Comparution devant le Comité permanent des Peoples autochtones, le 10 avril 2024
Table des matières
- Vue d’ensemble
- 1. Note de scénario
- 2. Discours d’ouverture
- Projet de loi S-16
- 3. Projet de loi S-16
- 4. Analyse article par article
- Questions et réponses
- 5. Objet du projet de loi s-16
- 6. Entente de reconnaissance de Nang K̲’uula • Nang K̲’úulaas
- 7. Changements prévus pour la Nation Haïda
- 8. Différences par rapport à la législation de la Colombie-Britannique
- 9. Exemples de lois semblables
- 10. Compétence haïda (exercice des pouvoirs de base et services à l’enfance et à la famille)
- 11. Questions terrestres et marines
- 12. Soutien des citoyens haïdas
- 13. Gouvernance héréditaire de la Nation Haïda
- 14. Effet sur les autres résidents et les tiers sur Haida Gwaii
- 15. Effet sur les autres groupes autochtones
- 16. Fiscalité
- 17. Incidence de l’Entente sur les terres ancestrales Haïda entre la Nation Haïda et la Colombie-Britannique
- 18. Accord sur les terres ancestrales entre le Canada et la Nation Haïda
- Documents de fond
- 19. Vue d’ensemble
- 20. Historique
- 21. Processus d’engagement
- 22. Principaux éléments du projet de loi
- 23. Mise en œuvre et prochaines étapes
1. Note de scénario
Comité : Comité sénatorial permanent des peuples autochtones (APPA)
Date : Mercredi le 10 avril 2024 à 18 h 45
Emplacement : Salle C128, Sénat du Canada
Témoins
(18 h 45 à 19 h 45) :
- L’honorable Gary Anandasangaree, ministre des Relations Couronne-Autochtones
Fonctionnaires du ministère
(18 h 45 à 20 h 45) :
- Martin Reiher, sous-ministre adjoint principal
- Paul Dyck, gestionnaire des négociations fédérales
Ministère de la Justice
(18 h 45 à 20 h 45) :
- Bruce Hamilton, conseiller juridique
- Tanya Punjabi, conseillère juridique
Membres actuels du comité (12)
- Brian Francis (Président – GPS – Î.-P.-É.)
- David M. Arnot (Vice-président – GSI – Sask.)
- Judy A. White (GPS – T.-N.-L.)
- Yonah Martin (C – C.-B.)
- Nancy J. Hartling (GSI – NB)
- Donald Neil Plett (C – Man. – Landmark)
- Mary Coyle (GSI – Alb.)
- Paul J. Prosper (GSC – N.-É.)
- Margo Greenwood (GSI – C.B.)
- Scott Tannas (GSC – Alb.)
- Karen Sorenson (GSI – Alb.)
Ordre du jour prévu
- Le Ministre sera présent en personne.
- Le Ministre sera présent le 10 avril 2024 de 18 h 45 à 19 h 45. Le Ministre interviendra pendant la première heure. Le Ministre prononcera un discours d'ouverture de cinq minutes, puis répondra aux questions des membres du Comité, en se tournant vers les fonctionnaires pour obtenir leur soutien si nécessaire.
- La comparution du ministre devrait se terminer à 19 h 45 ou à l'appel du Président.
- Des représentants de la Nation Haïda pourraient être invités à témoigner à la suite du ministre Anandasangaree.
- L'APPA pourrait passer à l'examen article par article du projet de loi S-16 avant la fin de la réunion.
Logistique de la réunion
- Le Ministre et les fonctionnaires du ministère sont invités par la Présidente ou le greffier du Comité à s'asseoir à la table. Brian Francis (GPS – Île-du-Prince-Édouard), le président du comité, ouvrira la réunion et donnera des instructions pour le déroulement de la réunion. Le Président invitera ensuite le Ministre à prononcer un discours d'ouverture d'une durée maximale de cinq minutes, suivi d'une période de questions et de commentaires.
- Comme pour les autres comités du Sénat, il n'y a pas de limite de temps pour les questions et les commentaires à l'APPA et la rotation des orateurs est laissée à la discrétion du président.
- Le président indiquera généralement le temps dont chaque membre disposera pour les questions et les réponses juste avant le début de la période de questions. Les membres disposent généralement d'environ cinq minutes.
- Le quorum est requis pour chaque vote, résolution ou toute autre décision prises par le Comité. Le quorum est fixé à quatre membres, sans distinction d'affiliation. Les sénateurs qui ne sont pas membres du Comité peuvent y assister, mais ne sont pas pris en compte dans le calcul du quorum.
- Tout sénateur peut assister aux réunions du Comité et interroger les témoins, mais seuls les membres du Comité peuvent voter. [Règle 12-14 du Règlement du Sénat].
- Bien que les comités du Sénat soient généralement moins partisans que les comités permanents de la Chambre des communes, les sénateurs de ce comité ont tendance à poser des questions détaillées.
- La réunion se termine à l'appel du président.
Contexte
- L'introduction et la première lecture du projet de loi S-16 ont eu lieu le 8 février 2024.
- L'auteur du projet de loi est la sénatrice Margo Greenwood (GSI, Colombie-Britannique), qui a assisté à une séance d'information technique organisée par des fonctionnaires du ministère le 12 février 2024. Le porte-parole, la sénatrice Yonah Martin (C, Colombie-Britannique) a assisté à une séance d'information technique le 27 février 2024.
- Les sénateurs Brent Cotter (GSI, Saskatchewan) et René Cormier (GSI, Nouveau-Brunswick), ainsi que la sénatrice Margo Greenwood, ont assisté à une séance d'information technique organisée par des fonctionnaires du ministère le 15 février 2024.
- On s'attend à ce que les sénateurs de toutes les affiliations soutiennent généralement l'initiative proposée, car elle fait progresser la réconciliation et soutient l'autodétermination des Premières Nations.
- D'autres lois visant à reconnaître l'autonomie des peuples autochtones ont été soutenues par les parlementaires. Par exemple, le projet de loi C-51, Loi sur le traité concernant l'autonomie gouvernementale et la reconnaissance de la Nation dakota de Whitecap / Wapaha Ska Dakota Oyate, a reçu un large soutien et a reçu la sanction royale le 22 juin 2023.
- La Nation Haïda est située sur l'archipel Haida Gwaii, au large de la côte nord de la Colombie-Britannique.
- Le 13 août 2021, la Nation Haïda, la Colombie-Britannique et le Canada (les parties) ont signé le cadre non contraignant de la stratégie de réconciliation GayG̱ahlda (« Changing Tide »), qui jette les bases d'un nouveau processus de négociation en vue d'ententes de réconciliation progressives.
- Le 18 juillet 2023, le Canada a signé l'Entente de reconnaissance de Nang K̲'uula • Nang K̲'úulaas (l'Entente de reconnaissance), la première entente de réconciliation progressive conclue dans le cadre GayG̱ahlda (« Changing Tide »).
- L'Entente de reconnaissance n'a pas encore été déposée à la Chambre des communes ou au Sénat.
2. Discours d’ouverture
Discours d’ouverture de l’honorable Gary Anandasangaree, ministre des Relations Couronne-Autochtones
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones (APPA) Projet de loi S-16, Loi sur la reconnaissance de la Nation haïda
Le 10 avril 2024
772 mots/6 minutes
Le discours prononcé fait foi
Bonjour, hello, Sángaay 'láa [sing-ay-la] [« bonjour »],
Monsieur le président, avant de commencer, j'aimerais souligner que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin Anishinaabeg.
Je suis heureux d'être ici pour parler de l'accord de reconnaissance Nang K̲'uula • Nang K̲'úulaas [nang koula, nang koul as] et de la loi qui a été élaborée pour la mise en œuvre de cet accord. Il s'agit d'une étape importante du processus de réconciliation entre la Couronne et la Nation haïda – des gens qui travaillent ensemble pour redresser la situation.
L'accord de reconnaissance est le fruit d'années de collaboration intergouvernementale entre la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada, et fait partie de notre travail continu visant à nous défaire des politiques et des approches coloniales.
L'objectif est de bâtir un Canada plus fort alors que nous travaillons avec des partenaires pour rétablir les relations entre de nation à nation, mettre en œuvre le droit inhérent à l'autodétermination et soutenir les communautés autochtones lors de leur transition vers l'autonomie gouvernementale.
Le projet de loi dont nous discutons aujourd'hui est fondé sur une priorité de la Nation haïda : la reconnaissance de la gouvernance et des structures de gouvernement de cette nation. Il s'agit de la prochaine étape sur la voie de leur vision de l'autodétermination.
À la suite de la négociation de l'accord de reconnaissance, la Nation haïda a suivi un processus d'approbation qui comprenait un processus de consultation communautaire par étapes, des recommandations du Comité des terres et des titres haïda et du Conseil des chefs héréditaires, et l'approbation finale par le Conseil de la Nation haïda.
Les représentants de la Nation haïda et la Colombie-Britannique ont signé l'accord de reconnaissance en avril 2023. La Haida Nation Recognition Act de la Colombie-Britannique a été adoptée par l'assemblée législative provinciale en mai 2023, dans l'espoir qu'une loi fédérale habilitante suivrait.
En juillet 2023, le Canada s'est joint à ses partenaires pour signer l'accord, officialisant ainsi la reconnaissance du Conseil de la Nation haïda par le Canada et la Colombie-Britannique à titre d'instance gouvernante de la Nation haïda.
Monsieur le président, la prochaine étape pour le Canada est le projet de loi devant nous aujourd'hui, puisqu'une loi fédérale est nécessaire pour que l'accord entre pleinement en vigueur.
Dans le cadre du processus de collaboration, le projet de loi a été transmis à la Nation haïda et à la Colombie-Britannique en novembre dernier, et il tient compte de leurs précieux commentaires.
Si ce projet de loi est adopté par le Parlement, il renforcera que la reconnaissance juridique de la Nation haïda par le Canada et la Colombie-Britannique à titre de détenteur de droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, et que le Conseil de la Nation haïda est autorisé à exercer et à prendre des décisions concernant ces droits.
Il confirmera que le Conseil de la Nation haïda a la capacité d'agir comme entité juridique distincte, avec les capacités d'une « personne physique », comme les autres gouvernements du Canada.
Cette reconnaissance servira de fondement à de futurs accords de réconciliation concernant la gouvernance et la compétence de la Nation haïda, ainsi que la relation entre les lois, les compétences et la gestion au sein de Haida Gwaii.
Je vous demande de vous joindre à moi et d'appuyer ce projet de loi qui contribuera au renouvellement de la relation du Canada avec la Nation haïda sur la base de la reconnaissance des droits, du respect et du partenariat.
Il démontrer notre engagement à reconnaître les droits autochtones et à appuyer l'autodétermination, conformément à nos obligations au titre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
C'est grâce à des projets de loi avant-gardistes comme celui-ci que les changements historiques se produisent et que notre pays devient plus fort, à mesure que les structures coloniales sont démantelées et que le pouvoir est équitablement partagé.
Les accords sur l'autonomie gouvernementale et la gouvernance contribuent à l'évolution de notre fédéralisme, en le renforçant de manière à ce qu'il soit fondé sur l'équité et l'égalité plutôt que sur le colonialisme et le paternalisme.
L'accord de reconnaissance dont nous parlons, ainsi que la loi requise pour le mettre en œuvre, honore les efforts de la Nation haïda pour ce qui est d'affirmer leur gouvernance et de faire en sorte que la gouvernance soit reconnue par la Couronne.
Monsieur le président, je vous remercie de m'avoir donné l'occasion d'être ici aujourd'hui pour parler de cet important projet de loi, et j'encourage tous les sénateurs à le soutenir.
Háw'aa [HOW-ah (non disponible en français)]. Merci. Thank you.
3. Projet de loi S-16
4. Analyse article par article
Titre complet
Fournit le titre complet de l'acte, « Loi concernant la reconnaissance de la Nation haïda et du conseil de la Nation haïda ».
Préambule
Le préambule définit le contexte dans lequel s'inscrit la loi, soulignant:
- La Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada ont conclu un accord intitulé « GayG̱ahlda "Changing Tide" Framework for Reconciliation » en 2021 en vue de poursuivre leur objectif de mener à bien la réconciliation par la voie de la négociation;
- Les parties ont conclu le Nang K̲'uula • Nang K̲'úulaas Recognition Agreement (accord de reconnaissance) le 18 juillet 2023; et
- Une loi fédérale est nécessaire pour mettre en œuvre les sections 5 et 7 de l'accord de reconnaissance.
Clause 1 : Titre abrégé
Fournit le titre abrégé de l'acte, « Loi sur la reconnaissance de la Nation haïda ».
Clause 2 : Définitions
Fournit des définitions qui s'appliquent à l'ensemble de la loi, incluant la Nation haïda, le conseil de la Nation haïda et le Secrétariat de la Nation haïda.
Clause 3 : Reconnaissance
Prévoit que le gouvernement du Canada reconnaît que la Nation haïda est titulaire des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, et que le conseil de la Nation haïda est le gouvernement autorisé à agir pour le compte de la Nation haïda.
Clause 4 : Exercice des pouvoirs
Prévoit que, conformément à la constitution de la Nation haïda, celle-ci exerce ses pouvoirs exécutifs par l'intermédiaire du conseil de la Nation haïda.
Clause 5 : Capacité juridique
Prévoit que le conseil de la Nation haïda est une entité juridique dotée de la capacité et des droits, pouvoirs et privilèges d'une « personne physique ».
Clause 6 : Immunité et responsabilité du fait d’autrui
Prévoit qu'aucune action ni autre procédure en dommages-intérêts ne peut être intentée contre un représentant de la Nation haïda ou un agent public à l'égard des faits – actes ou omissions – accomplis dans l'exercice, même présumé, de ses attributions, sauf s'il est établi qu'il était de mauvaise foi.
Prévoit que la Nation haïda, le conseil de la Nation haïda ou une entité publique établie par le conseil ne soient pas exemptés de la responsabilité du fait d'autrui découlant d'un acte – action ou omission – accomplie par un représentant de la Nation haïda ou d'un titulaire de charge publique dans l'exercice de ses attributions.
Fournit les définitions de « titulaire de charge publique » et « représentant de la Nation haïda » qui s'appliquent dans cette clause.
Clause 7 : Décrets et règlements
Confère au gouverneur en conseil le pouvoir de prendre les décrets et les règlements nécessaires à l'application de la présente loi.
Clause 8 : Dévolution : intérêts, obligations, etc.
Fournit la confirmation qu'à l'entrée en vigueur de l'article 4 de la loi de la Colombie-Britannique intitulée Haida Nation Recognition Act, et de la dissolution du Secrétariat de la société de la Nation haïda en vertu de la loi de la Colombie-Britannique intitulée Societies Act, les intérêts, obligations, actifs, passifs, propriétés et tenures du Secrétariat de la Nation haïda sont dévolus au conseil de la Nation haïda.
Clause 9 : Maintien des accords
Fournit la confirmation que les accords conclus entre le Secrétariat de la Nation haïda et le Canada avant l'entrée en vigueur de l'article 4 de la loi de la Colombie-Britannique intitulée Haida Nation Recognition Act demeurent en vigueur, conformément à leurs modalités, comme si les accords avaient été conclus par le conseil de la Nation haïda.
Clause 10 : Maintien des ententes à caractère juridique
Confirme que la présente loi est sans effet sur les ententes à caractère juridique entre le Canada et les conseils de bande Skidegate Band Council et Old Massett Village Council ou les membres de la bande Skidegate et de la bande Old Massett Village Council.
5. Quel est le but de la Loi sur la reconnaissance de la Nation haïda proposée?
Le projet de loi a pour objet de mettre en œuvre, au moyen d'une loi, certains articles de l'accord intitulé « Nang K̲’uula • Nang K̲'úulaas Recognition Agreement » (Accord de reconnaissance) entre la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada.
L'Accord de reconnaissance engage le Canada et la Colombie-Britannique à élaborer une loi pour mettre en œuvre les articles ayant trait au statut et à la capacité juridiques du Conseil de la Nation haïda, ainsi qu'aux responsabilités et aux obligations des représentants haïdas et des titulaires de charge publique.
La Colombie-Britannique a adopté une loi provinciale, la Haida Nation Recognition Act, en mai 2023. Le projet de loi fédéral remplirait la partie de l'engagement qui relève du Canada.
6. En quoi consiste le Nang K’uula • Nang K̲’úulaas Recognition Agreement?
L'Accord de reconnaissance est le premier accord de réconciliation conclu entre la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada dans le cadre de réconciliation GayG̱ahlda • Kwah.hlahl.dáyaa intitulé « Changing Tide » (GayG̱ahlda « Changing Tide »).
Dans le cadre de GayG̱ahlda « Changing Tide », les parties ont convenu d'un processus graduel pour faire avancer leur objectif commun de parvenir à la réconciliation par la négociation.
Par l'Accord de reconnaissance, le Canada et la Colombie-Britannique ont reconnu que la Nation haïda détient des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, et qu'elle exerce des pouvoirs de gouvernance par l'intermédiaire du Conseil de la Nation haïda.
L'Accord de reconnaissance engageait également le Canada et la Colombie-Britannique à élaborer et à présenter les mesures législatives nécessaires à la mise en œuvre de certains de ses article.
7. Quelle incidence la loi aura-t-elle sur la Nation haïda?
Une fois que les lois fédérales et provinciales seront en vigueur, les gouvernements et les tierces parties disposeront de renseignements plus clairs pour collaborer avec le Conseil de la Nation haïda en tant que gouvernement de la Nation haïda. Cela aidera le Conseil de la nation haïda à exercer ses responsabilités et ses relations en tant qu'organe directeur.
Le projet de loi confirme également que le Conseil de la Nation haïda est une entité juridique, ce qui lui permet de conclure des ententes et des contrats, et d'acquérir et de détenir des biens. Il fournit également une base pour le transfert d'ententes, d'actifs et de passifs au Conseil de la Nation haïda qui sont détenus par le Secrétariat de la Nation haïda, une société enregistrée en vertu de la Societies Act de la Colombie-Britannique.
Enfin, le projet de loi confirme que les titulaires de charge publique et les représentants de la Nation haïda seront à l'abri de toute poursuite pour dommages liés à l'exercice de leurs responsabilités, pourvu qu'ils n'aient pas agi de mauvaise foi.
Le projet de loi ne modifie pas le statut des conseils de bande haïdas, qui continueront de se conformer aux accords juridiques en vigueur. Il ne modifie pas non plus le statut des membres de la bande haïda ni leur admissibilité aux programmes, services ou avantages connexes.
8. En quoi cette loi diffère-t-elle de celle de la Colombie-Britannique?
Le projet de loi a été élaboré conjointement avec la Nation haïda et la Colombie-Britannique afin de veiller à ce que les lois fédérales et provinciales soient harmonisées et de collaborer à la mise en œuvre de l'Accord de reconnaissance.
L'une des principales différences tient au fait que la loi provinciale est nécessaire pour dissoudre le Secrétariat de la Nation haïda, actuellement enregistré comme société en vertu de la Societies Act de la Colombie-Britannique, comme étape préalable au transfert des ententes, des actifs et des passifs existants du Conseil de la Nation haïda.
9. Y a-t-il des exemples de lois semblables?
Les éléments du projet de loi qui ont trait à la capacité juridique et aux pouvoirs du Conseil de la Nation haïda sont des caractéristiques communes des lois sur l'autonomie gouvernementale, y compris la récente loi portant mise en vigueur du traité concernant l'autonomie gouvernementale conclu avec la Nation dakota de Whitecap.
En raison de la nature progressive de l'Accord de reconnaissance, la portée de la loi est plus étroite que celle de la plupart des lois relatives à l'autonomie gouvernementale. D'autres textes législatifs devraient voir le jour à mesure que les parties négocieront des ententes de réconciliation.
10. Quel est le lien entre ce projet de loi et des domaines précis de compétence haïda comme la gouvernance de base ou les services à l’enfance et à la famille?
Contrairement à la plupart des ententes sur l'autonomie gouvernementale, l'Accord de reconnaissance ne traite pas de questions de compétence particulières, qui feront l'objet de négociations futures. Par conséquent, les questions de compétence ne sont pas abordées dans le projet de loi.
L'Accord de reconnaissance constituera une étape vers d'autres ententes de réconciliation concernant la gouvernance et la compétence de la Nation haïda, à commencer par la zone terrestre de Haida Gwaii. D'autres textes législatifs sont prévus pour la mise en œuvre d'accords futurs entre la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada.
11. Quel sera le lien entre ce projet de loi et les questions terrestres et maritimes?
L'Accord de reconnaissance porte uniquement sur la gouvernance haïda. Par conséquent, le projet de loi ne porte que sur les questions relatives à la gouvernance haïda, en particulier le Conseil de la Nation haïda, les représentants haïdas et les titulaires de charge publique.
L'Accord de reconnaissance et ce projet de loi sont des étapes importantes vers d'autres ententes de réconciliation concernant la gouvernance et la compétence de la Nation haïda, à commencer par la zone terrestre de Haida Gwaii.
Les questions touchant l'aire marine font partie des points qui seront abordés dans le cadre d'un programme de négociation à plus long terme.
12. Les citoyens haïdas appuieront-ils ce projet de loi? Pourraient-ils y réagir négativement?
Le projet de loi remplit un engagement pris dans l'Accord de reconnaissance entre la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada. Il a été élaboré conjointement avec des représentants de la Nation haïda et de la Colombie-Britannique et présenté avec leur appui.
Bien que des réactions négatives soient toujours possibles, le gouvernement du Canada n'a pas connaissance que de telles réactions aient été exprimées ou rapportées publiquement depuis la présentation du projet de loi.
Le gouvernement du Canada s'attend à ce que la Nation haïda réponde aux préoccupations exprimées par les citoyens haïdas de la même façon qu'elle l'a fait après la signature de l'Accord de reconnaissance.
Après la signature de l'Accord de reconnaissance, les dirigeants haïdas ont répondu aux préoccupations exprimées par certains citoyens et certaines matriarches haïdas par l'intermédiaire de leurs propres voies internes de gouvernance et de communication. Cela comprenait des communications ciblées par l'entremise du bulletin Haida Laas et des déclarations verbales et écrites fournies par le président de la Nation haïda.
Ce ne sont là que quelques-unes des façons dont les dirigeants haïdas interagissent avec les citoyens haïdas tout au long des négociations, y compris les réunions régulières de mobilisation communautaire et les séances de production de rapports, ainsi que la Chambre d'assemblée haïda.
Les représentants de la Nation haïda sont les mieux placés pour fournir des précisions sur la possibilité de recevoir une réponse négative et sur les mesures à prendre pour répondre aux préoccupations des citoyens haïdas.
13. Ce projet de loi aura-t-il une incidence sur la gouvernance héréditaire de la Nation haïda?
Le projet de loi met en œuvre des articles de l'Accord de reconnaissance qui ont trait aux pouvoirs et aux capacités juridiques du Conseil de la Nation haïda, qui est l'organisme que la Nation haïda a choisi pour exercer ses pouvoirs de gouvernance. Ainsi, l'Accord de reconnaissance et le projet de loi respectent la façon dont la Nation haïda a choisi de se gouverner et de mener ses affaires extérieures conformément à la Constitution haïda.
Le projet de loi ne traite pas de la relation entre les dirigeants élus et héréditaires ni les matriarches, qui sont des questions internes à la Nation haïda.
Les représentants haïdas sont les mieux placés pour fournir des précisions sur ces aspects de la gouvernance haïda.
14. Ce projet de loi touchera-t-il d’autres résidents et des tierces parties de Haida Gwaii?
Les gouvernements locaux et les autres tierces parties qui collaborent avec la Nation haïda bénéficieront de la clarification apportée par les lois fédérales et provinciales. Cela comprend la confirmation que les obligations et responsabilités actuelles du Secrétariat de la Nation haïda seront transférées au Conseil de la Nation haïda.
Le projet de loi ne touchera pas autrement les tierces parties ni les résidents non Haïdas qui exercent leurs activités à Haida Gwaii.
15. Ce projet de loi touchera-t-il d’autres groupes autochtones?
L'Accord de reconnaissance porte uniquement sur les questions de gouvernance internes à la Nation haïda. Par conséquent, il ne touchera pas d'autres groupes autochtones.
D'autres groupes autochtones pourraient être intéressés par l'approche progressive en matière de gouvernance et d'autodétermination que l'Accord de reconnaissance et le projet de loi appuient.
16. Y a-t-il des questions fiscales en suspens que les parties doivent régler?
En raison de la nature progressive de ces négociations, il reste du travail à faire pour tirer parti des ententes conclues par suite de l'Accord de reconnaissance et soutenir plus pleinement l'exercice de la gouvernance et de l'autodétermination des Haïdas. Cela inclut des travaux prioritaires en matière de fiscalité, qui est l'un des sujets que les parties examinent au stade actuel des négociations.
L'Accord de reconnaissance et le projet de loi ne traitent pas des conséquences fiscales potentielles pouvant découler de la dissolution et du transfert d'actifs du Secrétariat de la Nation haïda au Conseil de la Nation haïda. Cette question est toujours à l'étude par les parties.
La Nation haïda est en faveur de l'adoption sans délai du projet de loi du Canada, étant entendu que les parties s'engagent à examiner et à évaluer les conséquences fiscales potentielles, le cas échéant, qui pourraient découler de ces mesures transitoires.
L'objectif du Canada demeure d'aider la Nation haïda à exercer ses droits inhérents et ses pouvoirs de gouvernance, comme elle a choisi de le faire par l'intermédiaire du Conseil de la Nation haïda.
17. Dans quelle mesure l’accord sur les terres ancestrales des Haïdas (Haida Title Lands Agreement) conclu entre la Nation haïda et la Colombie-Britannique influera-t-il sur le projet de loi?
L'accord sur les terres ancestrales des Haïdas entre la Nation haïda et la Colombie-Britannique ne devrait pas avoir d'incidence sur le projet de loi.
Le gouvernement du Canada n'est pas partie à l'accord sur les terres ancestrales des Haïdas, et l'accord ne vise pas à toucher les intérêts fédéraux, comme les terres fédérales ou l'infrastructure à Haida Gwaii.
Le projet de loi est axé uniquement sur les questions liées à la gouvernance haïda et, en particulier, sur le respect de l'engagement du gouvernement du Canada à présenter la loi requise pour mettre en œuvre certains articles de l'Accord de reconnaissance. L'Accord de reconnaissance et le projet de loi ne traitent pas de questions liées aux terres ou aux compétences de Haida Gwaii.
18. Le Canada négociera-t-il un accord sur les terres ancestrales semblable avec la Nation haïda?
Les négociations dans le cadre de GayG̱ahlda « Changing Tide » se déroulent dans le contexte des litiges sur le titre autochtone et les droits ancestraux, qui demeurent actifs pendant le déroulement des négociations.
GayG̱ahlda « Changing Tide » comprend un processus de gestion de la relation entre les négociations et les litiges, et envisage la possibilité que les parties concluent des ententes de réconciliation qui portent sur les questions en litige.
Le gouvernement du Canada poursuit les discussions avec la Nation haïda et la Colombie-Britannique sur d'autres ententes en vue de la reconnaissance et de la mise en œuvre du titre autochtone et des droits ancestraux de la Nation haïda, et sur la façon dont les résultats des négociations pourraient être reflétés dans le litige.
19. Vue d’ensemble
Contexte
La Nation haïda est située sur l'archipel Haida Gwaii au large de la côte nord de la Colombie-Britannique, et elle compte environ 4 942 membres inscrits. La Nation haïda a un système de gouvernance officiel, tel qu'énoncé dans la Constitution de la Nation haïda (Constitution haïda), et se compose de 14 représentants élus et de deux représentants nommés par les conseils de bande de Haida Old Massett Village et de Skidegate. La Constitution haïda confère également au Conseil de la Nation haïda le pouvoir de gouverner.
Le 13 août 2021, la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada (les parties) ont signé le cadre de réconciliation non contraignant GayG̱ahlda « Changing Tide » (GayG̱ahlda « Changing Tide »), jetant les bases d'un processus renouvelé de négociation d'accords de réconciliation progressifs comme solution de rechange au litige sur les droits prévus à l'article 35 de la Nation haïda, qui a été lancé en 2002 et qui demeure actif pendant le déroulement des négociations. Dans GayG̱ahlda « Changing Tide », le Canada et la Colombie-Britannique ont établi des principes reconnaissant le titre et les droits inhérents de la Nation haïda dans l'ensemble de la zone terrestre Haida Gwaii, et les parties se sont engagées à mener un processus de négociation pour répondre aux priorités de la Nation haïda, ainsi qu'une approche pour la gestion du litige et des négociations.
Le 18 juillet 2023, le Canada a signé l'Entente de reconnaissance de Nang K’uula • Nang K̲’úulaas (l'entente de reconnaissance), la première entente de réconciliation progressive conclue dans le cadre de GayG̱ahlda « Changing Tide ». La Nation haïda et la Colombie-Britannique ont signé l'accord de reconnaissance les 4 et 24 avril 2023 respectivement. L'entente de reconnaissance est un accord juridiquement contraignant dans lequel le Canada et la Colombie-Britannique reconnaissent que la Nation haïda détient des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, que le Conseil de la Nation haïda est le gouvernement de la Nation haïda, et que le Conseil de la Nation haïda est l'entité autorisée par la Nation haïda à prendre des décisions concernant le titre et les droits haïda.
Lois
La signature de l'entente de reconnaissance a officialisé la reconnaissance par le Canada et la Colombie-Britannique de la Nation haïda en tant que collectivité ayant des droits et du Conseil de la Nation haïda en tant que gouvernement de la Nation haïda. Les lois habilitantes fédérales et provinciales sont nécessaires pour que les articles 5 et 7 de l'entente de reconnaissance aient force de loi et s'appliquent à des tierces parties.
Par conséquent, le 9 mai 2023, le gouvernement de la Colombie-Britannique a adopté le projet de loi 18, la Haida Nation Recognition Act, pour mettre en œuvre les articles 5 et 7 de l'entente de reconnaissance. Le projet de loi fédéral mettrait également en œuvre ces articles précis de l'entente de reconnaissance.
Processus de mobilisation
La Constitution haïda énonce les exigences en matière de consultation, notamment par la publication nationale officielle « Haida Laas », afin de tenir ses citoyens et sa communauté informés, et s'engage à poursuivre les objectifs de la Nation haïda par la négociation et la diplomatie, y compris en ce qui concerne les accords internationaux.
À la suite de la négociation de l'entente de reconnaissance, la Nation haïda a suivi un processus d'approbation qui comprenait un processus de consultation communautaire par étapes, des recommandations du Comité des terres et des titres haïda et du Conseil des chefs héréditaires, et l'approbation finale par le Conseil de la Nation haïda.
Éléments clés du projet de loi
Le projet de loi affirmerait ce qui suit :
- la reconnaissance par le gouvernement du Canada de la Nation haïda en tant que titulaire de droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination;
- le Conseil de la Nation haïda est le gouvernement autorisé de la Nation haïda;
- le Conseil de la Nation haïda est l'entité juridique ayant la capacité, les droits, les pouvoirs et les privilèges d'une personne physique;
- La Nation haïda, le Conseil de la Nation haïda ou d'autres entités établies par le Conseil de la Nation haïda peuvent être tenus responsables du fait d'autrui pour les pertes ou les dommages causés par les représentants ou fonctionnaires d'haïda.
De plus, le projet de loi proposé témoignerait de l'engagement du gouvernement du Canada à reconnaître les droits des peuples autochtones et à soutenir l'autodétermination, en conformité avec les obligations découlant de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en 2021.
Prochaines étapes
Le gouvernement du Canada continuera de faire progresser les prochaines priorités de négociation avec la Nation haïda et la Colombie-Britannique, en collaboration avec les ministères et organismes concernés. De futurs accords de réconciliation sont prévus pour la négociation du titre et des droits de la Nation haïda et visent à retirer des questions du litige sur les droits prévus à l'article 35 de la Nation haïda, en commençant par la zone terrestre de Haida Gwaii.
Les négociations se poursuivront sur des sujets prioritaires qui comprennent les terres visées par le titre haïda, les aires protégées, la gouvernance de base et les arrangements financiers pour la zone terrestre de Haida Gwaii. D'autres points, comme ceux liés aux aires marines de Haida Gwaii, devraient être inclus dans un programme de négociation à plus long terme.
20. Historique
La Nation haïda est située sur l'archipel Haida Gwaii au large de la côte nord de la Colombie-Britannique, et elle compte environ 4 942 membres inscrits. La Nation haïda a un système de gouvernance officiel, tel qu'énoncé dans la Constitution de la Nation haïda (Constitution haïda), et se compose de 14 représentants élus et de deux représentants nommés par les conseils de bande de Haida Old Massett Village et de Skidegate. La Constitution haïda confère également au Conseil de la Nation haïda le pouvoir de gouverner.
Le 13 août 2021, la Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada (les parties) ont signé le cadre de réconciliation GayG̱ahlda « Changing Tide » (GayG̱ahlda « Changing Tide ») qui a jeté les bases d'un processus renouvelé de négociation d'accords de réconciliation progressifs comme solution de rechange au litige sur les droits conférés par l'article 35 de la Nation haïda, qui a été lancé en 2002 et qui demeure actif pendant le déroulement des négociations. Par l'entremise de GayG̱ahlda « Changing Tide », le Canada a reconnu le titre et les droits inhérents de la Nation haïda dans l'ensemble de la zone terrestre de Haida Gwaii, et les parties se sont engagées à suivre un processus de négociation pour répondre aux priorités de la Nation haïda et une approche pour gérer la relation entre les négociations et les litiges.
Le 18 juillet 2023, les parties ont signé l'Entente de reconnaissance de Nang K’uula • Nang K̲’úulaas (l'entente de reconnaissance), la première entente de réconciliation progressive conclue dans le cadre de GayG̱ahlda « Changing Tide ». L'entente de reconnaissance est un accord juridiquement contraignant dans lequel le Canada et la Colombie-Britannique reconnaissent que la Nation haïda détient des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, que le Conseil de la Nation haïda est l'organe directeur de la Nation haïda, et que le Conseil de la Nation haïda est l'entité autorisée par la Nation haïda à prendre des décisions concernant le titre et les droits haïda.
Litige de la Nation haïda sur les droits prévus à l’article 35
C'est en 1986 que le Canada a accepté d'entamer des négociations sur les revendications de la Nation haïda concernant le titre et les droits relatifs à Haida Gwaii. En 1993, la Nation haïda est entrée dans le processus des traités de la Colombie-Britannique, représentée par le Conseil de la Nation haïda.
En 2002, la Nation haïda a intenté une action en justice contre le Canada et la Colombie-Britannique (litige de la Nation haïda sur les droits prévus à l'article 35) pour obtenir une déclaration des titres et des droits ancestraux sur l'ensemble de l'archipel Haida Gwaii, ainsi que sur les terres submergées et les zones marines, la colonne d'eau et l'espace aérien supérieur, ainsi qu'une zone de la mer qui fait partie de la zone économique exclusive du Canada. Un procès est actuellement prévu pour le début de l'année 2026.
Les tribunaux ont statué que les droits autochtones sont protégés par l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 et comprennent le titre ancestral, c'est-à-dire les droits de propriété des terres, y compris le droit de déterminer l'utilisation des terres, le droit de jouissance et d'occupation des terres, le droit de posséder les terres, le droit aux avantages économiques que procurent les terres, et le droit d'utiliser et de gérer les terres de manière proactive. La décision de 2004 de la Cour suprême du Canada dans l'affaire Nation haïda c. Colombie-Britannique (Ministre des Forêts), indique que la Nation haïda a une preuve prima facie du titre et des droits ancestraux dans la région de Haida Gwaii.
Dans ce contexte, l'entente de reconnaissance constituera une étape vers d'autres accords de réconciliation progressifs qui reconnaissent et affirment davantage la gouvernance et la compétence de la Nation haïda, avec la possibilité de réduire la portée du litige de la Nation haïda sur les droits prévus à l'article 35. L'entente comprend un engagement des parties à négocier d'autres ententes de réconciliation qui clarifieraient davantage la gouvernance et la compétence de la Nation haïda, ainsi que la relation entre le Conseil de la Nation haïda et les gouvernements, les lois, les compétences et la gestion de la Couronne dans la région de Haida Gwaii. Des éléments importants de la gouvernance et des champs de compétence de la Nation haïda seront traités pour la première fois pendant cette prochaine étape des négociations.
Entre-temps, l'entente de reconnaissance ne reconnaît aucun titre ou droit précis dans une région particulière de Haida Gwaii.
21. Mobilisation
Le 18 juillet 2023, le Canada a signé l'Entente de reconnaissance de Nang K’uula • Nang K̲’úulaas (l'entente de reconnaissance), la première entente de réconciliation progressive conclue en vertu du cadre de réconciliation de GayG̱ahlda « Changing Tide » (GayG̱ahlda « Changing Tide »). La Nation haïda et la Colombie-Britannique ont signé l'entente de reconnaissance les 4 et 24 avril 2023 respectivement. Il s'agit d'un accord juridiquement contraignant dans lequel le Canada et la Colombie-Britannique reconnaissent que la Nation haïda détient des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, que le Conseil de la Nation haïda est l'organe directeur de la Nation haïda, et que le Conseil de la Nation haïda est l'entité autorisée par la Nation haïda à prendre des décisions concernant le titre et les droits haïda.
Consultation et ratification parlementaire
Le gouvernement du Canada a collaboré avec la Nation haïda et la Colombie-Britannique au moment de la rédaction de la loi visant à donner plein effet juridique à l'entente de reconnaissance. L'entente de reconnaissance est entrée en vigueur au moment de la signature, à l'exception des articles 5 et 7, qui exigent une loi. La Colombie-Britannique a adopté le projet de loi 19 – Loi sur la reconnaissance de la nation haïda le 9 mai 2023.
En novembre 2023, le gouvernement du Canada a communiqué l'ébauche du projet de loi à la Nation haïda et à la Colombie-Britannique pour s'assurer que les deux parties étaient dûment consultées et pour solliciter leurs commentaires avant le dépôt. La Nation haïda et la Colombie-Britannique ont manifesté leur appui à l'avant-projet de loi.
Le projet de loi est nécessaire pour que les articles 5 et 7 de l'entente de reconnaissance entrent en vigueur et il devra être adopté par le Parlement. Si le projet de loi est adopté, la date de la sanction royale confirmera la date d'entrée en vigueur de ces articles de l'entente de reconnaissance.
22. Éléments clés
Le projet de loi proposée mettrait en œuvre certains articles de l'Entente de reconnaissance de Nang K̲’uula • Nang K̲’úulaas (l'entente de reconnaissance) et, en particulier, rendrait les articles 5 et 7 de l'entente de reconnaissance exécutoires pour toutes les personnes et tous les organismes.
Reconnaissance
Le projet de loi proposée affirmerait que le gouvernement du Canada reconnait que la Nation haïda est titulaire des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, et que la Nation haïda exerce ses pouvoirs exécutifs par l'intermédiaire du conseil de la Nation haïda.
Statut et capacité juridiques
Le projet de loi affirmerait aussi que le Conseil de la Nation haïda est une entité juridique ayant la capacité, les droits, les pouvoirs et les privilèges d'une personne physique.
Responsabilité et reddition de comptes
En vertu du projet de loi, le Conseil de la Nation haïda et la Nation haïda peuvent être tenus responsables du fait d'autrui pour les pertes ou les dommages causés par les représentants ou fonctionnaires d'haïda.
Accords existants, intérêts et obligations
Le projet de loi confirme qu'à l'entrée en vigueur de l'article 4 de la loi de la Colombie-Britannique intitulée Haida Nation Recognition Act, les accords existants, intérêts et obligations tenu par le Secrétariat de la Nation haïda constitué en société sous le régime de la loi de la Colombie-Britannique intitulée Societies Act demeureraient en vigueur et seraient dévolus au conseil de la Nation haïda.
Autres lois
Aucune modification à d'autres lois, y compris la Loi sur les Indiens, n'est requise par suite du projet de loi. Les arrangements juridiques existants entre le Canada et le Conseil de Haida Old Massett Village et les bandes de Skidegate se poursuivront en vertu du projet de loi.
Décrets et règlements
S'il est adopté, le projet de loi confirmerait que le gouverneur en conseil peut prendre les décrets et les règlements qu'il estime nécessaires à l'exécution de la présente loi.
23. Mise en œuvre et prochaines étapes
Mise en œuvre
La Nation haïda, la Colombie-Britannique et le Canada (les parties) se sont entendus sur une approche progressive des négociations de réconciliation. Le projet de loi est une étape importante d'un processus visant à reconnaître que la Nation haïda détient des droits inhérents à la gouvernance et à l'autodétermination, et que le Conseil de la Nation haïda est le gouvernement de la Nation haïda.
Si le projet de loi est adopté, il entre pleinement en vigueur au moment de la proclamation de la sanction royale.
Prochaines étapes
Le gouvernement du Canada continuera de faire progresser les prochaines priorités de négociation en collaboration avec les ministères et organismes concernés. Des ententes progressives sont prévues pour la négociation du titre et des droits de la Nation haïda et visent à retirer des questions du litige sur les droits prévus à l'article 35 de la Nation haïda, en commençant par la zone terrestre de Haida Gwaii.
Les négociations se poursuivront sur des sujets prioritaires qui comprennent les terres visées par le titre haïda, les aires protégées, la gouvernance de base et les arrangements financiers pour la zone terrestre de Haida Gwaii. D'autres points, comme ceux liés aux aires marines de Haida Gwaii, devraient être inclus dans un programme de négociation à plus long terme.
Les parties ont également mis sur pied un groupe de travail chargé d'examiner les questions fiscales, y compris celles qui ont trait aux sections de l'Entente de reconnaissance de Nang K̲’uula • Nang K̲’úulaas qui pourrait entraîner des conséquences fiscales à la suite de la dissolution de la société haïda actuelle en vertu de la Societies Act de la Colombie-Britannique et des transferts qui en découlent au Conseil de la Nation haïda.
Les parties ont convenu de réévaluer l'avancement de leurs négociations au début de l'année 2025.