Audit de la collection d'art autochtone
Rapport d'audit interne
Préparé par la Direction générale des services d'audit et d'assurance
Novembre 2024
Version PDF (1,4 Mo, 31 pages)
Table des matières
- Acronymes
- Sommaire
- 1. Contexte
- 2. À propos de l'audit
- 3. Principales constatations et recommandations
- 4. Conclusion
- 5. Plan d'action de la direction
- Annexe A : Critères de l'audit
- Annexe B : Événements clés de la collection d'art autochtone
- Annexe C : Activités du Centre d'art autochtone
- Annexe D : Considérations stratégiques pour l'avenir de la Collection d'art autochtone
Acronymes
- CAA
- Centre d'art autochtone
- Collection
- Collection d'art autochtone
- CT
- Conseil du Trésor du Canada
- ICC
- Institut canadien de conservation
- RCAANC
- Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
- SPAC
- Services publics et Approvisionnement Canada
Sommaire
Contexte
Fondé en 1965, le Centre d'art autochtone (CAA) appuie l'acquisition, la préservation, la protection et la promotion de l'art autochtone canadien contemporain. Le CAA supervise la collection d'art autochtone (la collection), une importante collection patrimoniale fédérale composée de 5 176 œuvres d'une valeur d'environ 14,4 millions de dollars et qui représente un large éventail de formes d'art provenant d'artistes éminents en milieu de carrière et émergents des Premières Nations, des métis et des inuits.
En 2022, le CAA a commencé à déménager la collection dans une installation d'entreposage temporaire de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) située dans la région de la capitale nationale (RCN), car l'installation d'entreposage précédente faisait l'objet de rénovations. En plus de l'installation d'entreposage de SPAC, le CAA entrepose une partie de la collection dans des installations d'entreposage tierces appartenant à des fournisseurs du secteur privé.
Dans le cadre de ses rôles et responsabilités de protéger, de préserver et de promouvoir l'art autochtone au sein de la collection, on s'attend à ce que le CAA respecte diverses exigences énoncées dans son autorisation de programme initiale accordée par le gouvernement en 1990, ainsi que dans la Politique sur la planification et la gestion des investissements du Conseil du Trésor (CT), la Directive sur la gestion du matériel, et les critères énoncés dans le cadre du programme Subventions de biens culturels mobiliers de Patrimoine canadien.
Objectif et portée
L'audit a pour objectif d'évaluer le caractère adéquat du cadre de contrôle de gestion en place pour l'acquisition, la préservation, la protection, la promotion, et le retrait de l'inventaireNote de bas de page 1 et/ou l'aliénation d'œuvres d'art détenues au sein de la collection d'art autochtone.
L'audit couvrait le cadre de contrôle de gestion en place au sein de la collection qui appuie l'acquisition, la préservation, la protection et la promotion de l'art autochtone canadien contemporain. Plus précisément, il portait sur l'attribution des rôles, des responsabilités et des obligations de rendre compte et sur les mécanismes de surveillance et de gouvernance de la collection. De plus, l'audit a permis d'examiner les processus et les procédures en place pour mesurer l'atteinte des objectifs du CAA ainsi que les processus en place pour éclairer les décisions de financement.
L'audit portait sur la période du 1er avril 2019 au 31 août 2024 relativement aux opérations d'acquisition et de prêts sur la base d'un échantillon. De plus, des activités d'audit ont été effectuées sur place dans une installation d'entreposage temporaire en juin 2024 et dans une installation d'entreposage d'œuvres d'art tierce en août 2024, de manière à fournir une assurance relative aux contrôles matériels et environnementaux en place. L'autre installation d'entreposage tierce a été exclue de la portée de l'audit en raison de la faible valeur monétaire ou de la partie relativement faible des œuvres qui y sont entreposées.
Constatations et conclusion
Dans l'ensemble, l'audit a permis de constater que le Ministère a mis en œuvre des composantes partielles d'un cadre de contrôle de gestion pour appuyer les activités liées à l'acquisition, à la préservation, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation des œuvres d'art autochtones au sein de la collection. Au sein du CAA, des rôles et des responsabilités ont été attribués pour exploiter la collection avec les systèmes en place afin d'appuyer la tenue de dossiers sur les œuvres d'art. De plus, la mise en place de l'installation d'entreposage temporaire a permis de répondre à certaines préoccupations antérieures liées à la préservation et à la protection qui avaient été déterminées au moyen d'inspections de l'espace d'entreposage antérieur. Le CAA a récemment établi des plans de gestion des urgences et de lutte antiparasitaire intégrée.
Bien que certaines composantes du cadre de contrôle de gestion soient en place, l'audit a permis de constater plusieurs possibilités d'amélioration. Plus précisément, l'audit a permis de constater que les principaux instruments de politique du CAA demeurent à l'état d'ébauche ou sont désuets. Il y avait également un manque de clarté en ce qui concerne les rôles et les responsabilités de surveillance et des rapports limités à la haute direction sur les activités du CAA. L'audit a également permis de constater qu'une partie de la collection est entreposée dans une installation d'entreposage tierce détenue et gérée par un fournisseur en raison des limites d'espace dans le lieu d'entreposage temporaire, mais qu'aucun contrat n'est en place pour gérer et superviser les services reçus et s'assurer que la collection est protégée conformément aux exigences du CAA.
L'audit a également permis de constater que le Ministère ne dispose pas d'un plan à jour pour soutenir la collection tout au long de son cycle de vie (planification et acquisition jusqu'au retrait de l'inventaire des œuvres d'art conservées dans la collection) et qu'il n'y a pas de processus en place pour déterminer et estimer les coûts globaux requis pour soutenir les opérations conformément à toutes ses exigences.
De plus, l'audit a permis de constater des occasions de renforcer ses contrôles internes pour gérer la collection, y compris la conservation appropriée des documents pour démontrer le bon fonctionnement de ses contrôles de la sécurité matérielle, de l'environnement et de la tenue des dossiers.
Recommandations
Les recommandations suivantes ont été formulées à la suite de l'audit :
- La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les instruments de politique pour la gestion de la collection d'art autochtone sont mis à jour, approuvés et mis en œuvre avec des rôles et des responsabilités clairement définis en matière d'activités de protection, de préservation et de promotion, conformément à la Directive sur la gestion du matériel du CT et aux normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale.
- La secrétaire ministérielle devrait examiner le besoin continu d'impartir de l'espace d'entreposage supplémentaire dans des délais immédiats et à plus long terme et veiller à ce qu'un cadre contractuel approprié soit mis en place pour gérer les risques liés à l'entreposage par un tiers de la collection d'art autochtone.
- La secrétaire ministérielle devrait mettre en œuvre des processus de surveillance pour s'assurer que les niveaux appropriés de la haute direction sont au courant des questions concernant la gestion de la collection d'art autochtone, y compris le respect de ses instruments de politique approuvés.
- La secrétaire ministérielle devrait :
- effectuer une analyse des coûts de base pour déterminer les niveaux d'effort et les coûts connexes pour la mise en œuvre et le respect des normes acceptables concernant les exigences en matière de protection, de préservation et de promotion tout au long du cycle de vie des œuvres d'art de la collection d'art autochtone et l'utiliser à des fins de budgétisation; et
- mettre en œuvre des processus pour mettre à jour périodiquement l'analyse des coûts.
- La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les contrôles de la sécurité matérielle, de l'environnement et de la tenue des dossiers sont bien conçus et fonctionnent conformément à ses instruments de politique et à ses normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale, et qu'une documentation suffisante est conservée pour démontrer que les contrôles sont correctement mis en œuvre et fonctionnent efficacement.
Considérations supplémentaires
Alors que le Ministère examine ses options en vue d'investir des ressources pour saisir les possibilités d'amélioration mentionnées tout au long du présent rapport, il devrait également examiner si la collection d'art autochtone devrait demeurer sous la responsabilité de RCAANC. Ces considérations devraient être prises en compte en consultation avec les principaux intervenants du CAA.
Énoncé de conformité
L'audit est conforme aux Normes internationales pour la pratique professionnelle de l'audit interne de l'Institut des auditeurs internes et à la Politique sur l'audit interne du gouvernement du Canada, comme en témoignent les résultats du programme d'assurance et d'amélioration de la qualité.
Réponse de la direction
La direction approuve les constatations. Elle a accepté les recommandations contenues dans le rapport et élaboré un plan d'action afin d'y répondre. Le plan d'action de la direction a d'ailleurs été intégré au présent rapport.
1. Contexte
À propos de la collection d'art autochtone
Le Centre d'art autochtone (CAA) a été créé en 1965 pour appuyer la création, la préservation et la promotion de l'art autochtone canadien contemporain. Par l'entremise du CAA, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) se voit confier le soin, le développement et la promotion de la collection d'art autochtone (la collection), l'une des plus importantes collections d'art autochtone contemporain au Canada. Il s'agit également d'une collection patrimoniale fédérale qui perpétue l'héritage de l'art autochtone contemporain au Canada.
En 1990, le CAA a obtenu une autorisation de programme pour financer un programme d'acquisition d'œuvres d'art autochtone à des fins d'expositions et de prêts à l'appui de la promotion d'une forme d'art émergente, ainsi qu'un programme d'entretien pour préserver la collection. Par l'intermédiaire de son programme, le CAA vise à appuyer le mandat de RCAANC par une sensibilisation visuelle à l'égard des peuples autochtones, de leur histoire et des problèmes actuels. Le CAA réalise son mandat grâce à divers programmes d'acquisition et à la promotion d'œuvres d'art dans des expositions et des publications, ainsi qu'à des programmes de prêt d'œuvres d'art externes.
En 2022, la collection a commencé à être transférée dans un entrepôt de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) situé dans la région de la capitale nationale (RCN) en raison des rénovations prévues dans l'ancienne installation d'entreposage de la collection. L'entreposage de la collection dans l'installation d'entreposage est temporaire et, en date d'août 2024, le déménagement de la collection était toujours en cours. En plus de l'installation d'entreposage temporaire de SPAC, le CAA entrepose une partie de la collection dans des installations d'entreposage tierces appartenant à des fournisseurs du secteur privé.
La collection se composait de 5 176 œuvres, dont la valeur totale déclarée est d'environ 14,4 millions de dollarsNote de bas de page 2. Elle comprend, sous plusieurs formes de médias artistiques, une représentation régionale d'artistes éminents, en milieu de carrière et émergents des Premières Nations, des inuits et des métis.
L'annexe B présente un calendrier des principaux événements du programme.
Aperçu du financement
Un financement est fourni à la collection par l'entremise du financement des services votés (annuel), qui est demeuré relativement stable sans augmentation importante depuis que l'autorisation de programme initiale a été accordée en 1990. La collection peut recevoir un financement supplémentaire par l'entremise de demandes de financement dans certaines situations, comme lorsque la collection devait être transférée vers un nouveau lieu d'entreposage. Le tableau 1 ci-dessous comprend les dépenses annuelles totales pour la collection tout au long de la période d'audit visée.
| Catégorie | 2018-2019 | 2019-2020 | 2020-2021 | 2021-2022 | 2022-2023 | 2023-2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Dépenses salariales | 331 557 $ | 519 991 $ | 608 971 $ | 672 909 $ | 602 582 $ | 752 214 $ |
| Fonctionnement et entretien | 818 850 $ | 417 677 $ | 1 359 295 $ | 249 173 $ | 639 589 $ | 407 875 $ |
| Total | 1 150 407 $ | 937 668 $ | 1 968 266 $ | 922 082 $ | 1 242 171 $ | 1 160 089 $ |
Responsabilités et rôles ministériels
Le CAA fait partie du Secrétariat ministériel de RCAANC et est chargé de diverses activités liées à la gestion de la collection, y compris l'acquisition, la documentation, la préservation, la promotion et le retrait de l'inventaire des œuvres d'art (voir l'annexe C pour plus de détails).
- Acquisition : Œuvres d'art acquises par transfert de propriété.
- Tenue de documents : Les œuvres d'art sont documentées et cataloguées selon des normes de collection de musées.
- Préservation et conservation : Surveillance et entretien continus de la collection selon des contrôles matériels et environnementaux.
- Promotion : Prêt d'œuvres d'art pour l'exposition.
- Retrait de l'inventaire et aliénation : Transfert dans d'autres institutions ou élimination par destructionNote de bas de page 3.
De plus, le dirigeant principal des finances, des résultats et de l'exécution (DPFRE) de Services aux Autochtones Canada (SAC) fournit plusieurs services de soutien à RCAANC dans le cadre d'une entente de niveau de service (ENS), y compris la gestion du matériel et des biens, la gestion des biens immobiliers et les services de sécurité et d'urgence.
Dans le cadre de ses rôles et responsabilités de protéger, de préserver et de promouvoir l'art autochtone au sein de la collection, on s'attend à ce que le CAA respecte diverses exigences énoncées dans son autorisation de programme initiale accordée par le gouvernement en 1990, ainsi que dans la Politique sur la planification et la gestion des investissements du Conseil du Trésor (CT), la Directive sur la gestion du matériel, et les critères énoncés dans le cadre du programme Subventions de biens culturels mobiliers de Patrimoine canadien.
2. À propos de l'audit
L'audit de la collection d'art autochtone a été inclus dans le plan d'audit axé sur les risques pour 2022-2023 et 2023-2024 approuvé par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.
2.1 Pourquoi c'est important
L'audit a été désigné comme une priorité en raison de plusieurs risques observés par le Ministère. En 2019, un besoin d'éliminer la menace de dommages qui pesait sur la collection a été déterminé à la suite de l'annonce par Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) des rénovations du complexe Les Terrasses de la Chaudière (LTDLC), et à ce titre, le Ministère a entrepris de déménager la collection dans une installation d'entreposage temporaire. Le Ministère est actuellement en train de déménager la collection dans un emplacement permanent.
Dans le cadre d'une évaluation des risques de fraude effectuée par le Ministère, les principaux risques liés à l'exhaustivité de l'inventaire de la collection d'art autochtone et aux contrôles de sécurité matérielle en place pour protéger la collection ont été déterminés, tant pendant qu'après le déménagement vers l'installation d'entreposage temporaire. La mauvaise manipulation des œuvres d'art importantes sur le plan culturel conservées dans le cadre de la collection pose un risque lié à la réputation et pourrait avoir une incidence négative sur la relation du Ministère avec les intervenants autochtones.
L'assurance dans ce domaine peut aider à réduire les risques que la collection ne soit pas préservée, protégée et promue de manière appropriée conformément aux politiques et aux normes pertinentes pour la préservation, la protection et la promotion des biens ayant une valeur patrimoniale.
2.2 Objectif de l'audit
L'audit a pour objectif d'évaluer le caractère adéquat du cadre de contrôle de gestion en place pour l'acquisition, la préservation, la protection, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art détenues au sein de la collection d'art autochtone. Plus précisément, l'audit garantira que :
- des mécanismes de gouvernance et de surveillance sont mis en œuvre pour assurer que la collection est gérée conformément aux politiques du Conseil du Trésor (CT) et aux directives ministérielles, et que les rôles, les responsabilités et la responsabilisation sont définis et exercés efficacement;
- des processus adéquats sont mis en œuvre pour appuyer la détermination des coûts nécessaires au maintien des opérations liées à l'acquisition, à la préservation, à la protection, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation d'œuvres d'art; et
- des contrôles clés efficaces sont mis en œuvre pour soutenir l'acquisition, la préservation, la protection, la tenue de dossiers, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art tout au long de leur cycle de vie conformément aux politiques du CT et aux directives ministérielles.
2.3 Portée de l'audit
L'audit couvrait le cadre de contrôle de gestion en place au sein de la collection qui appuie l'acquisition, la préservation, la protection et la promotion de l'art autochtone canadien contemporain. Plus précisément, l'audit portait sur l'attribution des rôles, des responsabilités, des obligations de rendre compte et sur les mécanismes de surveillance et de gouvernance de la collection. Il a permis d'examiner les processus en place afin de déterminer les coûts estimés pour soutenir les opérations liées aux diverses activités tout au long de la gestion du cycle de vie de la collection. L'audit a également permis d'examiner les processus en place pour éclairer les décisions de financement. De plus, l'efficacité des contrôles actuellement en place pour l'acquisition, la préservation (y compris les contrôles environnementaux), la protection (y compris les contrôles de sécurité matérielle), la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art détenues au sein de la collection a été évaluée. L'audit a également permis d'examiner les cadres de contrôle de gestion, y compris les processus et les procédures en place pour mesurer l'atteinte des objectifs du CAA.
L'audit a porté sur la période allant du 1er avril 2019 au 31 août 2024 relativement aux opérations d'acquisition et de prêts sur la base d'un échantillon. De plus, l'équipe d'audit a effectué des activités à l'installation d'entreposage temporaire en juin 2024, qui contenait 3 985 œuvres d'art d'une valeur de 11 millions de dollars environ, et dans une installation tierce d'entreposage d'œuvres d'art en août 2024, qui contenait 930 œuvres d'art d'une valeur de 2,2 millions de dollars environ, de manière à fournir une assurance relative aux contrôles matériels et environnementaux en place. La portée de l'audit excluait la réalisation d'inspections à l'un des lieux tiers d'entreposage, qui au moment de l'audit contenait dix œuvres d'art d'une valeur totale inférieure à 200 000 dollars, comme elle excluait l'inspection à la chambre forte, qui contenait 44 œuvres d'art d'une valeur de 10 000 dollars. Ces emplacements ont été exclus en raison du nombre relativement faible d'œuvres d'art qui s'y trouvaient et de leur valeurNote de bas de page 4.
Dans le cadre de l'audit, un échantillon d'œuvres d'art a été sélectionné en fonction de leur emplacement, type et valeur, entre autres facteurs, afin d'y vérifier l'existence de signes visibles de dommages et l'exactitude du système de tenue de dossiers (Mimsy XG).
2.4 Démarche et méthode d'audit
L'audit a été mené conformément à la Politique sur l'audit interne du Conseil du Trésor et au Cadre de référence international des pratiques professionnelles de l'Institut d'Audit Interne. L'équipe d'audit a examiné suffisamment de preuves pertinentes et obtenu suffisamment de renseignements pour fournir un niveau d'assurance raisonnable à l'appui de ses conclusions.
Effectué d'octobre 2023 à septembre 2024, le travail sur le terrain s'est échelonné sur trois phases : planification, réalisation et rédaction du rapport. Voici les principales techniques d'audit employées :
- Demande de renseignements à la direction;
- Inspection de documents pertinents;
- Observation matérielle d'échantillons d'œuvres d'art dans la collection entreposée aux entrepôts temporaires et aux lieux d'entreposage tiers;
- Inspection pas-à-pas des mesures de contrôle matériel et environnemental mises en place aux installations d'entreposage temporaires et aux entrepôts tiers; et
- Contrôle d'un échantillon d'opérations d'acquisition et de prêt.
Les critères appliqués dans l'audit se trouvent à l'annexe A.
3. Principales constatations et recommandations
3.1 Mécanismes de gouvernance et de contrôle
Critère no. 1 : Des mécanismes de gouvernance et de contrôle efficaces sont mis en œuvre pour garantir que la gestion de la collection est conforme aux politiques du Conseil du Trésor (CT) et aux directives ministérielles.
Contexte
En 1990, une décision relative à l'autorisation de programme a été reçue de la part du Conseil du Trésor concernant l'acquisition d'œuvres d'art autochtones, l'entretien permanent de la collection et sa préservation. Cette décision contenait les conditions principales qui s'appliquaient à la gestion de la collection, notamment :
- L'évaluation autonome de l'état de la collection, annuellement;
- L'entretien et l'entreposage des œuvres d'art se font selon des normes acceptables pour les musées et les galeries; et
- Les œuvres d'art sont entreposées dans une pièce à environnement contrôlé, dénuée de risque et agréée par l'Institut canadien de conservation (ICC).
De plus, la Directive du Conseil du Trésor sur la gestion du matériel exige des ministères qu'ils chargent un cadre supérieur de la responsabilité de l'inventaire et de la protection de tous les biens à valeur patrimoniale, notamment les artéfacts autochtones et les biens qui ont une importance culturelle pour les Canadiens.
Par ailleurs, le ministère du Patrimoine canadien a imposé d'autres conditions dans le programme Subventions de biens culturels mobiliers. Dans le cadre de ce programme, Patrimoine canadien accorde une désignation de catégorie A aux établissements des organismes en mesure de démontrer qu'ils ont la capacité d'entretenir et de préserver adéquatement les biens culturels à long terme. En recevant cette désignation, ces organismes sont en mesure de recueillir des objets d'importance exceptionnelle et d'importance nationale. L'obtention de la désignation de catégorie A procure un autre avantage : elle rassure les donateurs d'œuvres d'art sur la crédibilité de l'entrepôt et sur les normes qui y sont appliquées. Pour recevoir cette désignation, l'entrepôt passe par une évaluation technique effectuée par l'ICC, portant sur sa gestion, la sécurité incendie et ses mesures de sécurité. Patrimoine canadien définit les critères selon lesquels les organismes sont évalués pour recevoir la désignation de catégorie A, notamment les suivants :
- Politiques et plans : L'organisme doit disposer de politiques, de plans et de procédures écrites, complètes et à jour qui démontrent sa capacité à gérer les biens culturels de sa collection, à les préserver et à assurer leur sécurité. Ces politiques doivent comprendre des documents ou des clauses relatifs aux acquisitions, à la gestion de la documentation et de la collection, à l'entretien de la collection, à l'aliénation, aux expositions et aux prêts.
- Structure de gouvernance : L'organisme doit être en mesure de faire preuve d'une bonne structure de gouvernance, d'une gestion stable et de saines pratiques financières sur une période de deux ans.
- Installations : L'organisme doit faire la preuve que son installation permet l'entreposage de biens culturels certifiés dans un environnement contrôlé et d'y accéder. Il doit disposer d'un système permettant de surveiller et contrôler les conditions environnementales toute l'année, d'une alarme de sécurité surveillée 24 h sur 24 et d'un système de détection et d'alarme incendie également surveillé 24 h sur 24.
Le CAA a été désigné catégorie A par le ministère du Patrimoine canadien dans le cadre du programme Subventions de biens culturels mobiliers.
Pour s'assurer du respect des exigences en vigueur, l'équipe d'audit voulait voir une structure de gouvernance aux pouvoirs, aux rôles et aux responsabilités clairement établis dans la préservation et la promotion de la collection. Elle voulait également voir, aux paliers de gestion adéquats, un mécanisme de contrôle qui reçoit des renseignements sur le fonctionnement de la collection, y compris sur sa conformité aux exigences.
Risque
Il existe un risque qu'une gouvernance et une surveillance efficaces des activités visant l'acquisition, la préservation, la protection, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art dans la collection au cours du cycle de vie ne soient pas en place.
Constatation
L'audit a permis de constater que le Ministère a partiellement mis en œuvre des mécanismes de gouvernance et de contrôle pour la bonne gestion de la collection conformément aux politiques du Conseil du Trésor et aux directives ministérielles. Toutefois, on a relevé des possibilités d'amélioration liées aux trois domaines suivants :
- Instruments de politique ministériels en place pour préserver, protéger et promouvoir la collection;
- Externaliser les ententes avec les installations tierces d'entreposage; et
- Surveillance de la collection.
Instruments de politique ministériels en place pour préserver, protéger et promouvoir la collection
L'audit a permis de constater que les rôles et les responsabilités du personnel clé participant à la gestion opérationnelle de la collection sont définis en ce qui a trait à l'acquisition des œuvres d'art, leur préservation, la tenue de leurs dossiers, leur promotion, leur retrait de l'inventaire et leur aliénation. Notamment les rôles et les responsabilités afférents aux postes de directeur, de registraire et de coordonnateur au sein du CAA, ainsi que du Comité d'art jury. De plus, l'audit a permis de constater que le CAA a établi un plan de gestion des interventions d'urgence, ainsi qu'un plan de lutte antiparasitaire intégrée pour l'installation d'entreposage temporaire de la collection.
Toutefois, des lacunes ont été observées en ce qui a trait au respect des exigences applicables à la collection. On a pu constater, en demandant des renseignements auprès de la direction, que l'état de la collection n'a pas fait l'objet d'une évaluation autonome annuelle, alors qu'il s'agit d'une exigence imposée dans l'autorisation initiale du programme. Par ailleurs, et bien que l'audit ait permis de constater que les normes relatives aux musées et aux galeries, comme les lignes directrices produites par l'Association des directeurs de musées d'art et l'Association des musées canadiens, sont citées en référence dans les instruments de politique du CAA, le même audit n'a pas permis de trouver la documentation, les exigences et les lignes directrices appliquées et respectées par le CAA.
Les rôles et les responsabilités mentionnés ci-dessus sont documentés et définis dans le document « IAC Collection Management Policy and Procedures » (Politique et procédures de gestion de la collection du CAA), qui a été identifié comme une version provisoire élaborée en janvier 2022. La version précédente de la politique, qui date de 2009, a également été relevée dans l'ébauche. Selon la direction, le dernier instrument de politique approuvé concernant la collection date de 1990. De plus, un plan pluriannuel de conservation des biens des collections d'art a été élaboré pour la période allant de 2013 à 2018 pour la préservation et l'entretien des biens mobiliers tout au long de leur cycle de vie, mais l'équipe d'audit n'a pas trouvé de version mise à jour du plan en vigueur.
L'audit a également permis de constater que les rôles et les responsabilités portant sur les mesures à prendre en cas de disparition d'œuvres d'art ne sont pas clairs. À titre d'exemple, grâce à un rapport produit par le CAA au cours de l'audit, on a constaté que 132 œuvres d'art étaient considérées comme étant des « œuvres perdues ». L'équipe d'audit a été informée qu'il s'agit notamment d'œuvres dont le dernier emplacement est connu, mais qu'on n'arrive pas à trouver. De plus, l'équipe d'audit a été informée que certaines de ces œuvres d'art étaient considérées comme ayant disparu. Bien que les rôles et les responsabilités portant sur l'aliénation des œuvres d'art perdues et leur retrait de l'inventaire aient été définis dans l'ébauche des instruments de politique de la collection, le cadre stratégique établi pour retrouver sans délai les œuvres perdues ou disparues n'était pas clair. Pour que le Ministère puisse remplir son mandat relativement à la supervision du développement et de l'entretien de l'art autochtone dont il a la garde, il est essentiel de disposer d'instruments de politique à jour, assortis de rôles et de responsabilités clairs dans la satisfaction des exigences en matière de protection, de préservation et de promotion de la collection. Le non-respect des exigences risque d'éroder la confiance qui lui est accordée par les artistes autochtones et de nuire au statut d'organisme désigné accordé à la collection par le Programme des biens culturels mobiliers de Patrimoine canadien.
Ententes d'impartition avec les installations tierces d'entreposage
On a constaté durant l'audit que la collection était principalement entreposée à deux endroits. Le premier est une installation d'entreposage temporaire située dans un site de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), étant donné les grandes rénovations qui étaient en cours à l'extérieur et à l'intérieur des Terrasses de la Chaudière (TDLC). Le deuxième est une installation d'entreposage tierce à laquelle on a eu recours par manque d'espace à l'installation d'entreposage temporaire. On a noté que des installations d'entreposage hors site servaient à entreposer des œuvres conservées dans la collection depuis 2013, et la direction a noté qu'auparavant, plus de 2 100 œuvres d'art avaient été entreposées hors site. En avril 2024, l'audit a permis de constater que 3 985 œuvres d'art d'une valeur de 11 millions de dollars environ étaient entreposées à l'installation temporaire, tandis que 930 œuvres d'art d'une valeur de 2,2 millions de dollars environ l'étaient dans une installation tierce. Quant aux autres œuvres d'art conservées dans la collection, on a constaté qu'elles étaient prêtées et entreposées dans des installations qui n'étaient pas concernées par l'audit, ou qu'elles étaient perdues (discuté à la section 3.3).
On a noté que l'installation d'entreposage temporaire à SPAC avait reçu la désignation Catégorie A du ministère du Patrimoine canadien en juillet 2024 à la suite d'une évaluation technique effectuée par l'ICC. Il s'agissait d'un renouvellement de la désignation reçue par le lieu où était entreposée la collection avant son déménagement en 2022. L'examen antérieur effectué par l'ICC a porté sur l'ancien lieu d'entreposage de la collection en 2013.
L'installation d'entreposage temporaire de SPAC a bien reçu la désignation Catégorie A, mais l'audit n'a relevé aucun élément qui prouverait qu'une inspection a été effectuée sur la capacité de l'installation d'entreposage tierce à conserver et préserver adéquatement les œuvres d'art. Ceci est contraire aux exigences énoncées dans l'autorisation accordée initialement au programme, selon lesquelles toutes les œuvres d'art doivent être « entreposées dans une pièce à environnement contrôlé, dénuée de risque et agréée par l'Institut canadien de conservation (ICC) ».
L'audit a permis de constater l'absence de contrat entre l'installation d'entreposage tierce et l'État tout au long de la période visée par l'audit. En l'absence de contrat, le Ministère ne dispose d'aucun mécanisme officiel pour s'assurer que l'installation d'entreposage tierce respecte les diverses exigences qui lui sont imposées. Par ailleurs, les services d'entreposage sont payés au moyen d'une carte d'achat délivrée par le Ministère. Conformément à la Directive ministérielle sur l'utilisation des cartes d'achat, celles-ci ne doivent pas être utilisées pour les services assortis d'une exigence de sécurité ou de considérations sur la propriété intellectuelle. Étant donné que les œuvres d'art sont soumises à des droits d'auteur, on peut considérer qu'elles sont assorties de considérations sur la propriété intellectuelle. De plus, l'installation tierce utilisée pour entreposer les œuvres conservées dans la collection est tenue d'assurer la sécurité matérielle de ces œuvres. Vu tous ces facteurs, il semble que le paiement par carte d'achat des services d'entreposage des œuvres d'art soit contraire aux règles. L'équipe d'audit n'a rien reçu qui prouve qu'une exemption a été accordée au CAA à cette fin, bien qu'elle en ait fait la demande.
Le recours aux tiers sans contrat ne permet pas de s'assurer pleinement que la collection est entreposée d'une manière conforme aux exigences ni d'assurer l'optimisation des ressources pour les services reçus.
Surveillance de la collection
Au cours de l'audit, on a relevé que la surveillance de la collection devait être assurée par le directeur du CAA. On a ainsi constaté au sein du CAA l'existence de liens hiérarchiques qui facilitaient son fonctionnement au quotidien à l'appui de la préservation de la collection et de sa protection. En outre, le CAA a établi des réunions hebdomadaires et une communication structurée pour accélérer la résolution des problèmes. Elle dispose également de moyens pour suivre les indicateurs de rendement opérationnelle liés à la gestion quotidienne de la collection grâce à des tableaux de bord générés par Mimsy XG.
On a bien relevé que les voies hiérarchiques remontaient jusqu'au directeur du CAA, mais l'équipe d'audit n'a trouvé aucune affectation ou désignation claire responsabilisant un cadre supérieur devant le sous-ministre de la gestion du matériel, notamment les biens à valeur patrimoniale, alors que ceci est exigé par la Directive sur la gestion du matériel du Conseil du Trésor. De plus, bien qu'il existe une convention sur le niveau de service entre le dirigeant principal des finances, des résultats et de l'exécution de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et celui de Services aux Autochtones Canada (SAC), les rôles et les responsabilités propres à la gestion et à la surveillance de la collection n'étaient pas clairement définis dans le document.
En l'absence d'un cadre de gouvernance documenté, régulièrement examiné et assorti d'attributions claires en matière de rôles et de responsabilités en surveillance, notamment le rôle de dirigeant principal des finances, des résultats et de l'exécution de SAC et celui d'un cadre supérieur désigné au sein de RCAANC, il y a un risque accru de non-conformité aux politiques du Ministère. L'absence de surveillance nuit à la capacité de l'organisme de surveiller et de gérer efficacement la collection, et d'assurer le respect des exigences de manière à demeurer conforme à l'autorisation de programme et à maintenir son statut d'organisme désigné.
Recommandations
Recommandation no. 1 : La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les instruments de politique pour la gestion de la collection d'art autochtone sont mis à jour, approuvés et mis en œuvre avec des rôles et des responsabilités clairement définis en matière d'activités de protection, de préservation et de promotion, conformément à la Directive sur la gestion du matériel du CT et aux normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale.
Recommandation no. 2 : La secrétaire ministérielle devrait examiner le besoin continu d'impartir de l'espace d'entreposage supplémentaire dans des délais immédiats et à plus long terme et veiller à ce qu'un cadre contractuel approprié soit mis en place pour gérer les risques liés à l'entreposage par un tiers de la collection d'art autochtone.
Recommandation no. 3 : La secrétaire ministérielle devrait mettre en œuvre des processus de surveillance pour s'assurer que les niveaux appropriés de la haute direction sont au courant des questions concernant la gestion de la collection d'art autochtone, y compris le respect de ses instruments de politique approuvés.
3.2 Processus de détermination des coûts requis pour le cycle de vie des œuvres d'art au sein de la collection
Critère no. 2 : Des processus adéquats sont mis en œuvre pour appuyer la détermination des coûts nécessaires au maintien des opérations liées à l'acquisition, à la préservation, à la protection, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation d'œuvres d'art.
Contexte
Les coûts du cycle de vie comprennent les dépenses nécessaires à la préservation d'un bien ou au maintien d'une initiative depuis sa création initiale jusqu'à la fin de sa durée de vie. Un exercice d'établissement des coûts comprend l'utilisation d'un processus pour estimer les ressources (p. ex. ressources humaines, matérielles, financières, etc.) qui seront consommées tout au long du cycle de vie des biensNote de bas de page 5.
On s'attend à ce que le CAA se conforme aux instruments de politique pertinents du CT, aux politiques et procédures ministérielles et à d'autres exigences liées à la gestion du cycle de vie des œuvres d'art autochtones au sein de la collection. La Directive sur la gestion du matériel du CT stipule que les décisions relatives à la gestion du matériel sont fondées sur une évaluation des coûts du cycle de vie complet. De plus, dans le cadre de son statut de désignation de catégorie A détenu par le biais du Programme des biens culturels mobiliers du ministère du Patrimoine canadien, on s'attend à ce que le CAA maintienne une capacité suffisante pour la préservation à long terme de la collection.
En conséquence, l'audit observait si des processus adéquats étaient mis en œuvre pour appuyer la détermination des coûts nécessaires au maintien des opérations du CAA liées à l'acquisition, à la préservation, à la protection, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation d'œuvres d'art.
Risques
Il y a un risque que des processus adéquats pour estimer les coûts requis pour acquérir, préserver, protéger, promouvoir, retirer de l'inventaire et aliéner les œuvres d'art et pour éclairer les décisions de financement concernant la collection ne soient pas en place, ce qui aurait une incidence sur la capacité du Ministère à satisfaire systématiquement aux exigences qui lui ont été confiées pour la préservation de la collection.
Constatations
L'audit a permis de constater que le Ministère a effectué certains exercices d'établissement des coûts à divers moments depuis la création du CAA. Par exemple, une analyse des coûts de base a été effectuée en 1990 dans le cadre de l'établissement d'une autorisation de programme pour le CAA. À l'époque, les coûts estimés pour maintenir les opérations du CAA étaient d'environ 316 000 $ par an, avec l'appui de 10 équivalents temps plein (ETP), ce qui comprenait les coûts associés à l'acquisition, à la promotion et à l'entretien de la collection. La plus récente analyse des coûts a été effectuée au cours de l'exercice 2019-2020 et prévoyait environ 2,5 millions de dollars par an, avec l'appui d'environ 12 ETP. L'analyse des coûts a été effectuée dans le but de recevoir des fonds supplémentaires pour le CAA, car le financement reçu n'était plus suffisant pour soutenir le programme, ce qui mettait en péril le Ministère dans sa capacité de remplir son mandat visant à acquérir et à entretenir correctement la collection d'art autochtone. Le plus récent décompte des ETP en date de janvier 2024 indiquait 11 ETP, dont deux étaient vacants, et trois étaient des employés occasionnels.
De plus, dans le cadre du processus budgétaire annuel ordinaire du Ministère, le CAA prépare ses prévisions opérationnelles pour le F et E et les dépenses salariales. Le processus budgétaire annuel tient également compte de certaines activités prévues, comme les prêts prévus, le matériel requis pour la préservation et les coûts associés au programme national d'acquisition.
Bien qu'une analyse des coûts ait été effectuée au cours de l'exercice 2019-2020, la direction du CAA n'a pas pu confirmer si l'analyse des coûts avait été officiellement soumise pour approbation. De plus, l'audit a permis de constater que certaines activités requises pour soutenir les opérations conformément aux politiques et aux exigences pertinentes ont été exclues de l'analyse. Par exemple, conformément à la décision initiale du CT concernant l'autorisation de programme qu'il a prise au sujet de la collection, on s'attend à ce que l'état de la collection fasse l'objet d'une évaluation indépendante chaque année. Toutefois, les coûts prévus associés à ces évaluations n'ont pas été inclus dans l'exercice d'établissement des coûts observé. Une autre activité qui semblait avoir été exclue de l'analyse comprenait la vérification des biens matériels et le rapprochement des résultats de la vérification avec les dossiers de la collection, ce qui a été déterminé comme une exigence dans la Directive sur la gestion du matériel du CT.
De plus, les processus à l'appui des exercices d'établissement des coûts du cycle de vie n'ont pas été documentés.
Il est essentiel de comprendre les coûts associés à la gestion du cycle de vie de la collection afin d'assurer la préservation, la protection et la promotion pour les générations futures. Une bonne planification des coûts permet l'entretien et la protection appropriés des œuvres d'art autochtones au sein de la collection, en tenant compte à la fois des besoins actuels et de la préservation à long terme. Cette compréhension aide à équilibrer les ressources financières avec la valeur patrimoniale de la collection, en prévenant la négligence ou la perte due à un financement insuffisant ou à une planification insuffisante.
Recommandation
Recommandation no. 4 :
La secrétaire ministérielle devrait :
- effectuer une analyse des coûts de base pour déterminer les niveaux d'effort et les coûts connexes pour la mise en œuvre et le respect des normes acceptables actuelles concernant les exigences en matière de protection, de préservation et de promotion tout au long du cycle de vie des œuvres d'art de la collection d'art autochtone et l'utiliser à des fins de budgétisation;
- mettre en œuvre des processus pour mettre à jour périodiquement l'analyse des coûts.
3.3 Contrôles internes relatifs à la préservation, à la protection et à la promotion de la collection
Critère no. 3 : Des contrôles clés efficaces sont mis en œuvre pour soutenir l'acquisition, la préservation, la protection, la tenue de dossiers, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art tout au long de leur cycle de vie conformément aux politiques du CT et aux directives ministérielles.
Contexte
On s'attend à ce que la direction de la collection se conforme aux instruments de politique pertinents du CT, qui stipulent que le matériel est géré à l'aide d'une approche axée sur le cycle de vie. La gestion du cycle de vie est définie de façon à inclure la planification, l'acquisition, l'utilisation et l'entretien, ainsi que l'aliénation des biensNote de bas de page 6.
Afin d'atténuer les risques de perte, de dommages et de détérioration des œuvres d'art autochtones au sein de la collection, et d'assurer le respect des exigences en matière de préservation, de protection et de promotion, l'audit observait si des contrôles internes appropriés étaient en place. Plus précisément, l'audit observait si des contrôles internes étaient en place pour :
- l'acquisition d'œuvres d'art autochtones;
- les contrôles physiques et environnementaux pour la protection et la préservation;
- la promotion de la collection;
- la tenue de dossiers; et
- le retrait de l'inventaire/l'aliénation des œuvres d'art dans la collection.
L'audit observait également si les activités de contrôle étaient documentées et mises en œuvre au moyen de procédures opérationnelles normalisées approuvées. De plus, on s'attendait à ce qu'une documentation suffisante soit tenue à jour pour démontrer que les contrôles fonctionnent comme prévu.
Risque
Il existe un risque que des processus et des contrôles clés efficaces pour soutenir l'acquisition, la préservation, la protection, la tenue de dossiers, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art dans la collection ne soient pas en place, ce qui augmente le risque de perte ou d'endommagement d'œuvres.
Constatations
Acquisition
L'audit a permis de constater qu'un processus a été défini pour l'acquisition d'œuvres d'art à ajouter à la collection, qui comprend des critères précis servant de lignes directrices pour déterminer les œuvres d'art et les documents qui doivent être conservés afin d'appuyer les acquisitions.
Toutefois, l'audit n'a pas permis d'observer la présence de procédures opérationnelles normalisées qui reflètent les activités et les étapes à suivre pour acquérir de façon appropriée des œuvres d'art conformément aux politiques et aux procédures qui ont été définies.
De plus, dans le cadre de l'audit, des analyses d'échantillons ont été effectuées sur 38 œuvres d'art qui ont été acquises au moyen des méthodes d'acquisition définies au cours de la période couverte par l'audit. Bien que l'équipe d'audit ait noté qu'il n'y avait pas d'exceptions pour les œuvres d'art acquises dans le cadre du programme national d'acquisition, elle n'a pas reçu de documentation prouvant que les œuvres d'art acquises dans le cadre des acquisitions directes et des dons répondaient aux deux critères d'acquisition, ni de justification quant à la raison pour laquelle l'œuvre d'art a été sélectionnée pour faire partie de la collection.
L'absence de procédures opérationnelles normalisées pour l'acquisition d'œuvres d'art crée un risque de prise de décision incohérente, de non-conformité potentielle aux politiques organisationnelles et de documentation inadéquate pour soutenir l'acquisition d'œuvres d'art. De plus, sans documentation appropriée à l'appui des acquisitions, il y a un risque que les œuvres d'art acquises ne répondent pas aux critères d'acquisition définis et ne correspondent pas aux objectifs de la collection.
Sécurité matérielle et contrôles environnementaux liés à la protection et à la préservation de la collection
L'audit a permis de constater que les procédures opérationnelles normalisées liées aux contrôles de sécurité matérielle à l'intérieur de l'installation d'entreposage temporaire ont été documentées. De plus, l'équipe d'audit a confirmé, lors de visites sur place de l'installation d'entreposage temporaire et de l'installation d'entreposage tierce, que l'accès à la collection dans les deux installations est restreint, que des mesures de contrôle de la température et de l'humidité sont en place et que des systèmes de surveillance et de détection des mouvements 24 heures sur 24 sont en place. L'audit a également permis de constater que plusieurs des problèmes soulevés lors de l'inspection des installations effectuée en 2013 par l' Institut canadien de conservation (ICC) à l'emplacement précédent avaient été réglés avec l'installation d'entreposage temporaire.
Toutefois, au moment de l'audit, il a été noté que des caméras de sécurité fonctionnelles n'étaient pas encore en place dans l'installation d'entreposage temporaire. En outre, il a été noté que, bien que des systèmes de surveillance et de détection des mouvements soient en place à l'installation d'entreposage tierce, le CAA n'a pas accès à ces systèmes et ne reçoit pas de notifications relatives aux atteintes à la sécurité.
De plus, l'équipe d'audit a demandé et reçu des dossiers d'entretien pour la chambre forte située dans l'installation d'entreposage temporaire, mais les dossiers liés à l'entretien régulier des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) étaient incomplets. L'équipe d'audit a été informée que les dossiers d'entretien relèvent de la responsabilité du gestionnaire immobilier de SPAC. Bien que l'entretien de l'équipement de CVC ne relève pas de la responsabilité du CAA, son bon fonctionnement a une incidence sur la protection et la préservation de la collection. À titre d'exemple, en mars 2023, une fuite d'eau a été causée par une défaillance de la plomberie de CVC dans la salle d'entreposage de la collection, ce qui a détérioré trois peintures non vernies.
Sans la capacité de surveiller la collection, il y a un risque accru de vol et d'atteintes à la sécurité liées à la collection qui ne sont pas détectées par le Ministère. De plus, en ayant un contrôle limité sur l'installation et l'entretien de l'équipement de CVC utilisé pour préserver la collection, il y a un risque que d'autres œuvres d'art au sein de la collection soient endommagées en raison de défaillances de l'équipement.
Promotion d'œuvres d'art
L'audit a permis de constater que le CAA a mis en place un processus qui comprend des critères que les emprunteurs doivent respecter afin que les prêts soient approuvés. Dans le cadre des procédures d'audit, l'équipe d'audit a sélectionné au hasard neuf (9) œuvres d'art au sein de la collection qui ont été prêtées au cours de la période couverte par l'audit, afin de valider si elles avaient été prêtées de façon appropriée en fonction des procédures définies. L'équipe d'audit n'a relevé aucune anomalie dans les prêts observés.
Bien que les politiques et les procédures propres au processus en place pour le prêt d'œuvres d'art au sein de la collection aient été définies, l'équipe d'audit n'a pas observé de procédures opérationnelles normalisées en place qui reflètent les activités et les étapes à suivre pour promouvoir et prêter de façon appropriée les œuvres d'art de la collection.
Tenue de dossiers
L'audit a permis de constater que les exigences en matière de renseignements pour chaque dossier dans le système de gestion des dossiers et les responsabilités des principaux intervenants dans la tenue des dossiers de la collection ont été définies. De plus, il a été noté que des procédures opérationnelles normalisées pour la mise à jour des dossiers de la collection étaient en place.
Dans le cadre des visites sur place de l'installation d'entreposage temporaire et de l'installation d'entreposage tierce, l'équipe d'audit a effectué un contrôle de l'inventaire comprenant la validation de l'emplacement des œuvres d'art, tel qu'indiqué dans la base de données Mimsy XG. L'équipe d'audit a présélectionné 51 échantillons aléatoires dans la base de données et a inspecté physiquement les œuvres à l'étage de la chambre forte pendant la visite sur place afin de valider l'existence des œuvres d'art au sein de la collection et n'a relevé aucune anomalie. De plus, l'équipe d'audit a sélectionné au hasard 51 échantillons supplémentaires de l'étage de la chambre forte à la base de données Mimsy XG afin de valider l'exhaustivité et l'exactitude de la base de données, et aucune anomalie n'a été relevée.
Toutefois, il a été noté que, bien que le CAA effectue des inspections physiques ponctuelles des œuvres au sein de la collection, aucun document à l'appui des inspections n'a été observé. De plus, l'audit a permis de constater qu'une inspection de la collection a été effectuée pendant le déménagement à l'installation d'entreposage temporaire, mais aucun document n'a été observé pour refléter les résultats de cette inspection.
La conservation insuffisante de la documentation appropriée pour appuyer l'exécution des inspections physiques de la collection peut entraîner une réduction de la responsabilisation et de la transparence, de la conformité aux exigences de la politique et de l'intégrité opérationnelle.
Retrait d'œuvres d'art de l'inventaire
Au cours de discussions tenues avec le CAA, il a été confirmé que le CAA n'avait pas retiré d'œuvres d'art de l'inventaire de la collection. Pour qu'une œuvre d'art soit retirée de l'inventaire et aliénée, des critères précis doivent être respectés, y compris la proposition écrite qui contient la documentation appropriée et les moyens d'aliénation recommandés, ainsi que la confirmation que le directeur du CAA a reçu l'approbation de la sous-ministre. Puisqu'aucun retrait de l'inventaire et aucune aliénation d'œuvres d'art n'ont eu lieu, aucune lacune n'a été observée dans le processus de retrait de l'inventaire et d'aliénation.
Recommandation
Recommandation no. 5 : La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les contrôles de la sécurité matérielle, de l'environnement et de la tenue des dossiers sont bien conçus et fonctionnent conformément à ses instruments de politique et à ses normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale, et qu'une documentation suffisante est conservée pour démontrer que les contrôles sont correctement mis en œuvre et fonctionnent efficacement.
4. Conclusion
L'audit a permis de constater que le Ministère a mis en œuvre des composantes partielles d'un cadre de contrôle de gestion pour appuyer les activités liées à l'acquisition, à la préservation, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation des œuvres d'art autochtones au sein de la collection. Au sein du CAA, des rôles et des responsabilités ont été attribués pour exploiter la collection avec les systèmes en place afin d'appuyer la tenue de dossiers sur les œuvres d'art. De plus, la mise en place de l'installation d'entreposage temporaire a permis de répondre à certaines préoccupations antérieures liées à la préservation et à la protection qui avaient été déterminées au moyen d'inspections de l'espace d'entreposage antérieur. Le CAA a également récemment établi des plans de gestion des urgences et de lutte antiparasitaire intégrée.
Bien que certaines composantes du cadre de contrôle de gestion soient en place, l'audit a permis de constater plusieurs possibilités d'amélioration. Plus précisément, l'audit a permis de constater que les principaux instruments de politique du CAA demeuraient à l'état d'ébauche ou étaient désuets. Il y avait également un manque de clarté en ce qui concerne les rôles et les responsabilités de surveillance, tandis que des rapports limités à la haute direction sur les activités du CAA ont été observés. L'audit a également permis de constater qu'une partie de la collection est entreposée dans une installation d'entreposage tierce détenue et gérée par un fournisseur privé en raison des limites d'espace dans le lieu d'entreposage temporaire, mais qu'aucun contrat n'était en place pour gérer et superviser les services reçus et s'assurer que la collection est protégée conformément aux exigences du CAA.
L'audit a également permis de constater que le Ministère n'a pas de plan à jour pour soutenir la collection tout au long de son cycle de vie et qu'il n'y avait pas de processus en place pour déterminer et estimer les coûts globaux requis pour soutenir les opérations conformément à toutes ses exigences.
De plus, l'audit a permis de constater des occasions de renforcer ses contrôles internes pour gérer la collection, y compris la conservation appropriée des documents pour démontrer le bon fonctionnement de ses contrôles de la sécurité matérielle, de l'environnement et de la tenue des dossiers. Pour s'assurer qu'il continue de s'acquitter de son mandat d'acquérir et d'entretenir adéquatement la collection, le Ministère devrait renforcer sa gouvernance en comblant les lacunes relevées dans les instruments de politique existants et dans sa gestion des fournisseurs de services privés, ainsi que pour clarifier les rôles et les responsabilités de surveillance afin de s'assurer que les échelons appropriés de la haute direction sont tenus au courant des opérations du CAA. Le Ministère devrait également s'assurer qu'il existe des plans appropriés pour mettre en œuvre et maintenir les activités requises tout au long du cycle de vie de la collection, avec une visibilité sur les coûts de cette pratique. Enfin, le Ministère devrait s'assurer que ses contrôles en matière de sécurité matérielle, d'environnement et de tenue de documents fonctionnent comme prévu et qu'il conserve suffisamment de documents pour démontrer leur efficacité.
Considérations supplémentaires
Alors que le Ministère examine ses options en vue d'investir des ressources pour saisir les possibilités d'amélioration mentionnées tout au long du présent rapport, il devrait également examiner si la collection d'art autochtone devrait demeurer sous la responsabilité de RCAANC. Ces considérations devraient être prises en compte en consultation avec les principaux intervenants du CAA.
5. Plan d'action de la direction
Recommandation 1
La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les instruments de politique pour la gestion de la collection d'art autochtone sont mis à jour, approuvés et mis en œuvre avec des rôles et des responsabilités clairement définis en matière d'activités de protection, de préservation et de promotion, conformément à la Directive sur la gestion du matériel du Conseil du Trésor (CT) et aux normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale.
Mesure de suivi
Le Centre d'art autochtone (CAA) a mis à jour et examiné les instruments de politique pour s'assurer qu'ils sont harmonisés avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), le rapport sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) et les nouveaux cadres pour la gestion de l'approvisionnement, du matériel et de la flotte, lancés en février 2024.
Gestionnaire responsable (Titre)
Secrétaire ministérielle, avec l'appui du gestionnaire, CAA
Date prévue de la mise en œuvre
31 mars 2025
Recommendation 2
La secrétaire ministérielle devrait examiner le besoin continu d'impartir de l'espace d'entreposage supplémentaire dans des délais immédiats et à plus long terme et veiller à ce qu'un cadre contractuel approprié soit mis en place pour gérer les risques liés à l'entreposage par un tiers de la collection d'art autochtone.
Mesure de suivi
Le processus d'établissement d'un contrat pour l'entreposage au près d'un tiers est en cours et devrait être mis en œuvre d'ici la fin de l'exercice financier. Un espace d'entreposage supplémentaire continuera d'être externalisé jusqu'à ce qu'une installation alternative soit identifiée.
Le Ministère travaille actuellement avec Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) pour élaborer un plan visant à créer un nouvel espace d'ici 2027, date à laquelle le bail de l'installation d'entreposage temporaire arrivera à échéance.
Gestionnaire responsable (Titre)
Gestionnaire du CAA avec l'équipe de passation de marchés, SPAC et les services des locaux
Date prévue de la mise en œuvre
31 mars 2025 pour le contrat
Espace fin de l'exercice 2027-2028
Recommendation 3
La secrétaire ministérielle devrait mettre en œuvre des processus de surveillance pour s'assurer que les niveaux appropriés de la haute direction sont au courant des questions concernant la gestion de la collection d'art autochtone, y compris le respect de ses instruments de politique approuvés.
Mesure de suivi
Le Centre d'art autochtone poursuivra son examen des processus internes et mettra en place des améliorations à la documentation existante, notamment en documentant minutieusement toutes les procédures et processus.
Gestionnaire responsable (Titre)
Secrétaire ministérielle, avec l'appui du gestionnaire, CAA
Date prévue de la mise en œuvre
31 mars 2025
Recommendation 4
La secrétaire ministérielle devrait :
- effectuer une analyse des coûts de base pour déterminer les niveaux d'effort et les coûts connexes pour la mise en œuvre et le respect des normes acceptables actuelles concernant les exigences en matière de protection, de préservation et de promotion tout au long du cycle de vie des œuvres d'art de la collection d'art autochtone et l'utiliser à des fins de budgétisation;
- mettre en œuvre des processus pour mettre à jour périodiquement l'analyse des coûts.
Mesure de suivi
- Une analyse des coûts visant à identifier les niveaux d'effort et les coûts associés à la mise en œuvre du mandat du CAA sera réalisée afin d'informer le budget pour l'exercice financier 2025-2026.
- L'analyse périodique des coûts sera conforme aux normes de l'industrie.
Gestionnaire responsable (Titre)
Gestionnaire du CAA
Date prévue de la mise en œuvre
31 mars 2025
Recommendation 5
La secrétaire ministérielle devrait s'assurer que les contrôles de la sécurité matérielle, de l'environnement et de la tenue des dossiers sont bien conçus et fonctionnent conformément à ses instruments de politique et à ses normes acceptables pour l'entretien des biens ayant une valeur patrimoniale, et qu'une documentation suffisante est conservée pour démontrer que les contrôles sont correctement mis en œuvre et fonctionnent efficacement.
Mesure de suivi
- Les mises à jour des instruments de politique du CAA seront approuvées au cours du présent exercice financier.
- La documentation sera conservée, et des mécanismes pour consigner les traditions orales des peuples autochtones seront explorés et utilisés.
Gestionnaire responsable (Titre)
Gestionnaire du CAA
Date prévue de la mise en œuvre
31 mars 2025
Annexe A : Critères de l'audit
Afin d'assurer un niveau d'assurance approprié pour atteindre les objectifs de l'audit, les critères d'audit suivants ont été élaborés.
Critères de l'audit
- Des mécanismes de gouvernance et de surveillance efficaces sont mis en œuvre pour garantir que la gestion de la collection est conforme aux politiques du Conseil du Trésor (CT) et aux directives ministérielles.
- 1.1 Une structure de gouvernance claire et efficace comprenant des responsabilités, des rôles et une responsabilisation définis est documentée, communiquée et exécutée efficacement.
- 1.2 Un mécanisme de surveillance est conçu et mis en œuvre pour garantir que les politiques et les exigences applicables sont respectées.
- 1.3 Des renseignements et des rapports adéquats sur le rendement sont communiqués aux personnes chargées de la gouvernance de la collection pour faciliter la prise de décision.
- Des processus adéquats sont mis en œuvre pour appuyer la détermination des coûts nécessaires au maintien des opérations liées à l'acquisition, à la préservation, à la protection, à la promotion, au retrait de l'inventaire et à l'aliénation d'œuvres d'art.
- 2.1 Une approche pour déterminer les coûts estimés nécessaires pour l'acquisition, la préservation, la protection, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art est définie, en place et fonctionnelle.
- 2.2 Les coûts estimés et les prévisions sont utilisés pour éclairer l'approche décisionnelle concernant la collection.
- Des contrôles clés efficaces sont mis en œuvre pour soutenir l'acquisition, la préservation, la protection, la tenue de dossiers, la promotion, le retrait de l'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art tout au long de leur cycle de vie conformément aux politiques du CT et aux directives ministérielles.
- 3.1 Les contrôles liés à l'acquisition d'œuvres d'art sont documentés, mis en œuvre et exécutés efficacement.
- 3.2 Les contrôles de sécurité physique et environnementale pour la préservation et la protection de la collection sont documentés, mis en œuvre et exploités efficacement.
- 3.3 Les contrôles relatifs à la gestion de registres sont documentés, mis en œuvre et exécutés efficacement de manière à maintenir adéquatement les registres sur les œuvres d'art tout au long de leur cycle de vie.
- 3.4 Les contrôles sont documentés, mis en œuvre et exécutés efficacement de manière à garantir que le CAA soutient la promotion de l'art autochtone contemporain au Canada.
- 3.5 Les contrôles relatifs au retrait de l'inventaire et à l'aliénation d'œuvres d'art de la collection sont conçus, documentés, mis en œuvre et exécutés efficacement.
Annexe B : Événements clés de la collection d'art autochtone
La figure 1 ci-dessous présente une chronologie générale des événements clés qui remontent à la création de la collection.
Équivalent textuel pour Figure 1 : Chronologie des événements clés de la collection d'art autochtone
La figure 1 présente une chronologie générale des événements clés qui remontent à la création de la collection.
En 1965, le Centre d'art autochtone a été créé afin de soutenir la création, la préservation et la promotion de l'art autochtone canadien contemporain.
En 1982, une analyse indépendante de l'état de la collection d'art autochtone du Ministère a été réalisée. Le rapport démontre que les œuvres sont en bon état.
En 1990, le Conseil du Trésor a décidé de financer un programme d'acquisition d'art autochtone ainsi qu'un programme d'entretien continu pour la préservation de la collection d'art autochtone.
En 2013, une évaluation de la menaces et des risques a été réalisée sur le lieu d'entreposage de la collection d'art autochtone. Une recommandation a été formulée pour relocaliser la collection dans un nouvel espace d'entreposage.
En 2019, un besoin d'éliminer la menace de dommage à la collection a été soulevé à la suite de l'annonce par Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) des rénovations majeures du complexe LTDLC.
En 2022, début de la relocalisation de la collection d'art autochtone vers nouvelle installation d'entreposage.
Annexe C : Activités du Centre d'art autochtone
Le CAA est sous la responsabilité du Secrétariat du Ministère, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), et est chargé de diverses activités, y compris l'acquisition, la documentation, la préservation, la promotion et le retrait de l'inventaire des œuvres d'art. La figure 2 ci-dessous donne un aperçu des principales activités liées à la gestion de la collection :
Équivalent textuel pour Figure 2 : Aperçu du cycle de vie dans la collection d'art autochtone
La figure 2 donne un aperçu des principales activités liées à la gestion de la collection.
Acquisition : Les œuvres d'art de la collection d'art autochtone sont acquises par transfert de propriété (achats, cadeaux, legs et dons). Les critères d'acquisition spécifiques sont suivis du mécanisme d'acquisition (Comité d'acquisition d'œuvre d'art par concours, acquisition directe et dons.) Reportez-vous aux annexes B et C pour plus de détails.
Catalogage et documentation : Les œuvres d'art conservées dans la collection d'art autochtone sont documentées et cataloguées selon des normes de collection de musées. Diverses données sont recueillies et mises à jour pour chaque œuvre, y compris le type d'œuvre, le titre, le fabricant ou l'artiste, la communauté, l'affiliation tribale ou à un groupe et autres.
Préservation et conservation : La préservation et la conservation des œuvres d'art comprennent la surveillance et l'entretien continus, notamment l'entreposage adéquat (p. ex. le contrôle de l'humidité et de la température), la protection physique et la surveillance de l'état des œuvres d'art.
Promotion : Des œuvres d'art peuvent être prêtées aux fins de présentation à des institutions internationales, nationales et régionales d'art et de culture. Le Centre d'art autochtone fait également la promotion des œuvres d'art par l'intermédiaire d'expositions dans la Galerie d'art autochtone, située dans le hall d'entrée de l'édifice de l'administration centrale de RCAANC au 10, rue Wellington, Gatineau.
Retrait d'inventaire et alinéation : Les décisions sur le retrait d'inventaire et l'aliénation d'œuvres d'art doivent être étudiées, documentées par des spécialistes et approuvées par le sous-ministre. Les méthodes de retrait d'inventaire et d'aliénation comprennent les transferts vers d'autres collections ou institutions et la destruction. À ce jour, aucun retrait d'inventaire officiel d'œuvres d'art détenues au sein du CAA n'a eu lieu.
Annexe D : Considérations stratégiques pour l'avenir de la Collection d'art autochtone
Bien que cela ne soit pas inclus dans la portée de l'audit, l'équipe d'audit a eu des discussions tout au long de l'audit concernant l'avenir de la collection d'art autochtone (la collection). La direction nous a dit que depuis la fin des années 1970, l'opinion publique à l'égard du Centre d'art autochtone (CAA) est mitigée – entre les artistes qui estiment que la collection d'art patrimonial est confiée au Ministère et les organisations autochtones qui préféreraient que la collection soit dirigée par les Peuples autochtones. Le mandat du Centre d'art autochtone est souvent mal connu dans l'environnement public. De plus, conformément à la décision initiale relative à l'autorisation du programme en 1990, l'un des objectifs à long terme de la collection était que le Ministère confie la collection et la responsabilité de son entretien continu à une organisation autochtone appropriée. Depuis lors, la direction a reconnu qu'il y a eu des cas où des organisations ont exprimé leur intérêt à acquérir des parties de la collection, mais la direction a choisi de ne pas saisir ces opportunités car les parties prenantes autochtones ont exprimé leur désir que la collection soit conservée dans son ensemble. Au fil des années, de hauts responsables gouvernementaux ont demandé que le CAA de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) explore des possibilités de cession et de réaffectation de la collection.
Le Ministère devrait peser soigneusement les implications stratégiques et opérationnelles liées à la gestion continue de la collection d'art autochtone dans le cadre du mandat de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada. Comme l'a identifié cet audit, plusieurs facteurs ont une incidence sur la durabilité à long terme, la gestion efficace et l'alignement de la Collection avec les priorités ministérielles.
1. Évaluation de la gouvernance et de l'intendance
Une question centrale pour le Ministère est de savoir si RCAANC demeure l'entité la plus appropriée pour superviser la collection. Depuis sa création en 1965, le Centre d'art autochtone a joué un rôle central dans l'acquisition, la préservation et la promotion de l'art autochtone, créant ainsi un héritage visuel important pour les communautés autochtones et le patrimoine culturel du Canada. Cependant, l'évolution des cadres de gouvernance, l'évolution des normes de préservation culturelle et la complexité accrue de la gestion des biens patrimoniaux indiquent qu'une réévaluation devrait peut-être être envisagée. En évaluant cela, RCAANC doit équilibrer l'importance culturelle et symbolique de la collection avec les exigences pratiques liées à l'allocation des ressources, au respect de la réglementation sur les biens patrimoniaux et aux attentes des intervenants.
2. Engagement des parties prenantes et partenariats
Le Ministère peut engager un dialogue actif avec les principales parties prenantes, notamment les artistes autochtones, les communautés, les organismes culturels, d'autres ministères et organismes ayant des mandats connexes et des experts en politiques. Une consultation efficace est essentielle pour comprendre les valeurs culturelles et sociales attachées à la Collection, en garantissant que toute décision respecte les principes de co-développement, de réconciliation et de souveraineté culturelle. Cet engagement devrait viser à explorer des collaborations potentielles ou des opportunités de transfert conformément aux efforts de transfert de responsabilités actuels qui pourraient profiter à la fois à la Collection et aux objectifs plus larges de réconciliation de RCAANC. Cela peut également inclure l'évaluation de partenariats avec des organismes patrimoniaux mieux équipés pour gérer et promouvoir des collections d'art à grande échelle.
3. Considérations financières et logistiques
Les défis opérationnels décrits dans ce rapport, tels que le recours à des installations de stockage tierces sans arrangements contractuels appropriés et le manque d'analyse complète des coûts, soulignent la nécessité d'une planification financière stratégique. Le Ministère devrait analyser les implications financières à long terme du maintien de la collection. Cela devrait inclure l'évaluation des coûts associés à l'acquisition d'une installation permanente à environnement contrôlé par rapport aux économies potentielles liées au transfert de la collection à une autre entité. Une analyse coûts-avantages détaillée pourrait soutenir une prise de décision éclairée, garantissant que les ressources publiques sont utilisées efficacement tout en préservant les biens culturels.
4. Responsabilité culturelle et gestion des risques
La préservation des objets culturels implique la responsabilité inhérente d'assurer leur protection et leur promotion de manière à honorer leurs origines. Les risques identifiés lors de l'audit, tels que les lacunes en matière de sécurité physique et de contrôles environnementaux, soulignent l'urgence de répondre à ces constatations. RCAANC devrait déterminer si la structure de gouvernance et les ressources actuelles sont adéquates pour gérer ces risques ou si la réattribution des responsabilités à une autre partie, comme une institution culturelle spécialisée, pourrait être plus appropriée. De plus, le maintien de l'intégrité culturelle de la collection doit demeurer un principe directeur, en mettant l'accent sur la préservation des systèmes et des pratiques de connaissances autochtones.
5. Harmonisation avec le mandat principal de RCAANC
L'accent plus large du Ministère sur l'avancement des relations avec les peuples autochtones soulève la question sur la meilleure façon d'intégrer la gestion de la collection dans ses efforts de réconciliation. Bien que RCAANC ait été l'intendant de la Collection, les plans futurs devraient garantir que la gestion des biens culturels ne détourne pas l'attention de ses responsabilités fondamentales en matière de reconnaissance des droits et d'autodétermination. Cette considération implique d'examiner si la gestion externe pourrait mieux répondre aux priorités stratégiques de la collection et de RCAANC.
Il convient toutefois de noter que la collection d'art patrimonial a été classée bien mobilier patrimonial en raison de sa valeur historique, artistique, scientifique ou culturelle importante. Contrairement aux biens meubles ordinaires, qui se déprécient avec le temps et sont utilisés à des fins économiques, les biens patrimoniaux sont préservés pour leur importance culturelle et prennent souvent de la valeur. Ils sont protégés par diverses lois nationales et internationales, telles que la Convention de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) de 1970 et la Loi sur l'exportation et l'importation de biens culturels du Canada, garantissant leur préservation contre le vol, le commerce illégal et la destruction pour les générations futures.
Lors du transfert de biens patrimoniaux à un autre ministère, organisme ou agence, plusieurs considérations clés doivent être prises en compte pour assurer une manipulation et une préservation adéquates :
- Conformité juridique et réglementaire : garantir le respect de la politique du SCT sur les biens meubles patrimoniaux, des lois nationales et internationales, telles que la Convention de l'UNESCO de 1970, et formaliser les accords de transfert décrivant les responsabilités et les restrictions.
- Documentation et provenance : conserver des enregistrements détaillés de la provenance, de l'état et de toute restauration de l'actif, et mettre à jour les registres d'inventaire pour garantir un suivi précis.
- Préservation et conservation : procéder à des évaluations approfondies de l'état avant le transfert et garantir une manipulation et un transport appropriés pour éviter tout dommage et que leurs installations soient adaptées à la préservation des œuvres d'art.
- Capacité institutionnelle : évaluer la capacité de l'entité réceptrice à prendre soin de l'actif, y compris son expertise et ses ressources, et fournir la formation et le soutien nécessaires.
- Considérations éthiques : respecter l'importance culturelle du bien, en veillant à ce que le processus de transfert soit transparent et sensible à la culture. Informer les 900 artistes autochtones ou leurs successions de tout transfert.
Résumé
Alors que le Ministère examine actuellement ses options pour investir des ressources afin de saisir les possibilités d'amélioration mentionnées dans le présent rapport, il devrait également déterminer dans quelle mesure la Collection d'art autochtone est la mieux placée pour demeurer sous la responsabilité de RCAANC. Ces considérations doivent être faites en consultation avec les principales parties prenantes du CAA.