des systèmes d'information obsolètes ou cloisonnés réduisant la cohérence opérationnelle et l'efficacité de la surveillance. En outre, le roulement fréquent du personnel au sein de certaines directions générales et directions, combiné à l'absence d'une base de données centralisée et de cadres de collaboration officialisés, a créé des difficultés pour assurer la continuité pendant les transitions. Le recours au transfert informel de connaissances, bien qu'utile en pratique, ne fournit qu'une documentation limitée permettant de démontrer comment les processus de gouvernance et les mesures d'atténuation des risques ont été appliqués. Par exemple, bien que les négociateurs qui quittent leurs fonctions discutent souvent de façon informelle avec les personnes qui prennent la relève, l'absence de listes de vérification normalisées ou de documentation claire sur les rôles signifie que des outils importants, comme les procédures opérationnelles normalisées ou le document sur les intérêts fédéraux, peuvent ne pas être appliqués de façon uniforme. Leur utilisation dépend plutôt des préférences individuelles que d'un processus organisationnel défini, ce qui peut affecter la capacité du Ministère à assurer des pratiques cohérentes et un apprentissage institutionnel à long terme.
Il sera utile de combler ces lacunes en améliorant la normalisation, l'intégration des données sur les risques et les finances, les modèles de capacité et les protocoles de collaboration et de renvoi aux échelons supérieurs pour permettre à RCAANC de maintenir une gouvernance des négociations efficace, responsable et axée sur les résultats.
Recommandations
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre une approche normalisée pour renforcer l'intégration, la formation et le transfert des connaissances. Cette approche devrait préciser les rôles et les responsabilités et officialiser les processus de transfert des connaissances, afin de favoriser une application uniforme dans toutes les régions.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait étudier les options visant à améliorer l'accessibilité et l'intégration des outils numériques actuels (p. ex. le SIBR), afin d'assurer un accès amélioré et plus rapide à des indicateurs clés pour la surveillance des négociations et la prise de décisions.
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait établir des directives et des processus plus clairs pour la gouvernance et la collaboration entre les ministères fédéraux, notamment en précisant quand et comment les enjeux non résolus, tels que les conflits juridiques, les problèmes de financement ou les désaccords liés à la résolution des enjeux stratégiques en matière de négociations, devraient être transmis à la haute direction ou aux organes de gouvernance. Ces processus pourraient inclure des mécanismes assurant le suivi et améliorant la cohérence entre les tables de négociation.
3.2 Risques liés à la gestion des relations et des attentes
Contexte
Une collaboration véritable avec les partenaires autochtones est essentielle à l'intégrité et au succès des négociations. L'écoute active, une communication claire et l'intégration cohérente des commentaires renforcent non seulement les relations, mais garantissent également que les résultats des négociations respectent les perspectives autochtones et les objectifs de réconciliation du gouvernement du Canada, tels qu'ils sont énoncés dans les Principes régissant la relation du Gouvernement du Canada avec les peuples autochtones (2017), les lettres de mandat ministérielles et les cadres de réconciliation de RCAANC, et réitérés dans le discours du Trône de 2025.
Bien que plusieurs tables de négociation aient adopté des pratiques collaboratives et des boucles de rétroaction informelles, le Ministère ne dispose pas de processus normalisés pour recueillir, analyser et intégrer de manière cohérente les commentaires des Autochtones dans l'ensemble des régions et pour toutes les initiatives stratégiques. L'absence de systèmes officialisés de transmission et de suivi des commentaires peut limiter la transparence interne et affaiblir les efforts pour obtenir la confiance des partenaires autochtones. Des protocoles de renvoi aux échelons supérieurs, des examens officiels après les négociations et des outils de suivi de la façon dont la rétroaction oriente les décisions pourraient favoriser une responsabilisation accrue et une amélioration continue. De plus, il n'existe aucune directive interne cohérente sur le moment où les questions doivent être transmises du niveau opérationnel au directeur général, au sous-ministre adjoint ou au comité d'examen, ni sur la manière de documenter correctement ces transitions. D'autres difficultés, notamment le roulement fréquent du personnel, le manque de clarté des mandats interministériels, l'obsolescence des politiques et la réduction du financement et de la formation, entravent encore davantage la communication soutenue et la continuité du savoir ministériel. De plus, l'approche actuelle de RCAANC n'intègre pas systématiquement les mécanismes permettant d'évaluer l'état de préparation des groupes autochtones et d'y répondre lorsque les communautés expriment leur intérêt pour les négociations. Cette situation peut donner lieu à un accès variable aux mesures de soutien à la préparation, comme le financement, la formation ou l'orientation, et peut avoir une incidence sur la rapidité avec laquelle de nouvelles tables peuvent être établies une fois que les groupes choisissent de participer.
En tant que partie principale au processus de négociation des traités en Colombie-Britannique, RCAANC travaille en partenariat depuis plus de 30 ans avec la province de la Colombie-Britannique et le Sommet des Premières Nations pour faire progresser les négociations des traités en Colombie‑Britannique, qui sont guidées par la Politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits depuis 2019. RCAANC travaille également en étroite collaboration avec la Commission des traités de la Colombie-Britannique (CTCB), un organisme indépendant et établi par une loi qui appuie le processus de négociation des traités propre à la Colombie-Britannique. Les parties principales sont appuyés par des hauts fonctionnaires de chaque partie ainsi que par des groupes de travail techniques tripartites qui s'engagent régulièrement à faire progresser les priorités communes. Les séances tripartites des négociateurs organisées conjointement par le Canada, la Colombie‑Britannique et le Sommet en 2021 et 2024 ont servi de forums importants pour favoriser la collaboration et la compréhension mutuelle entre les négociateurs et les responsables des politiques.
Cependant, des enjeux persistent pour garantir une application cohérente des pratiques de négociation et une communication claire concernant les échéanciers de financement, la responsabilité, les progrès réalisés dans le cadre du mandat, les résultats attendus et la planification à long terme des négociations. La communication sur les questions de financement est généralement plus claire que celle relative aux échéanciers, à l'avancement des mandats et à la planification à long terme, ce qui peut nuire à la capacité des partenaires de planifier et de maintenir leur participation.
Il est reconnu que certains éléments de l'élaboration du mandat, des échéanciers de financement et de la planification des négociations sont assujettis aux processus du Cabinet et du Budget, ce qui limite la portée des renseignements pouvant être communiqués à l'externe. Malgré ces contraintes, il demeure possible de renforcer la coordination interne et d'établir des protocoles de communication plus clairs afin de mieux gérer les attentes et d'assurer la continuité des relations avec les partenaires autochtones.
Risque
Il y a un risque que RCAANC ne documente pas de manière systématique ni ne suive officiellement la manière dont les perspectives autochtones sont intégrées aux stratégies de négociation. Bien que les perspectives soient examinées dans le cadre de discussions en cours, l'absence de documentation normalisée et de mécanismes de suivi peut réduire la transparence interne et limiter l'apprentissage institutionnel. Cela pourrait se produire s'il y a des lacunes dans les outils de rétroaction, les processus de renvoi aux échelons supérieurs, les mécanismes d'examen, le fonctionnement des systèmes et la coordination interministérielle, ainsi que des contraintes en matière de ressources, telles que la dotation, la formation et le financement. Ces lacunes pourraient réduire la confiance des partenaires autochtones, nuire à la continuité de l'apprentissage institutionnel et affaiblir la capacité du Ministère à faire preuve de responsabilité, de réactivité et de progrès dans les négociations.
Constatations
Les canaux de mobilisation établis favorisent un dialogue constructif
RCAANC a mis en œuvre de multiples mécanismes structurés pour mobiliser les partenaires autochtones, notamment des tables de négociation, des forums nationaux sur les politiques, des groupes de travail sur l'élaboration conjointe et les séances de négociateurs tripartites en 2021 et 2024. Ces canaux ont offert d'importantes occasions aux perspectives autochtones d'éclairer les stratégies de négociation, telles que l'approche de reconnaissance et de prévisibilité, les lignes directrices en matière de ratification et les documents de travail élaborés conjointement. Par ailleurs, grâce au processus bien établi des parties principales, RCAANC travaille en collaboration avec les autres parties principales et la Commission des traités de la Colombie-Britannique sur un certain nombre d'initiatives, notamment l'élaboration d'un plan de mise en œuvre conjointe de la Politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits, un examen des rôles et des responsabilités de la Commission, l'élaboration conjointe d'outils de communication pour dissiper les mythes entourant le processus des traités de la Colombie-Britannique et les traités en voie d'achèvement ou de ratification, et l'élaboration conjointe d'une annexe à la Politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits concernant les questions liées aux terres, y compris les formes de propriété, les questions de compétence et le statut constitutionnel des terres visées par le règlement.
Absence d'outils de rétroaction normalisés et de pratiques de documentation
Bien que les intérêts et perspectives des autochtones, en particulier sur les priorités de négociation et les enjeux propres à chaque table, soient régulièrement communiqués lors des tables de négociation et d'autres forums, la documentation et le suivi de ces intérêts et perspectives varient considérablement selon les régions. En l'absence d'outils ou de directives internes normalisées, la capacité du Ministère d'analyser ces commentaires de façon uniforme, d'y répondre et d'en tirer des leçons est limitée.
Des examens effectués sur 24 tables de négociation ont montré que seuls 42 % d'entre elles disposaient de preuves documentées de la participation des partenaires autochtones, et qu'un nombre encore plus restreint indiquait si un suivi ou une prise en compte dans les politiques avait eu lieu. Tout en respectant la nature confidentielle et sans préjudice des négociations, l'établissement de directives sur les types de rétroaction qui peuvent être saisis de façon appropriée et sur la façon de le faire favoriserait des pratiques de mobilisation plus cohérentes.
Absence de protocole de renvoi aux échelons supérieurs pour les enjeux liés à la rétroaction ou à l'élaboration conjointe
Aucune procédure interne clairement définie n'existait pour renvoyer les commentaires non résolus ou conflictuels aux échelons supérieurs, que ce soit au sein de RCAANC ou entre les ministères fédéraux. De même, aucun processus officiel de renvoi aux échelons supérieurs permettant de documenter les enjeux non résolus ou les informations contradictoires n'était en place pour les questions liées à l'élaboration conjointe ou aux contraintes en matière de capacité. Ce manque de clarté a retardé l'approbation des mandats, nui à la confiance des partenaires autochtones et entraîné un manque de transparence en matière de responsabilité.
Absence d'examens systématiques après les négociations et d'apprentissage institutionnel
Bien que RCAANC bénéficie de comptes rendus informels et de l'échange de connaissances, il n'existe qu'une approche sommaire pour documenter les principales leçons ou (le cas échéant) la façon dont la contribution des partenaires a éclairé les résultats. Les pratiques varient selon les régions et les tables de négociation, ce qui peut nuire à la continuité lors des changements de personnel et rendre plus difficiles l'adaptation et la mise en œuvre d'approches efficaces lors des négociations futures. Une méthode proportionnée et collaborative pour consigner et communiquer les leçons apprises, utilisée au besoin, favoriserait l'amélioration continue sans augmenter de manière notable la charge administrative et le volume de travail du personnel.
Les systèmes centralisés ne permettent pas le suivi des commentaires ni le suivi des jalons
Les systèmes actuels, comme le SIBR et le CGT, n'ont pas été conçus pour recueillir ou suivre l'utilisation faite des commentaires des Autochtones ni l'avancement des négociations en temps réel, et ne disposent pas de ces fonctionnalités. La sous-utilisation et les problèmes d'utilisabilité du SIBR ont réduit son efficacité, entraînant des retards dans la production des rapports, un recours à la saisie et à la validation manuelles des données, ainsi qu'un effort accru pour soutenir la responsabilité et la transparence interne. Il est important de noter, cependant, que les commentaires des autochtones éclairent l'élaboration des politiques ainsi que les négociations, y compris l'élaboration d'ententes avec les partenaires.
Retards dans la finalisation des plans d'examen avec les Autochtones
Le plan d'examen et de suivi de la Politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits est un élément clé du plan de mise en œuvre tripartite, mais il n'a pas été finalisé avec les partenaires autochtones. Les nations autochtones participantes ont exprimé des préoccupations concernant l'application incohérente de la politique, le manque de clarté des processus d'élaboration conjointe et l'absence de mécanismes de rétroaction pendant la mise en œuvre. La responsabilité de finaliser et d'approuver ce plan incombe au Canada, à la Colombie-Britannique et aux nations autochtones participantes, qui sont collectivement tenus, en vertu de l'article 63 de la politique, de veiller à ce que ces examens soient menés de façon collaborative et en temps opportun. Le renforcement du processus d'élaboration conjointe et l'établissement de mécanismes de rétroaction clairs entre tous les partenaires (Canada, Colombie-Britannique et représentants autochtones) contribueraient à répondre aux préoccupations des autochtones et à s'assurer que le plan d'examen reflète pleinement les attentes communes énoncées dans la Politique sur la reconnaissance et la réconciliation des droits.
Soutien incohérent en matière de préparation pour les nations intéressées (phase préalable à la négociation)
Dans le cas des nations autochtones qui manifestent un intérêt à entamer des négociations, l'échange précoce d'information et les mesures de soutien à la préparation n'ont pas été appliqués de façon uniforme. Bien que RCAANC dispose de mécanismes une fois qu'une table est établie, il n'existe pas d'approche structurée et fondée sur les risques pour aider à évaluer les besoins en matière de préparation avant sa mise en œuvre officielle et à y répondre (p. ex. orientation vers les processus, voies de financement ou soutien aux capacités de base). Cette variabilité peut avoir une incidence sur la rapidité avec laquelle de nouvelles tables de négociation peuvent être mises en place et maintenues lorsque les partenaires choisissent d'aller de l'avant. Le guide d'élaboration conjointe pour les négociations en vertu de l'article 35 (version provisoire) et le rapport sur le cadre d'affectation des ressources 2023-2024 soulignent tous deux l'importance de pratiques plus claires en matière de préparation préalable aux négociations et de liens entre les différents aspects de la planification.
Politiques obsolètes, coordination juridique floue et directives pratiques limitées
Certaines pratiques de négociation s'appuyaient encore sur des directives opérationnelles désuètes ou provisoires (comme le projet de guide d'élaboration conjointe), lesquelles offrent peu de précisions sur l'intégration des considérations juridiques. Les outils de gouvernance ne fournissent pas systématiquement de directives concrètes sur les moments et les méthodes à privilégier pour intégrer l'expertise juridique ou assurer la coordination interministérielle. Par conséquent, l'accès au soutien juridique à la table de négociation est inégal et parfois tardif, ce qui entraîne des approches variables d'une table à l'autre et contribue à des retards et à des difficultés de communication.
Contraintes en matière de structure et de ressources affectant la communication et la participation
Le roulement du personnel, le manque de clarté des rôles, les réductions du financement et de la formation ont nui à la capacité des négociateurs fédéraux de fournir une orientation uniforme, de maintenir les connaissances institutionnelles et d'appuyer l'engagement soutenu des partenaires autochtones. Ces contraintes peuvent entraver la confiance et la capacité de planification, et illustrent l'incidence des ressources.
RCAANC a réalisé des progrès importants pour favoriser le dialogue collaboratif et l'élaboration conjointe avec les partenaires autochtones à la table de négociation. Toutefois, le Ministère n'a pas encore entièrement mis en œuvre les systèmes, les protocoles, les directives et les outils normalisés nécessaires pour documenter systématiquement les commentaires des autochtones et y donner suite. Il demeure essentiel de combler les lacunes, notamment en officialisant les mécanismes de rétroaction, en normalisant les processus internes de traitement et de consignation des enjeux non résolus ou des informations contradictoires, en effectuant des bilans post-négociation, en assurant des communications et un soutien cohérents ainsi qu'en structurant davantage l'accès opportun au soutien juridique pour les négociateurs (p. ex. en définissant clairement les points de mobilisation avec l'Unité des services juridiques), afin d'améliorer la transparence interne, la réactivité et la confiance des partenaires autochtones. L'optimisation des ressources actuelles et le renforcement des processus pourraient appuyer davantage la responsabilisation de RCAANC et les objectifs du programme.
Recommandation
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre un cadre normalisé et évolutif afin de renforcer les questions générales de communication, de cohérence et d'orientation dans les négociations. Ce cadre devrait offrir une certaine souplesse pour améliorer les outils en fonction de la capacité et des ressources disponibles.
3.3 Risques liés au suivi de la charge de travail, à l'affectation des ressources et au renforcement des capacités
Contexte
Il est essentiel de gérer efficacement la charge de travail liée aux négociations et les pressions exercées sur les ressources, y compris le soutien financier aux partenaires autochtones, pour soutenir les progrès et faire progresser les engagements du Canada en matière de réconciliation. RCAANC fournit du financement qui permet la participation des autochtones aux négociations, notamment pour les déplacements, les conseils juridiques, le soutien des Aînés et les frais administratifs. Ce soutien est essentiel pour permettre une participation véritable aux négociations et, au besoin, la mise en œuvre rapide des éléments négociés (p. ex. les structures de gouvernance, les arrangements financiers ou le soutien administratif) qui préparent les partenaires à la mise en œuvre complète de l'entente. Toutefois, bien que ces mesures de soutien externes au renforcement des capacités soient financées, elles ne sont pas systématiquement intégrées aux processus ministériels de surveillance ou de planification des ressources. Cela réduit la capacité d'harmoniser la dotation interne et l'affectation des ressources de RCAANC avec l'état de préparation des partenaires autochtones, ce qui entraîne parfois des inadéquations entre l'état de préparation des communautés et la capacité ministérielle de faire progresser les négociations.
Des outils de surveillance proactifs, des systèmes de suivi centralisés et des cadres de réaffectation dynamiques sont essentiels pour cerner les risques émergents, atténuer les retards et assurer la continuité dans les négociations de traités complexes. Bien que les mécanismes de surveillance fondamentaux comme l'examen annuel des tables, le cadre d'affectation des ressources (CAR) et le CGT en constante évolution appuient l'établissement d'orientations stratégiques et les séances d'information ministérielles, il a été indiqué que les chevauchements entre ces outils peuvent contribuer à alourdir la charge de travail liée à la production de rapports.
Toutefois, l'approche actuelle du Ministère en matière de suivi et de réaffectation des ressources demeure en évolution et diffère selon les régions, ce qui laisse place à un meilleur suivi en temps réel et à une meilleure coordination. Malgré la mise en place du CAR et du cycle continu du CGT, les principaux systèmes de suivi et de rapport, comme le SIBR, qui sont destinés à appuyer la prise de décisions, sont désuets et sous-utilisés. Bien que le SIBR soit le système officiel d'enregistrement, de nombreuses équipes de négociation s'appuient sur des outils de suivi individuels parallèles (fichiers Excel, classeurs) en raison de problèmes de convivialité et de fonctionnalités limitées (p. ex. l'outil de suivi des négociations en vertu de l'article 35, qui est un fichier Excel régulièrement diffusé au sein du secteur des TGA et dans d'autres ministères). Cela engendre des pratiques incohérentes et une dépendance à la saisie et à la validation manuelles des données. Le renforcement, la modernisation ou l'intégration du système d'enregistrement réduirait la fragmentation et améliorerait la comparabilité entre les directions générales. Bien que la haute direction soit informée des données du CAR et du CGT, les documents internes rendant compte des décisions clés connexes et des mesures de suivi ne sont pas systématiquement conservés sous forme de résumé ou de tableau (à noter qu'à l'issue de la période d'audit, des décisions ont été prises sur la base de ces constatations, puis consignées par écrit). Sans notes d'intervention résumées proportionnelles, il devient plus difficile d'assurer l'uniformité entre les secteurs de négociation et de déterminer si les priorités et les risques ont mené aux ajustements prévus. Il convient de préciser que cette attente vise uniquement de brefs registres des interventions internes favorisant la continuité et l'apprentissage, et non la consignation des délibérations ministérielles ou la divulgation d'avis confidentiels.
Les tables font l'objet d'un examen une fois par année, ce qui limite la capacité du Ministère à répondre aux priorités émergentes ou à réaffecter les ressources en cours d'année. L'absence de protocoles de réaffectation officiels, de tableaux de bord en temps réel et de processus de surveillance axés sur les résultats limite la capacité de RCAANC à évaluer l'efficacité des interventions ou à ajuster la capacité en temps opportun. Les disparités régionales dans l'adoption des outils de planification, les pratiques informelles d'intégration et le suivi insuffisant des données relatives aux coûts aggravent encore le risque d'inefficacité et de mauvaise affectation des ressources. En outre, bien que l'aide financière associée à la reconnaissance des droits autochtones et l'autodétermination et au processus des traités de la Colombie‑Britannique fournit d'importantes ressources pour le renforcement des capacités, le Ministère ne dispose pas d'un cadre consolidé pour harmoniser cette aide externe avec les processus internes de planification et de suivi. Cela peut créer des inadéquations entre la préparation des partenaires et la capacité ministérielle, ce qui nuit au progrès des négociations.
Ces facteurs peuvent réduire la réactivité opérationnelle de RCAANC et accroître le recours aux processus manuels et aux solutions de rechange, ce qui peut créer des inefficacités et nuire à la rapidité et à l'uniformité du soutien pour les tables de négociation.
Risque
RCAANC pourrait rencontrer des difficultés à surveiller pleinement les charges de travail, à réaffecter les ressources ou à suivre la capacité de négociation de manière rapide et coordonnée. Cette situation pourrait être influencée par les limites des outils de surveillance en temps réel et par l'application variée des données du CAR et du CGT. La dépendance à l'égard des systèmes actuels, comme le SIBR, et l'absence de protocoles structurés de réaffectation en milieu d'exercice peuvent également contribuer à ces difficultés.
En outre, il est possible de renforcer davantage les mesures axées sur les résultats, les approches intégrées d'établissement des coûts et les pratiques d'intégration et de transfert des connaissances. Ces facteurs peuvent rendre plus difficiles l'optimisation de l'affectation des ressources, le soutien à la transition du personnel et la prestation d'une aide uniforme dans toutes les régions. Par conséquent, les progrès des négociations et la capacité des partenaires à y participer pourraient être compromis.
Constatations
Les outils de gouvernance fondamentaux soutiennent la surveillance stratégique
RCAANC a mis en œuvre des outils fondamentaux pour appuyer la surveillance stratégique des pressions liées à la charge de travail et l'alignement des ressources. Le CAR, mis à l'essai en 2023-2024 et transformé en CGT, a fourni une évaluation structurée de la charge de travail, des risques et des besoins en matière de capacité liés aux négociations. Ces observations ont été intégrées aux processus d'examen annuel des tables et aux séances d'information destinées à la haute direction et au ministre, contribuant ainsi à la planification et à l'établissement des priorités à l'échelle nationale. Les résultats de ces outils ont été examinés par la haute direction du secteur des TGA afin de guider l'établissement des priorités en matière de financement, l'élaboration du mandat et la planification des ressources. Les organes de gouvernance, comme le Comité directeur fédéral, ont été informés de ces observations dans le cadre des processus de surveillance et de coordination.
Le suivi et les capacités en temps réel pourraient être renforcés
Bien que des outils de planification soient en place, le suivi des ressources en temps réel pourrait être encore renforcé. Le suivi repose actuellement sur des feuilles de calcul manuelles et sur des systèmes plus anciens comme le SIBR, qui offrent une intégration limitée avec les données sur les coûts ou le rendement. L'outil de suivi des négociations en vertu de l'article 35 est utilisé dans certaines régions, mais son adoption et son intégration varient. Le renforcement de ces outils et leur intégration permettrait à RCAANC de mieux suivre l'évolution de la charge de travail et de réaffecter plus rapidement les ressources.
Transparence interne limitée concernant la mise en œuvre du CAR et les résultats de la réaffectation
Bien que le CAR serve à orienter la gestion des tables, les dossiers résumant les décisions clés de réaffectation fondées sur les analyses du CAR ne sont pas tenus de manière uniforme dans toutes les régions. L'absence de notes d'intervention brèves (p. ex. décision prise, déclencheur, personne responsable, date de suivi) rend plus difficiles le suivi des ajustements et la comparaison des résultats entre les tables, sans qu'il soit nécessaire de documenter les délibérations des sous-ministres adjoints et des sous-ministres. À l'interne, cela a limité la capacité de retracer les décisions dans le temps. À l'externe, les partenaires n'étaient pas toujours informés des ajustements de financement, ce qui a parfois créé de l'incertitude en matière de planification. Cela ne signifie pas que toutes les décisions relatives aux ressources doivent être divulguées, mais souligne l'importance de tenir des registres internes clairs et, le cas échéant, de communiquer rapidement l'information à l'interne et à l'externe afin de garantir une prise de décision opportune par toutes les parties. Les évaluations officielles postérieures à la mise en œuvre visant à déterminer les effets des réaffectations au niveau des tables n'ont pas été réalisées de façon systématique, ce qui peut limiter les occasions d'apprentissage et rendre plus difficile de démontrer la capacité du Ministère à s'adapter aux besoins émergents en matière de négociation.
Absence de protocoles structurés pour les réaffectations en milieu d'exercice ou les protocoles de renvoi aux échelons supérieurs
Même si les enjeux de capacité sont portés à la haute direction au besoin, les réaffectations en cours d'exercice sont surtout gérées à la discrétion des gestionnaires au niveau régional et sectoriel ainsi que par des discussions ponctuelles. En l'absence de déclencheurs communs (p. ex. changements importants dans l'état de préparation des partenaires, modifications substantielles de mandat ou d'échéancier, augmentation du niveau de risque) et d'un bref registre des interventions (décision, justification, responsable, date de suivi), les réponses peuvent varier d'une région à l'autre, ce qui complique le suivi dans le temps et peut entraîner des retards, des malentendus et une hausse des risques liés aux négociations.
Les mécanismes d'intégration et de transfert des connaissances demeurent informels
Le roulement du personnel, en particulier des négociateurs et des analystes, variait selon les régions, mais a été relevé comme un enjeu récurrent nuisant à la continuité et pouvant limiter la capacité du Ministère à faire progresser les négociations. Bien qu'un manuel de co-développement existe, il est encore à l'état d'ébauche et les pratiques d'intégration diffèrent d'une région à l'autre. Dans les régions où le roulement de personnel est plus élevé, l'absence de processus structurés d'intégration et de transfert des connaissances a accru le risque de retards et de perte de savoir organisationnel pendant les transitions du personnel. Afin d'atténuer ces risques, plusieurs directions ont élaboré des outils internes d'apprentissage et de soutien à l'intégration. La Direction générale de l'élaboration et coordination de politique a mis en place des trousses d'outils et des séances d'intégration pour appuyer les nouveaux employés. Ces ressources ont été diffusées sur le portail d'apprentissage du secteur des TGA et complétées par des activités d'apprentissage comme des séances de planification tripartites et des ateliers de négociation. De plus, la Direction de l'évaluation, coordination et mobilisation a lancé la stratégie d'apprentissage du secteur des TGA, soutenue par des initiatives de gestion et des initiatives d'apprentissage interne du secteur des TGA, axée sur le développement des connaissances fondamentales, le mentorat et les communautés de pratique. Bien que plusieurs initiatives d'intégration et de renforcement des capacités internes aient été mises en place, notamment des trousses d'outils, des activités d'apprentissage et des programmes pilotes, leur efficacité n'a pas encore été officiellement mesurée. Les observations actuelles du rendement sont fondées sur la participation, l'adoption et la rétroaction informelle plutôt que sur des indicateurs de rendement structurés. L'établissement de mesures, de méthodes d'évaluation et de directives claires permettrait un transfert de connaissances plus cohérent, ainsi qu'une meilleure évaluation de l'incidence de ces initiatives sur la préparation du personnel et sur les résultats des négociations.
L'établissement des coûts et la planification financière ne sont pas entièrement intégrés
Bien que RCAANC applique le Cadre d'établissement des mandats financiers (CEMF) et la Politique financière collaborative sur l'autonomie gouvernementale (PFCAG) pour estimer et structurer les coûts propres à l'entente (p. ex. les offres financières, les besoins en matière de dépenses et les transferts continus), il n'existe pas de rapport normalisé à l'échelle du Ministère qui rapproche les montants prévus du CEMF et de la PFCAG des dépenses réelles de subventions et contributions dans le SAP et le Système de gestion de l'information sur les subventions et les contributions. Les régions s'appuient sur des rapprochements manuels produits à partir d'outils comme le SIBR, SAP et SharePoint. Parallèlement, les coûts de ressourcement interne comme la dotation en personnel, les déplacements et le soutien de la capacité sont suivis séparément au moyen de feuilles de calcul Excel dispersées, avec une intégration ou une comparabilité limitées entre les régions.
Cette double fragmentation, entre l'établissement des coûts propres à l'entente et les ressources internes, réduit l'efficacité de la planification financière et des prévisions des ressources. L'amélioration de l'intégration entre les cadres budgétaires (CEMF, PFCAG) et les outils de gestion des ressources opérationnelles faciliterait la prise de décisions stratégiques éclairées.
Incohérences régionales dans la mise en œuvre et l'application des données du CAR
Les données fournies par le CAR n'ont pas été systématiquement prises en compte dans les décisions relatives à la planification régionale ou aux ressources, ce qui a entraîné des disparités dans la manière dont les pressions liées à la charge de travail et aux capacités ont été gérées. Cette approche décentralisée a accru le risque d'inadéquation entre la charge de travail et les ressources prioritaires et affectées, ainsi que le soutien aux tables de négociation présentant une complexité ou une urgence similaires.
Absence de tableaux de bord centralisés pour soutenir une planification fondée sur des données probantes
RCAANC ne dispose pas d'un tableau de bord centralisé et automatisé permettant de suivre les pressions liées à la charge de travail, l'avancement des étapes clés et les risques associés à la négociation pour l'ensemble des tables. Bien que certaines données puissent être recueillies au moyen des outils actuels, comme le SIBR, le suivi des négociations en vertu de l'article 35 ou les feuilles de calcul des directions, ces méthodes sont incohérentes et ne permettent pas une intégration en temps réel. Par conséquent, la haute direction peut avoir une visibilité réduite sur les tendances générales, ce qui pourrait nuire à la rapidité des décisions fondées sur des données probantes.
Participation limitée d'autres ministères fédéraux et répercussions sur la planification de la capacité
À plusieurs tables, une participation limitée d'autres ministères fédéraux a freiné la progression des négociations et compliqué la planification conjointe de la capacité. Ces lacunes ont limité l'harmonisation pangouvernementale et accru le fardeau imposé au personnel de RCAANC pour combler les lacunes en matière de coordination, ce qui a accru les retards et les risques liés au mandat.
RCAANC a réalisé des progrès dans l'élaboration d'outils d'affectation stratégique des ressources et de processus de planification interne pour appuyer le suivi des négociations. Toutefois, pour améliorer la transparence interne, la coordination et la réactivité opérationnelle, le Ministère doit améliorer la mise en œuvre de ces cadres et moderniser ses pratiques de surveillance et de gestion des connaissances. L'officialisation des protocoles de réaffectation, l'introduction de tableaux de bord centralisés en temps réel, le suivi de l'incidence des décisions de dotation et de financement, et l'élaboration de cadres de renforcement des capacités externes et de protocoles de communication soutiendront la planification fondée sur des données probantes et pourraient réduire les délais de négociation, renforcer l'état de préparation des partenaires et accroître la résilience institutionnelle.
Recommandation
- La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait renforcer la surveillance des négociations en mettant en œuvre une surveillance centralisée, en permettant des vérifications plus agiles et en améliorant les pratiques d'établissement des coûts, d'intégration et de renforcement des capacités externes afin de mieux harmoniser les ressources avec les exigences de la charge de travail et la préparation des partenaires.
4. Conclusion
Le programme de négociation de traités, d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs joue un rôle important dans la promotion de la réconciliation en appuyant la reconnaissance des droits des Autochtones et l'autodétermination par le biais de négociations multipartites concertées. Administré par le secteur des Traités et gouvernement autochtone au sein de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), le programme s'appuie sur des éléments fondamentaux comme des comités de gouvernance officiels, des outils de planification et des cadres de surveillance stratégique qui contribuent à harmoniser les mandats de négociation avec les priorités fédérales en matière de réconciliation.
Des progrès ont été réalisés dans l'élaboration de trousses d'outils liés aux procédures, la mise à l'essai de stratégies d'apprentissage et le soutien à la coordination interne ainsi qu'aux pratiques d'estimation des coûts. Le Ministère a également lancé des initiatives pour évaluer la charge de travail, suivre l'avancement des négociations et renforcer la mobilisation des partenaires autochtones au moyen de forums structurés.
L'audit a toutefois mis en lumière des points importants à améliorer. Les rôles et responsabilités en matière de gouvernance ne sont pas compris de manière uniforme dans toutes les régions, et les processus d'intégration et de transfert des connaissances demeurent informels, ce qui accroît les risques liés à la mémoire institutionnelle et à la continuité des négociations. Le suivi et la réaffectation des ressources restent réactifs, et des outils obsolètes limitent la surveillance en temps réel. Bien que le Cadre d'affectation des ressources (CAR) et le Cadre de gestion des tables (CGT) fournissent des données stratégiques, ils ne sont pas toujours appliqués ou communiqués de façon transparente. Les pratiques de mobilisation des autochtones doivent également être améliorées, notamment en ce qui concerne le suivi des commentaires des partenaires et le soutien au renforcement des capacités externes.
Pour faire face à ces enjeux, l'audit recommande de renforcer les cadres de gouvernance et de formation, de moderniser les systèmes numériques afin d'améliorer la surveillance et l'intégration, d'officialiser les protocoles de renvoi aux échelons supérieurs et de collaboration et de mettre en œuvre des approches normalisées pour suivre la rétroaction des autochtones et réaffecter les ressources en fonction des risques et des capacités. Ces mesures contribueront à améliorer la réactivité opérationnelle, la transparence interne et la responsabilisation, tout en permettant à RCAANC d'appuyer plus efficacement les négociations de traités et de démontrer des progrès vers l'atteinte des buts et objectifs à long terme du programme.
5. Plan d'action de la direction
Recommandation 1
La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre une approche normalisée pour renforcer l'intégration, la formation et le transfert des connaissances. Cette approche devrait préciser les rôles et les responsabilités et officialiser les processus de transfert des connaissances, afin de favoriser une application uniforme dans toutes les régions.
Réponse de la direction et mesures de suivi
Le secteur des Traités et gouvernement autochtone (TGA) reconnaît le besoin continu de mettre en place des processus d'intégration, de formation et de transfert de connaissances solides afin qu'il puisse continuer à soutenir la reconnaissance et la mise en œuvre des droits des peuples autochtones.
Pour faire avancer ces travaux, Le secteur des TGA :
- mettra à jour régulièrement des outils et du matériel de formation complets afin de soutenir les négociateurs fédéraux de première ligne et les conseillers en matière de politiques, en s'appuyant sur les ressources actuelles, notamment la stratégie d'apprentissage du secteur des TGA;
- continuera, lorsque les ressources le permettront, d'offrir des occasions de perfectionnement aux tables de négociation, notamment sur la gestion d'une table, la tenue de discussions difficiles, la compréhension de questions complexes, l'élaboration de stratégies de négociation ainsi que la clarification des rôles et responsabilités.
Gestionnaire responsable (titre)
- Le secteur des TGA – Direction générale de l'élaboration et coordination de politique (DGECP)
- Toutes les directions générales du secteur des TGA
Date prévue de la mise en œuvre
Achevé d'ici le 31 mars 2027
Recommandation 2
La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait étudier les options visant à améliorer l'accessibilité et l'intégration des outils numériques actuels (p. ex. le SIBR), afin d'assurer un accès amélioré et plus rapide à des indicateurs clés pour la surveillance des négociations et la prise de décisions.
Réponse de la direction et mesures de suivi
Le secteur des TGA reconnaît les enjeux liés aux outils numériques actuels. Lorsque les fonds seront disponibles, il fera progresser la modernisation, l'automatisation et l'intégration des outils numériques, comme le SIBR, pour :
- renforcer la documentation, la cohérence et la transparence du programme de négociation;
- améliorer la fiabilité des données pour soutenir la prise de décisions fondée sur des données probantes.
Si le financement n'est pas disponible immédiatement, Le secteur des TGA entreprendra des améliorations progressives visant à simplifier les outils actuels du programme, optimiser les ententes sur les niveaux de service et les coûts, et renforcer progressivement les pratiques de gestion de l'information.
Gestionnaire responsable (titre)
Le secteur des TGA – Direction générale du financement (DGF) et DGECP avec l'aide des Directions générales du secteur des TGA
Date prévue de la mise en œuvre
Achevé d'ici le 3 mars 2028
Recommandation 3
La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait établir des directives et des processus plus clairs pour la gouvernance et la collaboration entre les ministères fédéraux, notamment en précisant quand et comment les enjeux non résolus, comme les conflits juridiques, les problèmes de financement ou les désaccords liés à la résolution des enjeux stratégiques en matière de négociation, devraient être transmis à la haute direction ou aux organes de gouvernance. Ces processus pourraient inclure des mécanismes assurant le suivi et améliorant la cohérence entre les tables de négociation.
Réponse de la direction et mesures de suivi
Le secteur des TGA reconnaît la nécessité de disposer de processus, de documents d'orientation, d'outils et de protocoles de renvoi aux échelons supérieurs clairs pour les enjeux non résolus afin d'aider les négociateurs à concilier les enjeux naturels qui émergent lors de l'élaboration conjointe des mandats et des ententes de négociation. Toute amélioration des processus ou des outils doit tenir compte de la nécessité d'assurer la cohérence avec les droits et les intérêts des partenaires autochtones.
Le secteur des TGA continuera à établir des processus et des directives clairs en matière de gouvernance et de collaboration en :
- cherchant à élaborer des documents d'orientation supplémentaires à l'intention des négociateurs afin de les aider à opérationnaliser les principaux intérêts fédéraux aux tables de négociation;
- continuant d'utiliser les comités directeurs fédéraux actuels pour assurer un lieu de collaboration et de discussion entre les ministères fédéraux;
- continuant d'utiliser les outils de suivi actuels, comme le CGT, pour assurer une affectation uniforme des ressources;
- améliorant la fiabilité des données afin de soutenir la prise de décisions fondée sur des données probantes.
Gestionnaire responsable (titre)
Le secteur des TGA – DGECP
Date prévue de la mise en œuvre
Achevé d'ici le 31 octobre 2027
Recommandation 4
La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait mettre en œuvre un cadre normalisé et évolutif afin de renforcer les questions générales de communication, de cohérence et d'orientation dans les négociations. Ce cadre devrait offrir une certaine souplesse pour améliorer les outils en fonction de la capacité et des ressources disponibles.
Réponse de la direction et mesures de suivi
Le secteur des TGA reconnaît la valeur des mesures visant à suivre et à intégrer les intérêts et les perspectives des partenaires autochtones. Il est important de tenir compte du fait que l'élaboration conjointe d'ententes offre l'occasion de travailler en partenariat avec des partenaires autochtones et de refléter leurs besoins et leurs intérêts.
À l'avenir, le secteur des TGA :
- cherchera à recueillir, suivre et documenter les intérêts et les points de vue des partenaires autochtones aux différentes tables, lorsqu'ils sont pertinents pour l'élaboration de politiques. Dans la mesure du possible, le Secteur s'efforcera d'intégrer cette fonctionnalité dans le SIBR (ou un autre système de gestion de l'information) afin de simplifier les exercices de collecte de données;
- continuera de tirer parti du CDF sur les droits prévus à l'article 35 et de l'améliorer en tant que forum pour diffuser et faire progresser les points de vue des autochtones, y compris en invitant les partenaires autochtones à discuter des étapes clés des négociations lors des réunions.
Gestionnaire responsable (titre)
Directions générales du secteur des TGA et DGECP
Le secteur des TGA – DGECP
Directions générales du secteur des TGA et DGECP
Date prévue de la mise en œuvre
Achevé d'ici le 31 mars 2027
Recommandation 5
La sous-ministre adjointe principale du secteur des TGA devrait renforcer la surveillance des négociations en mettant en œuvre une surveillance centralisée, en permettant des vérifications plus agiles et en améliorant les pratiques d'établissement des coûts, d'intégration et de renforcement des capacités externes afin de mieux harmoniser les ressources avec les exigences de la charge de travail et la préparation des partenaires.
Réponse de la direction et mesures de suivi
Le secteur des TGA reconnaît l'importance d'assurer une surveillance adéquate des négociations afin de garantir que les investissements consentis dans les discussions mènent à des résultats concrets pour le Canada et pour les partenaires autochtones participants.
Afin de surveiller l'alignement continu des ressources sur les priorités et améliorer l'estimation des coûts ainsi que le renforcement des capacités, Le secteur des TGA :
- utilisera les processus de gestion des tables actuels pour surveiller régulièrement la manière dont les ressources sont attribuées aux tables, s'assurer que les tables actives sont axées sur l'obtention de résultats, et veiller à ce que les examens soient réalisés de façon régulière et uniforme;
- cherchera à intégrer toute nouvelle fonctionnalité au SIBR (ou à un autre système de gestion de l'information) afin de fournir aux décideurs des données à jour.
Lorsque les fonds seront disponibles, il fera progresser la modernisation et l'intégration des outils numériques, comme le SIBR, pour :
- renforcer la documentation, la cohérence et la transparence du programme de négociation;
- améliorer la fiabilité des données pour soutenir la prise de décisions fondée sur des données probantes.
Gestionnaire responsable (titre)
Le secteur des TGA – DGECP
Le secteur des TGA – DGF, et DGECP avec l'aide des Direction générale du secteur des TGA
Date prévue de la mise en œuvre
Achevé d'ici le 3 octobre 2027
Achevé d'ici le 31 mars 2028
Annexe A : Critères d'audit
Critères d'audit 1 - Lacunes en matière de gouvernance, de surveillance et de collaboration
Les structures de gouvernance, les mécanismes de surveillance et de reddition de comptes, ainsi que les cadres de collaboration sont clairement définis et documentés pour appuyer la prise de décision, suivre les progrès, garantir le respect des politiques et atténuer les risques liés à l'application incohérente des politiques, à l'inefficacité du programme et aux lacunes dans le suivi des traités.
- 1.1 Les structures de gouvernance et les cadres de collaboration sont clairement documentés et communiqués et sont associés à des rôles et responsabilités bien définis pour soutenir la prise de décision et le suivi des négociations.
- 1.2 Des mécanismes de surveillance, appuyés par des systèmes de données budgétaires, fournissent des données fiables et prêtes à l'emploi dans les décisions, suivent la négociation des traités, assurent le respect des politiques et permettent des interventions en temps opportun.
- 1.3 Des mécanismes d'évaluation des risques sont en place pour cerner et traiter les inefficacités dans la mise en œuvre du programme et garantir l'adéquation avec les objectifs de réconciliation.
Critères d'audit 2 - Risques liés à la gestion des relations et des attentes
Les stratégies de négociation sont conçues pour soutenir efficacement une participation véritable des groupes autochtones aux négociations, tenir compte des contraintes de capacité, gérer les préoccupations des intervenants et intégrer les commentaires reçus pour orienter les rajustements de politiques et assurer une communication claire des attentes et des échéanciers.
- 2.1 Les stratégies de mobilisation sont conçues pour soutenir efficacement une participation véritable des groupes autochtones aux négociations ainsi qu'une communication transparente sur les résultats.
- 2.2 Les attentes, les échéanciers et les résultats attendus sont clairement communiqués, et des mécanismes permettent de gérer les contraintes de capacité et les enjeux liés à l'élaboration conjointe.
- 2.3 Les commentaires reçus des partenaires autochtones sont systématiquement consignés et utilisés pour rajuster les politiques et instaurer un climat de confiance.
Critères d'audit 3 - Contraintes en matière de capacité et de ressources
Les stratégies de renforcement des capacités, d'affectation des ressources et de gestion de la charge de travail permettent de combler les lacunes en matière d'expertise, d'équilibrer les charges de travail et d'assurer des progrès dans l'élaboration des politiques, les négociations fondées sur les droits prévus à l'article 35 et la gestion des litiges, ce qui évite les retards et garantit que les activités critiques disposent des ressources nécessaires.
- 3.1 Les plans d'affectation des ressources répartissent la charge de travail selon les priorités du programme, remédient aux disparités de capacité et garantissent le financement d'activités essentielles comme les évaluations des droits constitutionnels prévus à l'article 35.
- 3.2 Les programmes de renforcement des capacités internes visent à combler les lacunes en matière d'expertise et à assurer le transfert des connaissances pour soutenir la mise en œuvre efficace du programme.
- 3.3 Les mécanismes de soutien en matière de renforcement des capacités externes (c.-à-d. la formation des partenaires autochtones) sont clairement définis, sont documentés et s'alignent sur les objectifs du programme.
- 3.4 D'autres mécanismes sont en place pour surveiller la charge de travail, cerner les domaines prioritaires et réaffecter les ressources de manière dynamique afin d'atténuer les risques de retards, d'ententes incomplètes et de départs de personnel.