Comparution devant le Comité plénier du Sénat - Projet de loi C-5 (17 juin 2025)

Table des matières

1. Allocution d’ouverture

Déclaration liminaire de l'honorable Rebecca Alty,
ministre des Relations Couronne-Autochtones

lors de sa comparution devant le Sénat concernant le projet de loi C-5 intitulé Loi sur l'unité de l'économie canadienne
Ottawa (Ontario)
Le 17 juin 2025

Kwe kwe, Ullukkut, Tansi, hello, bonjour.

Honorables sénatrices et sénateurs, je vous remercie. Je tiens tout d'abord à souligner que nous sommes actuellement réunis sur le territoire non cédé du peuple algonquin Anishinaabeg.

Je suis heureuse de m'exprimer au sujet de ce projet de loi qui vise à bâtir une économie plus forte et plus équitable. Une économie qui inclut les peuples autochtones, à tous les niveaux.

Comme l'a expliqué mon honorable collègue, la première partie du projet de loi — la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada — vise à éliminer les obstacles. Le but est de permettre aux personnes, notamment aux communautés autochtones, de travailler où elles le souhaitent, d'accélérer la circulation des marchandises et de faciliter l'accès aux services.

La deuxième partie du projet de loi, la Loi visant à bâtir le Canada, nous aide à accélérer la réalisation des projets qui comptent. Des projets qui permettent de créer des emplois de qualité, de développer les infrastructures et de stimuler la croissance économique. Et nous ferons les choses correctement, c'est-à-dire en travaillant en partenariat avec les communautés autochtones, en protégeant l'environnement et en respectant les droits.

Cette loi instaure un cadre ambitieux.Les projets doivent répondre à un certain nombre de critères, dont l'un, à mon avis, est très important : ils doivent être prioritaires pour les dirigeants autochtones.

Pour que tout se passe bien, le nouveau Bureau des grands projets veillera à ce que la mobilisation et les consultations aient lieu tôt, souvent et de la bonne manière. Nous créons également un conseil consultatif autochtone chargé de définir la manière dont les projets seront évalués, et nous soutenons cette initiative avec un financement concret.

Si nous voulons aller de l'avant avec des projets d'envergure qui servent l'intérêt national, nous devons consulter les Autochtones comme il se doit.

Dans le cadre de ces efforts de renforcement du pays, nous serons guidés par le principe du consentement libre, préalable et éclairé. Nous sommes déterminés à respecter notre obligation constitutionnelle de consulter les peuples autochtones afin que leurs droits soient respectés et protégés.

Nous respecterons pleinement nos obligations en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, du devoir de consultation et de nos traités modernes et ententes sur l'autonomie gouvernementale.

Il s'agit d'un partenariat concret, d'un projet et d'une évaluation, de règles plus claires, d'échéanciers plus serrés et de meilleurs résultats, tout en respectant les voix autochtones, y compris leurs pratiques traditionnelles en matière de gestion des terres et des ressources.

Parallèlement, nous investissons dans la création de conditions plus équitables pour les gouvernements et les entreprises autochtones, notamment grâce au Programme de garantie de prêts pour les Autochtones, dont l'enveloppe de 10 milliards de dollars est destinée à soutenir les projets des groupes autochtones dans les domaines de l'énergie, des routes, des bâtiments et du commerce. Plus tôt cette année, 36 Premières Nations en Colombie-Britannique l'ont utilisé pour obtenir une part de 12,5 % dans un important gazoduc, afin de générer des revenus.

Nous soutenons la participation des Autochtones aux grands projets liés aux ressources dans le cadre de l'Initiative sur les partenariats stratégiques, dirigée par ma collègue, la ministre des Services aux Autochtones, et qui a permis de générer plus de 580 millions de dollars à partir de 195 millions de dollars au cours des dix dernières années. Voilà à quoi ressemble un partenariat concret, soit des changements à long terme qui renforcent les communautés.

Investir dans les économies autochtones profite à tous. De récents rapports montrent à quel point les retombées peuvent être importantes.

L'Assemblée des Premières Nations, le Ralliement national des Métis et l'Inuit Tapiriit Kanatami ont tous produit des rapports qui montrent que le fait de combler les lacunes en matière d'infrastructures et d'investir dans l'économie autochtone peut avoir des effets bénéfiques considérables sur l'économie en général. Selon le Conference Board du Canada, le seul fait de combler le déficit d'infrastructures des Premières Nations peut générer des résultats de plus de 635 milliards de dollars, 2,4 millions d'emplois sur une période de sept ans et 87 milliards de dollars de recettes publiques.

Il ne s'agit pas seulement d'investissements communautaires, mais de moyens de bâtir une économie plus forte pour tout le monde.

Afin de renforcer le partage de la prospérité avec les communautés autochtones, nous travaillons également à l'élaboration de meilleures méthodes de résolution des revendications particulières, plus rapides, plus équitables et plus respectueuses. Nous améliorons également le processus d'ajouts aux réserves, en le rendant plus clair et plus rapide. Ces mesures favorisent l'autodétermination des Autochtones et la prospérité à long terme des communautés autochtones et de l'ensemble du Canada.

La population est au cœur de tout cela. Il s'agit de s'assurer que les communautés disposent de ce dont elles ont besoin pour se développer, s'autonomiser et prospérer. Et il s'agit de créer des emplois pour les parents et les familles vivant dans des communautés saines et dynamiques

C'est l'objet du projet de loi C-5. Une nouvelle façon de travailler ensemble, qui respecte les droits, favorise l'équité et offre de réels débouchés.

Supprimons les barrières qui nous divisent. Choisissons le progrès, le partenariat et l'espoir.

C'est à nous de façonner, ensemble, notre avenir.

Je vous remercie. Meegwetch.

2. Développement économique

Le rôle des institutions financières des Premières Nations dans le développement économique

  • Le Conseil de gestion financière des Premières Nations (CGFPN), la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN), et l'Administration financière des Premières Nations (AFPN) ont été établis en vertu de la Loi sur la gestion financière des premières nations (LGFPN) il y a presque vingt ans. La loi a été amendé en 2023 pour créer l'Institut des infrastructures des Premières Nations (IIPN).
  • Ces institutions dirigées par des Autochtones fournissent des services essentiels aux communautés, leur permettant d'exercer leur compétence fiscale par l'imposition de taxes, le renforcement de leurs capacités financières et la gestion de tous les aspects de la planification et du développement des infrastructures. La Loi prévoit également un mécanisme novateur pour donner accès à des capitaux très abordables.
  • Depuis 2006, le régime a connu un franc succès, avec 375 Premières Nations qui y ont adhéré. De ce nombre, 292 ont développé une capacité financière importante et ont adopté des lois sur l'administration financière. 153 Premières Nations exercent des pouvoirs d'imposition foncière en vertu de la Loi, générant plus de 100 millions de dollars de revenus annuels pour ces Nations. De plus, 96 Premières Nations ont obtenu un financement total de 3,4 milliards de dollars par l'intermédiaire de l'Autorité financière des Premières Nations pour soutenir des projets d'infrastructure et de développement économique.
  • De nombreuses sociétés de développement économique, établies dans le cadre des structures de gouvernance autochtones, en particulier dans le Nord, ont réussi à obtenir des résultats significatifs pour les communautés tout en faisant progresser des intérêts économiques novateurs.
  • Alors que nous réorganisons l'économie canadienne, nous avons une excellente occasion de miser sur le succès de ces institutions en leur offrant plus d'occasions d'avoir un impact. Nous étudions actuellement comment ces institutions peuvent accroître leur portée et jouer un rôle de soutien auprès des communautés des Premières Nations qui souhaitent participer à des projets d'importance nationale.

Le rôle des institutions financières autochtones dans le développement économique

  • Par l'intermédiaire du Programme d'entrepreneuriat autochtone, Services aux Autochtones Canada (SAC) soutient l'Association nationale des sociétés autochtones de financement (ANSAF) et l'Association des sociétés de financement Métis qui travaillent avec un réseau de plus de 50 institutions financières autochtones (IFAs) qui fournissent des services financiers et des prêts aux entrepreneurs autochtones dans toutes les régions du pays.
  • Depuis les années 1980, le réseau des IFAs a accordé 50 000 prêts totalisant 3 milliards de dollars à des entreprises appartenant à des Premières Nations, des Métis et des Inuits. On estime que pour chaque million de dollars de prêts accordés par les institutions financières autochtones, 3,6 millions de dollars de PIB total et 51 emplois sont créés.
  • Il est possible de miser sur le succès de ces institutions et de permettre aux entrepreneurs de soutenir et de tirer profit de projets d'importance nationale. L'ANSAF et le Conseil pour l'avancement des agents de développement autochtones ont récemment annoncé le Projet pilote de chaîne d'approvisionnement de la défense autochtone, un nouveau programme pilote favorisant la participation des communautés et des entreprises autochtones à la chaîne d'approvisionnement de la défense du Canada.
  • Ma collègue qui est responsable de Services aux Autochtones Canada (SAC) pourra vous donner des renseignements plus détaillés sur les IFAs, car ils relèvent de son mandat.

Si l'on insiste sur les ajouts aux réserves (AR)

  • Mon ministère est responsable de la politique qui appuie les Premières Nations dans l'expansion de leurs terres de réserve par le processus des ajouts aux réserves, ce qui permet une plus grande autodétermination en matière de planification et de développement économique grâce à un meilleur accès aux terres.
  • En facilitant les ajouts aux réserves, mon ministère contribue également à créer des occasions d'investissement, d'affaires, d'agriculture et de développement des ressources, ce qui génère des revenus, de l'emploi et une croissance économique durable pour les Premières Nations et les communautés avoisinantes.
  • Les ajouts aux réserves, particulièrement en milieu urbain, permettent aux Premières Nations d'accéder à de plus grands marchés et de collaborer avec les gouvernements locaux sur des projets d'infrastructure, favorisant ainsi la croissance des entreprises, les partenariats, la création d'emplois et les retombées économiques partagées.

Si l'on insiste sur l'initiative de refonte de la politique des AR:

  • Depuis des décennies, les Premières Nations expriment leur frustration face à la lenteur du processus d'ajout de terres aux réserves, ce qui entraîne la perte de nombreuses occasions économiques.
  • Le gouvernement du Canada a reconnu qu'une refonte en profondeur était nécessaire et travaille actuellement à la coélaboration politique sur les AR qui soit plus efficace et efficiente, et qui réduise les retards et les obstacles à la mise de côté des terres en tant que réserves.
  • Il y a près de trois ans, le Ministère a lancé une démarche d'engagement auprès des Premières Nations et de leurs organisations partout au pays. Plus de 930 recommandations ont été reçues pour éclairer la nouvelle politique.
  • Parallèlement, et afin de guider le processus, mon ministère a mis sur pied un comité consultatif technique composé de représentants de l'Assemblée des Premières Nations, du Centre de ressources sur la gestion des terres des Premières Nations, de l'Association nationale des gestionnaires de terres autochtones, de Premières Nations autonomes, de SAC et de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC).
  • Le comité fournit des conseils techniques et des points de vue pour appuyer l'élaboration d'options de politiques fondées sur les recommandations issues des activités d'engagement dirigées par les Premières Nations.
  • Mon ministère travaille maintenant avec le comité à finaliser une ébauche de politique fondée sur les commentaires reçus dans le cadre des activités d'engagement dirigées par les Premières Nations. Une fois complétée, l'ébauche sera largement partagée avec les Premières Nations et leurs organisations pour recueillir d'autres commentaires avant de finaliser la politique.

Le rôle des jeunes Autochtones dans le développement économique

  • Il est possible d'appuyer la création d'emplois pour les jeunes autochtones afin de favoriser l'indépendance économique et la croissance durable des communautés autochtones.
  • Les jeunes autochtones demandent aux gouvernements de créer des occasions de développer et d'améliorer leurs compétences et d'accroître leur participation à la prise de décisions pour s'assurer que leurs besoins sont satisfaits et que les résultats sont atteints.
  • Les solutions doivent tenir compte des obstacles et des défis propres aux jeunes autochtones, y compris les traumatismes intergénérationnels et le racisme systémique.

Contexte

  • La LGFPN et ses institutions fournissent un cadre législatif qui renforce la capacité financière des communautés des Premières Nations, favorise les emprunts à faible coût pour le développement économique et les projets d'infrastructure, et offre aux Premières Nations des options pour accroître leurs revenus grâce à la perception des impôts dans les réserves. Les communautés qui collaborent avec ces institutions autochtones ont considérablement accru leurs possibilités de création de richesse durable.
  • Les institutions financières autochtones (IFAs) sont des organismes financiers communautaires autonomes, contrôlés par des Autochtones. Elles offrent des prêts au développement, du financement d'entreprise et des services de soutien aux entreprises des Premières Nations, des Métis et des Inuits dans toutes les provinces et tous les territoires.
  • Le processus d'ajout de terres aux réserves (AR) a longtemps été critiqué pour son inefficacité et sa complexité excessive, ce qui constitue un obstacle à l'expansion rapide des terres. En réponse, le gouvernement du Canada a lancé une initiative visant à coélaborer une politique des AR refondue.
  • À partir de janvier 2022, une première phase d'engagement a permis de recueillir des orientations sur la façon de mener une consultation significative alignée sur les priorités des Premières Nations. Ce processus a mené à un appel de propositions pour des activités d'engagement dirigées par les Premières Nations, qui ont généré plus de 930 recommandations. À l'été 2024, un comité consultatif technique a été mis en place, incluant des représentants d'organisations des Premières Nations et d'organismes gouvernementaux, afin de fournir des conseils techniques fondés sur ces recommandations.
  • En s'appuyant sur ces contributions, le gouvernement du Canada collaborera avec ses partenaires pour élaborer une politique des AR qui simplifie le processus et offre une plus grande flexibilité, tout en soutenant mieux le développement économique et en reflétant les priorités des Premières Nations. L'expansion des terres de réserve peut favoriser la création de richesse et la viabilité économique en permettant des investissements dans les secteurs des affaires, du tourisme, de l'agriculture et des ressources naturelles – ce qui génère des emplois et des revenus pour les membres des Premières Nations ainsi que pour les communautés environnantes. Ce potentiel est illustré par une étude de 2014 sur six ajouts de réserves urbaines, qui a démontré l'impact significatif de telles expansions : plus de 7 900 emplois créés sur et hors réserve, plus de 1 milliard de dollars en retombées économiques pour les Premières Nations et les communautés avoisinantes, ainsi que des millions en bénéfices fiscaux pour les gouvernements locaux.
  • La population autochtone est la population la plus jeune et la plus dynamique au Canada entre 2016 et 2021 (recensement). Chez les jeunes autochtones âgés de 20 à 24 ans, 70 % avaient terminé leurs études secondaires, comparativement à 91 % de leurs homologues non autochtones. Selon le Recensement de 2021, le taux d'emploi des jeunes autochtones était de 39,3 % et le taux de chômage de 23 %, comparativement à 52,8 % et à 15,1 % pour les jeunes non autochtones.

3. Favoriser la mobilisation précoce

Si l'on insiste sur les outils et le soutien mis en place

  • Les discussions avec les peuples autochtones dans le cadre du renouvellement des lignes directrices fédérales en matière de consultation et d'accommodement a confirmé que l'engagement et la participation dès la conception des projets sont essentiels pour faire avancer les projets en temps opportun.
  • Les communautés autochtones ont été claires : une notification précoce leur permet de consulter les informations sur le projet, d'activer leurs capacités internes et de se mobiliser conformément à leurs protocoles de gouvernance. Elles ont également souligné l'importance des outils de soutien des capacités.
  • Des travaux sont en cours pour accélérer la mise en place de nouveaux protocoles de consultation et de centres de ressources destinés aux communautés qui en auront besoin.
    • Ces outils aideront à clarifier les approches de consultation privilégiées par ces communautés et fourniront les informations et la recherche nécessaires concernant les communautés concernées.
  • Nous travaillons à la modernisation et à l'actualisation du Système d'information sur les droits ancestraux et issus de traités. Cela permettra aux représentants fédéraux de disposer d'informations plus complètes et précises sur les communautés afin de mieux identifier les interlocuteurs à consulter et à mobiliser.
  • Nous continuerons à écouter les communautés autochtones et à leur fournir les outils et ressources nécessaires pour qu'elles puissent participer efficacement et de manière significative à ces processus.

Contexte

Protocoles sur la consultation

  • Les protocoles sur la consultation établissent un processus que les ministères fédéraux doivent suivre lorsqu'ils consultent sur les répercussions négatives potentielles sur les droits ancestraux ou issus de traités. Ils facilitent la mobilisation, favorisent l'établissement de relations et clarifient les rôles et responsabilités entre les gouvernements et les communautés autochtones.
  • Il y a présentement 13 protocoles en place :
    1. Kwilmu'kw Maw-klusuaqn Negotiation Office (NS) (2010)
    2. Mi'gmawei Mawiomi Secretariat (QC) (2012)
    3. L'nuey (PEI) (2013)
    4. Assembly of First Nations Chiefs of New Brunswick (MTI) (2013)
    5. Métis Nation of Ontario (2015)
    6. Waban-Aki (QC) (2018)
    7. Métis Nation of Alberta (2018)
    8. Mississaugas of the Credit First Nation (ON) (2018)
    9. Huron-Wendat (QC) (2019)
    10. Sto: Lo (BC) (2019)
    11. Kitselas First Nation (BC) (2023)
    12. Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk (QC) (2024)
    13. Innu (Pétapan) (QC) (2025)
  • Il y a quatre protocoles additionnels qui sont présentement en processus de co-développement:
    • Peskotomuhkati (NB)
    • Wolastoqey Nation of New Brunswick (WNNB) (NB)
    • Innu Nation (NL)
    • Algonquin Anishinabeg Nation Tribal Council (AANTC) (QC)

Centres de ressources pour la consultation

  • Un centre de ressources pour la consultation est une équipe au sein d'une organisation autochtone existante qui soutient le renforcement des capacités des communautés autochtones afin de répondre aux demandes de consultation. Cela comprend la formation, l'élaboration de pratiques exemplaires, la coordination de la recherche et la collecte d'informations.
  • Il y a cinq centre de ressources en place:
    1. Institut de Développement Durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (2016)
    2. Métis Settlements General Council (AB) (2017)
    3. Métis Nations-Saskatchewan (2017)
    4. File Hills Qu'Appelle Tribal Council (SK) (2018)
    5. Métis Nation of Alberta (2018)
  • Ensemble, les protocoles et les centres de ressources contribuent à clarifier les attentes et les exigences des communautés autochtones en matière de consultation, tant pour le gouvernement que pour les promoteurs.
  • Les protocoles de consultation et les centres de ressources répondent aux engagements énoncés dans le Plan d'action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies, en particulier à la mesure 68 du Plan d'action, qui prévoit ce qui suit :
    • Le Canada renforcera la participation des peuples autochtones à la prise de décisions grâce à une approche pangouvernementale améliorée en matière de consultation et d'accommodement, alignée sur la Déclaration des Nations Unies, en élaborant conjointement avec les partenaires autochtones des mécanismes de consultation établissant des processus convenus pour le devoir de consulter et l'engagement, d'une manière conforme aux objectifs d'autodétermination et au principe du consentement libre, préalable et éclairé.

Coordonnateur des consultations de la Couronne

  • En 2024-2025, en réponse aux engagements pris dans le Budget 2024 visant à rationaliser les processus réglementaires et à réduire la fatigue liée aux consultations, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) a engagé un dialogue avec des groupes autochtones afin d'améliorer la fonction de coordination des consultations de la Couronne pour les projets non désignés au sud du 60e parallèle nécessitant plusieurs autorisations réglementaires fédérales (par exemple, des permis).
  • RCAANC a tiré parti de forums et de réseaux existants pour mener des discussions avec des Premières Nations, les Inuit et les Métis, notamment les Comités consultatifs autochtones de surveillance (CCAS) des projets Ligne 93 (anciennement « Ligne 3 ») et Expansion de Trans Mountain, afin de mieux comprendre les défis et les points de vue liés à la coordination des consultations de la Couronne.
  • Grâce à cette mobilisation, diverses possibilités ont été identifiées pour renforcer la coordination des consultations de la Couronne entre les ministères et organismes fédéraux, comme le résume le document Résumé de la mobilisation sur la coordination des consultations de la Couronne. Cela comprend des aspects tels que le financement prévisible, le suivi et la surveillance centralisés, la reddition de comptes quant aux mesures d'accommodement, et la coordination de l'accès aux décideurs fédéraux.

Mobilisation pour le renouvellement des lignes directrices en matière de consultation et d'accommodement

  • La première phase de la mobilisation s'est déroulée de février à septembre 2024, réunissant 347 participants issus de 228 communautés et organisations, à travers 18 sessions régionales dans neuf régions différentes et deux sessions virtuelles. Les apprentissages tirés de cette phase sont présentés dans le Rapport provisoire sur ce que nous avons appris et dans une version résumée, le Rapport d'accompagnement provisoire sur ce que nous avons appris.
  • Bien que ce processus soit axé sur le renouvellement des lignes directrices sur la consultation et l'accommodement, les apprentissages peuvent également bénéficier à d'autres initiatives liées à la consultation, telles que les outils de coordination et de soutien des capacités.
  • Quatre sessions régionales pour la deuxième phase de la mobilisation ont eu lieu en février et mars 2025, avec la participation de 74 personnes de 58 communautés et organisations autochtones. La mobilisation se poursuivra de septembre à décembre 2025, avec 13 sessions régionales et cinq sessions virtuelles prévues.
  • Un financement de contributions de 10 millions de dollars sur trois ans, de 2023-2024 à 2025-2026, a été alloué à ce processus de mobilisation nationale.

4. Grands projets

Si l'on insiste sur comment la législation sera-t-elle mise en œuvre en ce qui concerne les grands projets

  • Je soutiens mon collègue, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, des Affaires intergouvernementales et de l'Unité de l'économie canadienne, dans l'avancement de la législation à travers le processus parlementaire et dans l'élaboration des outils de mise en œuvre une fois le projet de loi adopté.
  • Je crois que la participation des détenteurs de droits autochtones dans le processus de mise en œuvre est essentielle. Le Conseil consultatif autochtone peut jouer un rôle à cet égard, en complément d'une mobilisation bilatérale avec les gouvernements autochtones.

5. L’obligation de consulter

Si l'on insiste sur les lignes directrices fédérales en matière de consultation et d'accommodement

  • Pour aider les fonctionnaires fédéraux à mieux respecter l'obligation de consulter, des travaux sont en cours pour renouveler les lignes directrices qui définissent l'approche générale en matière de consultation et d'accommodement pour le gouvernement du Canada.
  • Ces travaux sont réalisés grâce à une mobilisation significative avec les communautés et organisations autochtones, et de nouvelles lignes directrices seront publiées en 2026.
  • Il a été recommandé d'améliorer la compétence culturelle des fonctionnaires fédéraux, notamment par des apprentissages sur le terrain qui reflètent l'histoire, la culture, la gouvernance et les protocoles propres à chaque communauté.
  • Les processus de consultation et d'accommodement doivent mieux refléter l'esprit d'une véritable collaboration et des partenariats de nation à nation.

Si l'on insiste sur le consentement préalable, libre et éclairé

  • Le renouvellement des lignes directrices fédérales en matière de consultation est en cours par le biais d'une mobilisation avec les peuples autochtones, et explore le consentement préalable, libre et éclairé dans le cadre de l'obligation légale de consulter.
  • Le gouvernement a exprimé son engagement à respecter le principe du consentement préalable, libre et éclairé; et le ministère de la Justice continue de jouer un rôle de premier plan sur ce sujet de manière plus générale.

6. Conclusion et mise en œuvre des ententes et revendications

Ententes territoriales

  • Nous établissons des relations durables avec les partenaires autochtones qui favorisent la prospérité économique et le bien-être social grâce aux traités modernes, aux ententes d'autonomie gouvernementale et à d'autres ententes de collaborations.
  • Le Canada compte plus de 170 tables de négociation actives avec plus de 500 groupes autochtones, soutenant les peuples autochtones dans la réalisation de leur vision de l'autodétermination en mettant en œuvre de traités, des ententes d'autonomie gouvernementale et d'autres arrangements constructifs.
  • Les traités avec les peuples autochtones comprennent à la fois les traités historiques avec les Premières Nations et les traités modernes.
    • Le gouvernement du Canada reconnaît 70 traités historiques au Canada, signés entre 1701 et 1923.
    • Le Canada a conclu 30 traités modernes et ententes sur l'autonomie gouvernementale avec 34 partenaires, ainsi que 10 ententes sectorielles.
  • Le gouvernement du Canada s'engage à entretenir des relations continues avec ses partenaires signataires de traités modernes et d'autonomie gouvernementale afin d'accomplir les obligations légales du Canada et d'atteindre nos objectifs communs.

Revendications particulières

  • Les revendications particulières sont des griefs historiques que les Premières Nations ont à l'égard du gouvernement du Canada pour ne pas avoir respecté ses obligations en vertu des traités conclus avant 1975 et pour avoir enfreint des obligations légales dans l'administration des terres et autres biens des Premières Nations. Grâce au processus de revendications particulières, le Canada peut régler ces griefs historiques par la négociation plutôt que s'en remettre aux tribunaux.
  • Continuer à faire progresser le règlement des revendications particulières appuiera la réconciliation avec les peuples autochtones en démontrant l'engagement du gouvernement à corriger les torts du passé et à collaborer avec les Premières Nations pour renforcer la fédération canadienne et l'économie. Les règlements de revendications peuvent aider les Premières Nations à investir dans leurs communautés et dans le développement économique, y compris dans des projets d'intérêt national.
  • En tant que ministre des Relations Couronne-Autochtones, j'ai la responsabilité de gérer plus de 750 revendications particulières à différentes étapes du processus, dont 400 en cours de négociation.
  • En 2024-2025, 69 revendications ont été réglées, représentant 7 milliards de dollars en indemnisation versée aux Premières Nations. Cela comprend 37 revendications liées aux prestations agricoles avec des Premières Nations visées par les traités 4, 5, 6 et 10, pour un montant de 5,28 milliards de dollars.
  • Un rapport commandé par le ministère souligne les vastes retombées économiques des règlements de revendications particulières. On estime que 1,7 milliard de dollars en règlements permet de créer près de 7 000 emplois, génère 455 millions de dollars en revenus de travail et augmente le produit intérieur brut de 718 millions de dollars.

Si l'on insiste sur les avantages économiques de la négociation d'ententes avec les groupes autochtones :

  • Les traités modernes et les ententes d'autonomie gouvernementale constituent un puissant moteur de prospérité économique, tant pour les peuples autochtones que pour l'ensemble du Canada. Ils offrent une stabilité juridique et réglementaire aux investisseurs, en remettant plus de pouvoirs décisionnels entre les main des Autochtones, en renforçant les capacités en favorisant l'intégration économique.
  • Négocier avec les groupes autochtones pour faire progresser l'autodétermination et l'autosuffisance permet aux communautés de tirer parti des occasions dans des secteurs clés, renforçant ainsi l'économie canadienne et sa compétitivité à l'échelle mondiale.
  • En date de mai 2025 :
    • Nombre de négociations actives : 173, plus 16 tables sur les annuités du Traité no 8
    • Nombre de traités modernes : 30
    • Nombre d'ententes autonomes sur l'autonomie gouvernementale conclues : 4
    • Nombre d'ententes sectorielles et d'ententes de gouvernance conclues (hors traité) : 5
    • Nombre d'arrangements constructifs conclus : 48

Si l'on insiste sur les détails du règlement des litiges :

  • Les revendications autochtones non résolues concernant les titres et droits ancestraux non cédés créent de l'incertitude quant à l'utilisation et à la propriété des terres, ainsi qu'aux obligations de la Couronne découlant de ces droits.
  • Les groupes autochtones ont le droit de choisir le forum qu'ils préfèrent pour résoudre leurs différends juridiques, et parfois, les litiges sont inévitables. Toutefois, le règlement des litiges à l'amiable permet aux parties de déterminer elles-mêmes l'issue du différend. Cela est préférable aux décisions judiciaires, qui peuvent limiter les approches de résolution de problèmes favorisant la réconciliation et les intérêts de toutes les parties.
  • Il y a actuellement 31 dossiers actif devant les tribunaux liés aux titres ancestraux au Canada — environ le tiers se trouvent en Colombie-Britannique — et 129 dossiers inactifs répartis dans toutes les juridictions, sauf le Nunavut.
  • Le règlement des litiges avec les groupes autochtones profite à l'économie de plusieurs façons :
    • Il aide à résoudre les différends, permettant aux projets et aux investissements d'aller de l'avant sans retards juridiques coûteux
    • Il favorise la confiance et établit des relations solides qui encouragent la collaboration dans le développement des ressources et les projets d'affaires
    • Il crée des conditions stables pour le développement économique
    • Il soutient la réconciliation et le bien-être social dans les communautés autochtones en appuyant des Nations plus saines et prospères

7. Souveraineté dans l’Arctique et dans le Nord

Si l'on insiste sur le Cadre stratégique pour l'Arctique et le Nord

  • Le Cadre stratégique pour l'Arctique et le Nord a été élaboré conjointement avec les peuples autochtones et les gouvernements territoriaux et provinciaux afin de fournir une orientation globale aux activités, aux priorités et aux investissements du gouvernement fédéral dans la région.
  • Notre gouvernement reconnaît qu'il faut en faire davantage pour combler les lacunes et réaliser la vision du Cadre. Notre plateforme de 2025 a présenté des engagements visant à atteindre cet objectif par le biais d'investissements en infrastructure.
  • Nous nous engageons à veiller à ce que les perspectives du Nord et de l'Arctique soient intégrées dans les initiatives fédérales, y compris des mesures pour soutenir les intérêts, les industries et les travailleurs nordiques face à des tarifs américains injustifiés.

Si l'on insiste sur l'engagement des partenaires du Nord et de l'Arctique

  • Les peuples du Nord et de l'Arctique sont au cœur de l'identité du Canada en tant que nation nordique et arctique. Ils doivent également être au cœur de la planification de l'avenir.
  • Notre gouvernement approfondira la collaboration et les partenariats, en tirant parti des relations et partenariats existants et en les améliorant, pour passer à l'action.

8. Les lacunes en matière d'infrastructure

Combler les lacunes en matière d'infrastructure

  • Des lacunes dans les infrastructures essentielles demeurent dans les communautés autochtones dans des domaines tels que les routes, les logements, les écoles et les communications.
  • Il existe d'importantes possibilités économiques pour combler le déficit d'infrastructure, comme l'a souligné le récent rapport du Conference Board du Canada à l'intention de l'Assemblée des Premières Nations.
  • Nous sommes saisis des avantages économiques qui découleraient de la réduction de cet écart, mais aussi de l'occasion qui s'offre à nous de nous attaquer à des problèmes de longue date au sein des communautés autochtones.
  • Nous devons faire preuve d'innovation dans nos approches de financement de cette infrastructure afin de trouver des possibilités d'impacts socioéconomiques à court terme tout en demeurant responsables sur le plan financier.
  • Nous devons veiller à ce que l'avenir des communautés autochtones soit autodéterminé par les peuples autochtones eux-mêmes.
  • Je continuerai de travailler avec mes collègues, y compris la Ministre des Services aux Autochtones et la Ministre des Affaires du Nord et de l'Arctique, pour aider à combler les lacunes en matière d'infrastructure dans les communautés autochtones de tout le pays.

Contexte

  • Le budget de 2021 prévoyait 4,3 milliards de dollars sur 4 ans pour le Fonds d'infrastructure communautaire autochtone. Ce fonds fondé sur les distinctions répond aux demandes immédiates, telles que déterminées par les partenaires autochtones, pour des projets en cours, nouveaux et prêts à démarrer dans les Premières Nations, y compris les partenaires autochtones de l'autonomie gouvernementale et des traités modernes, les Inuits, les communautés de la Nation métisse et les communautés des Premières Nations du Nord et des Métis du Nord.
  • Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada a versé 1,3 milliard de dollars du Fonds d'infrastructure pour les collectivités autochtones à des partenaires de l'autonomie gouvernementale et des traités modernes, aux organisations inuites signataires de traités, aux partenaires métis et aux partenaires autochtones du Nord.
  • Le budget de 2024 a également engagé 918 millions de dollars pour le logement et l'infrastructure des Autochtones.
  • L'Assemblée des Premières Nations et le Conference Board du Canada ont publié de nouvelles conclusions soulignant les avantages socioéconomiques importants de combler le déficit d'infrastructure des Premières Nations en mai 2025. Des analyses antérieures ont confirmé qu'un investissement fédéral de 349,2 milliards de dollars sur 10 ans est nécessaire pour combler cet écart, mais qu'il soutiendrait près de 338 3000 emplois annuels tout au long de l'année et, au cours des sept prochaines années, générerait 308,9 milliards de dollars en PIB, 86,7 milliards de dollars en revenus gouvernementaux et 202,7 milliards de dollars en revenus du travail.
  • En 2022, l'Inuit Tapiriit Kanatami, en collaboration avec les quatre organisations inuites de traités, a soumis un rapport soulignant que 55,3 milliards de dollars sur 10 ans et 793,7 millions de dollars par année seraient nécessaires pour soutenir leurs projets prioritaires visant à réduire le déficit d'infrastructure dans l'Inuit Nunangat.
  • En 2022, le Ralliement national des Métis a déterminé des besoins immédiats d'investissements dans l'infrastructure en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario de 2,41 milliards de dollars sur six ans, tandis que la Fédération des Métis du Manitoba a identifié des besoins d'investissements immédiats de 299,2 millions de dollars sur 10 ans.

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